[T] Intrigue n°1 ♣ N'a-t-on jamais sous-estimé la patience du maitre des Mers ?
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 [T] Intrigue n°1 ♣ N'a-t-on jamais sous-estimé la patience du maitre des Mers ?

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MessageSujet: [T] Intrigue n°1 ♣ N'a-t-on jamais sous-estimé la patience du maitre des Mers ?   Mer 6 Oct - 15:37


Intrigue des Mers

Un matin d'Octobre, dans la cité maitresse de Grèce. Sur la grande plaine d’Athènes, Hélios prenait lentement son pouvoir sur le monde. La lumière venait à peine de percer dans les habitations plus ou moins développées de la cité que déjà plusieurs âmes étaient éveillés, prenant un pas décidé vers la rue afin de vaquer à leurs occupations quotidiennes. Les femmes de maison sortaient pour entretenir les réserves de leurs ménages. Quelques badauds à la fortune assurée partaient à la recherche d'une nouvelle trouvaille à exposer. Le marché réunirait tout Athènes aujourd'hui. Ces temps-ci, le grand soleil faisait de moins en moins d’apparitions : simple caprice du grand dieu soleil ou bien le ciel se montrait moins clément avec les Athéniens ? Tout le monde l’ignorait mais on se murmurait que la saison froide n’était plus très loin. Les grandes toges blanches s’accompagnaient d’un fin châle de laine immaculée et les quelques soldats rentrés au bercail n’hésitaient plus à revêtir leur habits de guerre, habitués à supporter des températures bien moins agréables que celles d’un mois d’Octobre à peine débuté. Aujourd’hui, on s’attendait à des foules conséquentes : en effet, les marchés venaient de se ravitailler et l’on attendait avec impatience les prochaines récoltes maritimes qui bientôt s’étaleraient sur plusieurs coins de rue. Plusieurs marchands installaient déjà leurs étalages dans une bonne humeur qui laissait présager une ancienne routine. Si toutefois on ne pouvait pas humer les différents effluves tantôt traditionnels tantôt orientaux, il était difficile de rester de marbre face à autant de couleurs et nuances parmi les différents produits. Il ne manquait plus à l’appel que les douceurs que la mer leur offrait souvent. La vie d’Athènes suivait son cours, parmi les annonces lancées à l'adresse des futurs clients et les commérages typiques qui ne manquaient pas de se produire.

Mais environ une demi-heure plus tard, la nouvelle fit rage parmi les marchands et acheteurs qui se mêlaient en de commentaires vifs et spontanés d’où émanait l’évidente surprise qui les marquait : le Port avait été ravagé. Si l’on en croyait les dires d’un petit garçon aux pieds nus et aux cheveux graissés par l’air marin, des hérétiques insoupçonnés avaient mis à sac le port d’Athènes. Les constructions vieilles de plusieurs années étaient effondrées, les récoltes de la pêche qu’on attendait alors étaient pillées, jetées et gaspillées. Le désordre et la misère régnaient en maitre sur la côte qui semblait avoir subi une réelle tornade. Et le pire était à venir : la statue en hommage à Poséidon avait été alors basculée et détruite comme on mettait à bas la statue d’un dictateur tyrannique. Les expressions d’indignation montaient alors dans le bruit de la foule qui ne prêtait plus attention aux courses qu’ils s’étaient promis de faire. Qui avait bien pu commettre cet affront sans craindre les conséquences ? Les nouveaux citoyens qui remettaient en cause la suprématie des divinités étaient-ils enfin passés à l’acte, démontrant alors tout le mépris qu’ils éprouvaient face à ceux qui les protégeaient depuis la nuit des temps ? Les regards inquiets s’échangeaient alors que déjà certains quittaient le Quartier des Commerces pour se précipiter vers un temple à la recherche de pardon divin.

Comme au courant de la faute qui venait d’être commise, Hélios s’effaçait peu à peu, laissant la place à de gros nuages noirs qui prédisaient déjà un orage imminent si la tempête ne surgissait pas la première. Tout le monde craignait alors la suite des évènements. Continuer comme si de rien n’était ? Redoubler de piété ? Qui étaient donc les coupables ? De toute évidence, la méfiance se traçait sur tous les fronts et dès lors on pouvait s’apercevoir que cette matinée ne serait pas comme les autres… Mouvementée ? Le mot n’a jamais été aussi faible.
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MessageSujet: Re: [T] Intrigue n°1 ♣ N'a-t-on jamais sous-estimé la patience du maitre des Mers ?   Ven 8 Oct - 15:17

    En se levant, Leandre pensa immédiatement que cette journée serait une journée banale. Une pensée qui l'envahissait souvent et qui accompagnait d'autres pensées plus sombres. Que faisaient-ils sur Terre ? A faire toujours la même chose. Il chassa immédiatement ses pensées afin de s'épargner des heures de réflexion. Il prit son petit-déjeuner avec sa mère. Son père était déjà parti de la maison pour faire dieu sait quoi. Décidant de profiter du cadeau d'Hélios, l'hoplite se vêtit de l'armure des hoplites. Il n'oublia pas l'arme qui était devenue une compagne essentielle lors de ses batailles. Il accompagna sa chère mère à la Place des Temples. Il porta un panier remplit de victuailles qu'ils feraient don aux dieux. Leandre connaissait sa mère. Elle allait faire le tour des temples et ne partirait qu'une fois toutes les prières faites. Elle restait une dizaine de minutes dans chaque temple. Autant dire qu'il fallait être patient. Mais il l'était. Attendre derrière elle qu'elle termine ses prières ne gênait pas le hoplite. Il respectait la grande croyance de sa matrone, conscient que c'était grâce à elle qu'il était aujourd'hui vivant. Alors qu'il s'était fait discret dans le temple d'Héra, Zeus et bien d'autres, Leandre s'avança aux côtés de sa mère pour aller prier Athéna et Arès, les dieux qu'il vénérait. Toutes ses prières étaient dirigées vers eux. Il déposa des offrandes dans le temple et pria quelques minutes afin de prier et de remercier ces dieux. Aucune autre divinité pouvait se vanter d'avoir autant d'attention de la part de cet athénien. D'ailleurs, Leandre n'avait pas assez de prétentieux pour dire que les dieux parlaient de lui entre eux. Il n'était qu'un insignifiant petit mortel qui réclamait leur intervention dans sa vie. Si une personne le harcelait autant, il en aurait rapidement marre, lui. Mais les dieux étaient des êtres à part. On ne pouvait savoir ce qu'ils pensaient.

    Leandre quitta le temple d'Arès avec sa mère. Il se doutait qu'elle le priait avec plus de dévouement car il était le dieu de la guerre et qu'elle ne souhaitait pour rien au monde la mort de son fils. C'était une mère comme on pouvait en rêver. Une femme adorable et protectrice. Le fils de Kasen l'adorait, tout simplement. C'était sa maman à lui, il la taquinait et la rassurait. Il n'était pas certain d'être le fils qu'elle aurait rêvé d'avoir. Néanmoins, lui, n'avait pas à se plaindre de sa mère. Il la laissa repartir en direction de la maison. Leandre avait envie de marcher. Il se mêla à la foule d'athéniens et d'étrangers qui se promenait dans l'agora. Ici et là, des poètes récitaient des poèmes aux thèmes divers. Des marchands avaient installés leurs commerces et interpellaient les passants pour leur montrer leurs marchandises. Un groupe de philosophes était plongé dans une discussion pour le moins animer. Ils prenaient à témoin des athéniens. Leandre longea les commerces de près afin qu'on ne l'arrête pas. Il n'était pas un fou de la philosophie et il détestait qu'on lui demande d'écouter des thèses philosophiques qui n'en finissaient pas. Lorsque l'un fit un mouvement dans sa direction, l'hoplite fit mine de s'intéresser à une amphore qu'il prit au hasard. Il la reposa dès que l'attention du philosophe fut détournée pour se sauver.

    Bientôt, l'effervescence de la rue s'intensifia. Alors qu'il marchait, une rumeur parvint à ses oreilles. Une catastrophe. Le port. Un garçon. Effondrements. Leandre s'arrêta de marcher. Que se passait-il ? L'inquiétude se lisait sur son visage. Il posa la main sur l'épaule d'un homme qui passait près de lui.

    « Savez-vous de quoi il s'agit ? »

    Leandre n'avait même pas besoin de préciser de quoi il parlait car le sujet était sur les lèvres de toutes les personnes présentes. L'homme plongea son regard dans celui de son interlocuteur. Il lui répondit avant de repartir sans laisser le temps au soldat de le questionner. De toute manière, Leandre aurait été incapable de l'interroger.

    « Un jeune garçon prétend que le port d'Athènes a été détruit. La statue du Maitre des Mers a été détruite. Il faut se préparer au pire. »

    C'était tout bonnement impossible. Ce ne pouvait être vrai. Les dieux ne feraient jamais une chose pareille. Ce ne pouvait être que des rebelles. Peut-être était-ce un groupe d'ennemis qui avait décidé de monter les dieux contre les grecs ou de leur faire peur. Les athéniens priaient toujours autant les divinités. A moins que... Ce matin, il avait pensé pendant quelques secondes qu'il y avait peu de prieurs. Ce pouvait-il que... Non, ce n'était pas possible. Il y avait sûrement une raison valable qui explique l'état du port.

    « C'est invraisemblable. » murmura-t-il pour lui.

    Plus de port voulait dire plus de poissons. La cité allait souffrir de cet événement. Qui aurait souhaité ça ? Personne. Il fallait qu'il retrouve sa mère mais il ne se décidait pas à partir. Ici, il apprendrait plus de choses. Il devait absolument mettre en clair cette histoire. Tandis qu'il réfléchissait, le ciel s'obscurcit, comme si les dieux refusaient dorénavant la vue des athéniens. Les dieux étaient réellement en colère.
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MessageSujet: Re: [T] Intrigue n°1 ♣ N'a-t-on jamais sous-estimé la patience du maitre des Mers ?   Dim 10 Oct - 22:46

    Aucun rêve étrange, aucun cauchemar violent, juste le noir total, les ténèbres et le néant. Dorian avait bien dormi. Il n’avait pas besoin d’une magnifique chimère qui lui caressait les cheveux pour que son sommeil soit complet. Non, il avait juste besoin d’avoir au moins ses cinq heures de sommeil. Et il les avait eues. Comme à son habitude, il se redressa sur ce qui lui servait de couche – encore plus rustique que ce que possédaient les habitants peu aisés de la ville – et s’ébouriffa les cheveux après s’être frotté les yeux. Une journée parfaitement banale allait commencer, comme il en connaissait. Il se leva après un court moment, reprenant pied peu à peu à la réalité, laissant le noir s’évaporer. Lorsqu’il se pencha pour regarder à l’extérieur de la maison, il remarqua que le temps était à la pluie. Il grimaça ; il devrait encore partir sous la pluie. Heureusement pour lui, étant d’une constitution assez impressionnante, il n’aurait pas à souffrir d’un mal quelconque. La maladie ? Il ne connaissait pas, ou très peu.

    Le romain plongea ses mains dans le petit sceau en bois remplis d’eau. Un peu de ce liquide qui apportait la vie dans le creux de ses mains qu’il appliqua sur son visage. Il ferma les yeux ; si la pluie tombait, il n’aurait même pas besoin de faire un brin de toilette, la pluie s’en chargerait après. Une fois la petite toilette matinale faite, il sortit en fermant soigneusement la porte derrière lui. Aujourd’hui, aucune course à faire mais il devait partir en éclaireur pour chercher de nouveaux tissus. Se nourrir c’est bien, s’habiller peut être pas mal aussi. Même si lui ne possédait que ce qu’il portait au jour le jour. Ni Christos, ni lui, ne pouvaient se permettre de mettre ne serait qu’un seul drachme dans un habit pour l’esclave.

    Plus il marchait et plus il sentait un froid étrange parcourir son corps. Un frisson le fit légèrement sursauter. Il encercla son torse de ses bras. Pas de rêves ni de cauchemars, un ciel gris remplaçant le ciel bleu de la jolie Athènes, quelque chose clochait. Ses pas le menèrent tout droit à l’Agora, la plus belle, la plus grande place de la ville, là où le marché était en effervescence, là où les petits commerces se développaient. Le jeune homme déglutit ; la foule était tellement oppressante, particulièrement aujourd’hui. Il plissa les yeux, avançant, se frayant un chemin à travers la population athénienne. Il regarda d’abord les stands qui vendaient les plus belles étoffes, puis préféra se diriger vers quelque chose de plus abordable pour les moyens de son maitre. Tous ces tissus, toutes ses couleurs et ses textures… Une magnificence comparable à de la sorcellerie tant c’en était parfaitement sublime. Il se pencha vers un stand sur la pointe des pieds, essayant de regarder par-dessus l’épaule d’une vieille femme. En plus d’être dans une position peu stable, quelqu’un lui envoya un coup d’épaule qui le fit vaciller sur le côté. La personne ne semblait pas avoir fait attention, ce n’était pas réellement méchant, il semblait juste pressé. Pressé pourquoi ? Le marché était ouvert pratiquement tout le temps, les commerçants possédaient tellement de choses, ils ne manquaient de rien. Alors pourquoi se hâter ?

    « - Un enfant prétend que le port a été détruit ! La colère des Dieux ! Nous allons subir la colère des Dieux ! ».

    Dorian fronça les sourcils en frottant son épaule. L’homme était-il fou ? Non, certainement pas. Lorsqu’il se retourna, il entendit un hoplite parler avec un homme qui lui dit exactement la même chose. C’était impossible. La foule était surexcitée, tout le monde parlait, criait, murmurait, s’agitait, pleurait. Le jeune esclave passa sa langue sur ses lèvres. A quoi cela était-il dû ? Impossible que ce soit un phénomène naturel. Les hommes ? Qui aurait osé faire ça ? Des hérétiques ? Non… Même l’homme le moins croyant ne pourrait faire une chose pareille… Si ?

    Doucement, Dorian se tourna vers l’hoplite. Il était là pour maintenir l’ordre, pour protéger la population et les citoyens. Il était là pour les aider. S’avançant timidement vers le guerrier, Dorian déglutit et se mordit la lèvre, parlant d’une voix tellement basse et tellement rauque qu’il entendit juste les propres vibrations de ses cordes vocales :

    « - Ex… Excusez-moi… Savez-vous quelque chose… Qui aurait pu faire ça ? ».

    Dorian plaqua une main sur ses lèvres. Cela ne le concernait pas. Il ne vénérait pas ces Dieux-là. Neptune était bien loin, il n’avait que faire de Poséidon et des Dieux de l’Olympe. Mais il tremblait. Si c’était des hérétiques qui avaient fait ça… Pourquoi ne pas suspecter des étrangers de faire tomber l’Olympe, de faire tomber Athènes après cette nouvelle démocratie ? Il regrettait déjà d’avoir demandé à un soldat de répondre à ses questions. Il jeta de brefs regards autour de lui. Tout le monde se fichait de lui, tout le monde parlait du port. Heureusement. Ou malheureusement.
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MessageSujet: Re: [T] Intrigue n°1 ♣ N'a-t-on jamais sous-estimé la patience du maitre des Mers ?   Jeu 14 Oct - 20:02

    Pandora était loin de se douter de ce qu'il était actuellement en train de se tramer lorsqu'elle s'était levée. Elle avait effectué toutes les tâches ménagères qu'elle avait a faire, et c'est avec bonne humeur et joie, comme d'habitude, qu'elle se dirigeait vers le Quartier des Commerces, afin de pouvoir vendre le gibier que son père avait fraichement ramené de la chasse, au petit matin. La jeune femme pensait que cette journée serait comme toutes les autres. Qu'une fois au marché, elle essayerait de vendre ses produits. Qu'ensuite, si elle avait le temps, et qu'elle n'avait rien d'autre à faire, elle pourrait aller se balader afin de s'émerveiller des merveilles de la nature, comme d'habitude. Seulement, lorsqu'elle arriva au marché, elle put constater qu'il y avait déjà beaucoup de monde. Les athéniens étaient rassemblés, comme si ils parlaient entre eux. Au début, elle n'y prêta pas vraiment attention. Il devait encore s'agir de rumeurs sans fondement, comme bien souvent. Pandora se fichait bien de savoir ce que telle ou telle personne avait fait. Les rumeurs ne l'intéressaient pas du tout. Cependant, quelque chose était différent. Elle regarda le visage des passants. Elle pouvait y voir beaucoup d'émotion. Étonnement. Tristesse. Indignation. Peur. Colère. Que c'était-il donc passé, pour que les athéniens soient aussi.. Choqués ? Cela devait être grave. Bien plus grave, et plus important aussi, qu'une rumeur banale.

    Elle s'approcha un peu plus du groupe. Elle parvint à entendre quelques bribes de conversations, quelques mots. Port. Statue. Saccagé. Colère des Dieux. Ainsi, quelqu'un aurait saccagé le port ? Comment était-ce possible ? Qui avait bien pu commettre une telle chose ? Un hérétique sans doute. Mais pourquoi ?! Était-ce pour attirer la colère des Dieux sur Athénes ? Pandora avait du mal à y croire. Elle se rendit compte que cette journée était loin d'être une journée comme toutes les autres, bien au contraire. Elle s'annonçait riche en évènement, ce qui n'était pas forcément une bonne chose.. La jeune athénienne se doutait que les Dieux n'accepteraient pas un tel affront sans réagir. Le ciel qui commençait à s'assombrir le prouvait. Cependant, elle espérait qu'ils soient cléments. Après tous, les athéniens n'étaient pas tous fautifs. Une seule personne avait fait ça, et c'était cette seule personne qui devait être sanctionné, et pas tout le peuple athénien. La demoiselle se faufila parmi quelques personnes, ce qui ne fut pas bien difficile grâce à sa fine silhouette. Elle écoutait, tout en restant discrete, afin de savoir ce qu'il se passait réellement au port, espérant que ce ne soit pas trop grave. Après tout, peut-être avait-elle mal compris. Peut-être que tout cela n'était qu'un malentendu. Du moins, c'était ce qu'elle espérait.
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MessageSujet: Re: [T] Intrigue n°1 ♣ N'a-t-on jamais sous-estimé la patience du maitre des Mers ?   Dim 24 Oct - 10:15



Calixte était encore profondément endormie, seule, pour une fois, à vrai dire la soirée avait banale, calme, étrange pour la jeune femme habituée aux soirées bien arrosés dans les différentes tavernes de la ville, soirées de sexe, de débauches et d'alcool qui se terminaient, la plupart du temps dans un lit avec un ou plusieurs hommes rencontrés tantôt. La était le quotidien habituel de la fille ainée de Paris, vie de débauchée qui ne faisait qu'aliment les ragots du lendemain pour tout la noblesse athénienne .. et enrager sa famille qui ne supportait pas l'image que cela donnait à la prestigieuse lignée. Cette réputation qui lui collait désormais à la peau ne dérangeait pas la jeune femme, au contraire, cela lui plaisait de provoquer sa famille ainsi, de ne pas être la fille parfaite comme une femme de son rang pouvait ou plutôt devait l'être. Pourtant, la veille, Calixte n'avait pas eu envie de sortir comme à son habitude, alors que l'un de ses serviteurs lui avait demandé si il devait lui préparer un cheval, la jeune femme avait refusé, puis après avoir diner seule, s'était couchée.

Pour une fois, ce fut avant même que les premiers rayons du soleil ne s'étende dans la pièce que la jeune femme ouvrit les yeux, s'étira puis observa autour d'elle. La pièce était étrangement calme presque apaisante. La jeune femme sourit légèrement, profitant de ce silence, pas de ronflements d'un amant de la veille, pas de bruits de vaisselle ou de rires des clients d'une taverne. Rien, juste le son apaisant du silence. Calme et sérénité. Calixte se leva enfin, bien loin de se douter de ce qui se passait, à quelques pas de là. Après avoir pris un bain et avoir revêtu une robe de lin blanche, agrémentée comme souvent de nombreux bijoux dorés, ornés de saphirs, d'émeraudes et d'autres rubis, importés de pays éloignés. Enfin prête, la jeune femme décida de sortir, peut être irait-elle déjeuner quelque part, ou bien simplement aller à la bibliothèque, au port ou bien même acheter quelques tissus dans échoppes du quartier des commerces ? Qui sait ? Calixte aimait cette sensation de partir dans les rues qu'elle connaissait tant, sans jamais savoir ou elle irait précisément. Parfois se retrouver ici, d'autres fois à l'autre bout de la ville. Ainsi, la jeune femme commencer à marcher, flânant le long des échoppes et des demeures les plus extravagantes.

Enfin, ses pas la menèrent aux environs de quartier des commerces, déjà très animé malgré l'heure matinale. Nobles en quêtes de ragots se mêlaient aux vendeurs à la tires et aux commerçants, criant les mérites de leurs produit comme si c'était à celui qui criait le plus fort. Un charivari incessant de hennissements, de voix et de cris régnaient constamment dans ce quartier populaire de la capitale, tout cela agrémenté par milles effluves entremêlées, celles de chevaux, de parfums et d'épices. Le quartier des commerces était vraiment un lieu de passage populaire, ou l'ont pouvait tout savoir sur n'importe qui au fil des rumeurs. Calixte ne doutait pas que nombreuses femmes avaient déjà craché sur son nom sur cette même place ou elle arrivait patiemment, observant les différents articles exposés devant les échoppes, déjà elle avait fait l'acquisition d'un long tissu noir, doux comme du velours et d'un autre, de couleur parme clair plus léger, elle s'en servirait pour faire de longues tuniques drapées, elle avait également acheté quelques bijoux argentés ainsi qu'un vase à l'effigie de la déesse protectrice d'Athènes, qu'un serviteur irait chercher plus tard. La jeune femme sortit d'une dernière échoppe, tenant une superbe broche d'or et de saphir, puis observa autour d'elle la place ou se tenait chaque mois le grand marché, un attroupement étrangement composé de nobles, de soldats, de pauvres commerçant se trouvait là, et parlait à haute voix, de là ou elle se tenait, Calixte n'entendait que quelques mots prononcés plus fort que d'autres : « Port », « Détruit », « Poséidon » .. Que se passe-t-il songea Calxite, en s'approchant. Il était rare, voire impossible que des nobles, des gens du peuple, des commerçants, des étrangers parlent ainsi ensemble, il fallait vraiment que ce soit un sujet grave.

«Que se passe-t-il ? demanda-t-elle à une jeune femme.
- Il parait que le port à été saccagé .. et ne statue de Poséidon à été détruite !
- Comment ?! C'est impossible ! Qui a pu faire ça ?
- Personne ne le sait, répondit un vieil homme. Mais ça ne peut être qu'un fou, un hérétique qui veut attirer la colère du Dieu des mers ! Jamais le grand Poséidon ne pardonnera cet affront !

La jeune femme garda le silence. Qui donc pouvait être assez fou pour commettre un tel acte ? Déjà, des gens fonçaient vers le temple, prier pour tenter d'échapper à la colère des Dieux, alors que d'autres venaient oir ce qui se passait, pourquoi un tel attroupement,avant de pousser des cris d'horreur et se surprise en apprenant la nouvelle. Calixte leva les yeux vers le ciel sombre, mauvais présage ? Peut-être bien, la jeune femme resta là, écoutant les différents athéniens clamer leur peurs et leurs suppositions.


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MessageSujet: Re: [T] Intrigue n°1 ♣ N'a-t-on jamais sous-estimé la patience du maitre des Mers ?   Mer 27 Oct - 13:50

    Les phrases qu'il pouvait entendre s'entrechoquaient dans son esprit. Ici, on accusait des non-croyants d'avoir causé la perte des Athéniens. Là, on parlait plutôt de la colère des dieux. Les hypothèses se bousculaient et personne ne semblait connaître la vérité. Tout ce qu'on savait, c'était la destruction du port d'Athènes. Bien avant que les dieux ne s'en mêlent, il y aurait des conséquences pour la Cité. L'économie en souffrirait. Plus aucun produit de la mer pourra venir jusqu'à eux. Sans parler de toutes les familles détruites par la perte d'un être cher. Leandre n'osait imaginer le spectacle qu'offrait le port détruit. Ce ne devait pas être beau à voir. Ici, au milieu du quartier du commerce, il y avait surtout de l'indignation et de l'inquiétude. Qui ? Voilà le mot qui était dans toutes les bouches. Qui avait bien pu faire cela ? Qui aurait été assez fou pour provoquer la colère des dieux ? A moins que cet événement soit le fruit des dieux eux-mêmes. Il y avait trop d'incertitudes pour pouvoir juger, trop de questions pour que l'on sache vraiment ce qu'il se passait. Pour avoir certaines réponses, il aurait fallu se trouver au port. Le port... Circée... Par tous les dieux ! Circée s'était rendue le matin même au port ! Leandre effectua une rapide prière demandant à Arès de la protéger. Elle était sa meilleure amie. Si jamais il lui arrivait quelque chose, il ne se le pardonnerait pas. D'ailleurs, il ne pardonnerait pas à Circée non plus. Elle qui le disputait dès qu'il revenait blessé. Si elle n'avait ne serait-ce qu'une seule égratignure, il ne la louperait pas. Il n'eut pas le temps d'inventer les reproches qu'il lui ferait car un jeune homme l'interrompait. Leandre secoua la tête de droite à gauche. Personne ne savait qui avait fait cela. Tout le monde pensait qu'il s'agissait d'un fou ou d'un hérétique qui aurait provoqué la colère des dieux mais cela semblait si irréel.

    « Je n'en sais rien mais qui que se soit, il ne peut être revenu à la Cité. »

    En effet, il n'aurait pas encore eu le temps de venir à Athènes. A moins que... Non, il fallait être positif. Certes, si la rumeur avait eu le temps d'arriver jusqu'ici, les délinquants avaient eu le temps de revenir. Mais personne ne semblait dire qu'il y avait eu des dégâts à Athènes. Ce qui était bon signe. Aucun malheur ne toucherait la Cité. Le regard bleu de Leandre se promena sur la foule, à la recherche d'une connaissance. Il était bien connu que dans pareille situation, une connaissance était toujours rassurante. Parmi les visages qu'il apercevait, il n'en reconnaissait aucun. Il était donc seul face à des nouvelles lugubres. Certaines personnes s'éloignaient, s'extirpant de la foule tant bien que mal, pour se réfugier chez eux, comme si la colère divine ne pouvait les atteindre là-bas. Leandre avait plutôt envie de rester ici pour en apprendre davantage. Se réfugier chez soi était signe de lâcheté et était un acte inutile. Tout le monde savait que la colère des dieux, quand elle frappait, touchait tout le monde sans exception que les personnes soient chez eux ou pas. Si les divinités voulaient faire payer cette provocation, ils trouveraient tous les athéniens, tous les étrangers qui vivaient dans la Cité. Seuls, peut-être, les plus pieux seraient épargnés et bien sûr, les prêtresses.

    Leandre aurait peut-être dû demander le calme dans la rue en usant de son autorité mais il n'en trouvait pas le courage. Il avait besoin de connaître des détails, de mettre au clair la situation. Cependant, il ne voyait personne capable de le faire. Il était lui-même perdu. Il ne comprenait pas comment on pouvait détruire la statue du dieu de la mer, celui qui les nourrissait et leur fournissait des poissons frais, qui subvenaient aux besoins de dizaines de familles. Voyant l'expression du jeune homme, Leandre se sentit obligé de le rassurer. C'était son travail, après tout. Il lui adressa un faible sourire et eut des paroles qui se voulaient réconfortantes.

    « Ne vous en faites, les dieux nous protégeront. »

    Leandre voulait sincèrement y croire. Ces divinités avaient toujours été là pour veiller sur eux. Grâce à eux, la Cité avait pu prospérer et accueillir des étrangers. Elle avait accueilli de nouvelles familles, vu des générations se succéder et elle avait hébergé une grande armée grecque. Sans la protection des dieux, les athéniens n'auraient pas acquis tout cela. Les dieux ne les lâcheraient pas. Ils sauraient faire la différence entre les fautifs et les victimes. Ils ne puniraient que les méchants de l'histoire. Malgré ces pensées positives, Leandre commençait à ressentir de l'appréhension. Le ciel s'assombrissant n'aidait en rien à chasser son anxiété.
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MessageSujet: Re: [T] Intrigue n°1 ♣ N'a-t-on jamais sous-estimé la patience du maitre des Mers ?   Sam 30 Oct - 23:49

    Dorian était obligé de lever les yeux pour regarder l’hoplite. Bien plus grand et imposant que lui, il se sentit tout petit. Petit face à un guerrier. Petit face à une foule en détresse. Il ne pouvait rien faire et surtout il ne pouvait rien y faire. Même si cela ne concernait en aucun cas ses Dieux, des Dieux allaient se mettre en colère face à un tel acte de vandalisme. Un jugement de leur part ainsi qu’une punition devraient être donnés. Et sûrement que la population se soulèverait. Il faisait parti de la population, cette population athénienne malgré ce qu’il avait longtemps pensé. Même s’il restait romain dans son cœur et pour les athéniens, il n’en restait pas moins qu’il avait adopté cette ville et ce pays étranger. Il en parlait parfaitement la langue, il en savait les coutumes et les Dieux vénérés, il voyait les mêmes visages chaque matin dans le quartier des commerces ou ailleurs. Il était devenu une part d’Athènes. Ce qui s’était passé sur le port l’affectait autant que les autres citoyens d’Athènes.

    Regardant l’hoplite comme l’ultime espoir d’en savoir plus, son visage se décomposait peu à peu ; et s’il y avait des personnes sur le port qui avaient été blessées ? Et s’il connaissait ces personnes ? Genovea et Calaïs ? Sûrement que les personnes qui s’en allaient partaient retrouver leurs proches. Il n’avait personne à retrouver. A part ceux qui pouvaient prétendre au titre d’amis. Étrangement, il n’avait jamais eu d’amis et c’est ici, dans se beau petit pays, aussi puissant économiquement que politiquement, qu’il avait trouvé des personnes sur qui compter. Certes, Athènes ne l’avait pas accueilli à bras ouverts ; à peine arrivé, il fut embarqué comme esclave, ne sachant pas sur qui il aurait pu tomber. Une chance d’être tombé sur un maitre, fainéant mais quelqu’un de beaucoup mieux que ce qu’il avait supporté jusque-là. Oh, oui. Il aurait pu tomber sur quelqu’un de pire. Son regard tomba sur le sol en pensant à Christos : aucune chance qu’il ne soit blessé car soit il dormait soit il était chez des amis. Était-ce réellement des amis ? Il ne risquait pas de lui poser la question, la vie était déjà assez dure pour se prendre une gifle de plus.

    Soudain, ses yeux bleus se posèrent sur le grand guerrier. Pourquoi avait-il espéré que l’homme lui dise ce qu’il s’était passé ? Il devait être aussi inquiet, aussi stupéfait et aussi ignorant à ce sujet que le romain. Dorian lui imposait quelque chose qu’il n’avait pas demandé. Avant d’être un hoplite qui devait protéger la cité, il était un homme. Un homme avec des sentiments, qui craignait pour la vie de ses proches dont il ne savait certainement rien. Le sourire inquiet de ce soldat le fit soupirer. Bien sur que les Dieux les protègeront. Mais pour combien de temps encore ? N’en avaient-ils pas assez de supporter les idioties des mortels ? Les premiers à souffrir de cet affront seraient certainement les plus innocents. Et les étrangers ? Ceux qui n’avaient rien demandé et qui ne vénéraient pas ces Dieux-là ? Sur ses temps perlaient quelques gouttes de sueur. Il faisait chaud, plutôt humide. Un temps digne des Dieux pour faire craquer les pauvres victimes. Dorian soupira une nouvelle fois. L’hoplite n’avait donc pas remarqué qu’il n’était pas athénien. Tant mieux ; on ne soupçonnerait pas les étrangers, on ne le soupçonnerait pas. Il déglutit difficilement et rendit son sourire forcé à l’homme :

    « - Oui… Les Dieux devraient nous protéger… Je l’espère… ».

    Regardant autour de lui, Dorian chercha quelqu’un qui en saurait plus. Peut-être aurait-il mieux fait de se rendre au port pour une fois, ne serait-ce que pour aider les personnes en difficultés, ne serait-ce que pour savoir ce qu’il se cache derrière cet acte dont on ne savait qui l’avait fait.

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MessageSujet: Re: [T] Intrigue n°1 ♣ N'a-t-on jamais sous-estimé la patience du maitre des Mers ?   Ven 5 Nov - 17:25

    La foule, je n'ai jamais aimé cela. Déjà, car c'est dense. Oui, généralement, c'est dense une foule. Des ramassis de corps couverts de sueur les uns contre les autres, essayant d'avancer chacun dans une direction différente. Personne n'était d'accord, dans une foule. Surtout quand je me retrouvais en son milieu. C'était viscéral, je me trouvais toujours au milieu d'une foule, en train de chercher repères et le reste. Juste une marée de visages. J'aurais vraiment cru, aujourd'hui, que cette journée serait comme les autres. Répétitive, je serais dans l'obligation de dessiner une carte de la ville pour mon cher Maître qui ne voulait pas dépenser de l'argent pour en acheter une. Il fallait que je dessine tout, proportionnellement et ceterae. Je n'aimais pas dessiner. Athènes une belle ville, mais il y avait trop de gens pour moi. J'aurais préféré rester cloîtré dans un vieil endroit qu'ici. Les Grecs n'étaient pas dénués de surprise. La ville était belle, j'aurais presque dit tout en marbre. Elle m'impressionnait, en fait. Sauf qu'elle venait de s'attirer tous les malheurs du monde, à l'instant même. Il y avait eu un concours de circonstances. Des statues, il y en a plein. J'en ai brisé plusieurs, d'ailleurs. Je ne suis pas très habile de mes mains. Je n'ai jamais souffert de la colère des dieux. Enfin, je crois. Enfin, si. Non. Si. Bon, si. On ne pouvait être plus malchanceux que moi, je devais souffrir de ce que les orientaux appelaient le karma. Je ne comprenais pas cela, mais j'étais presque sûr que j'en souffrais. Pourquoi est-ce que tout le monde s'acharnait sur moi, sinon ? J'avais très mauvais karma. Et les dieux en tenaient rigueur. Tiens, je vous ai pas dis ? Je déteste la foule. Aujourd'hui était un jour presque comme les autres, presque. J'étais dans une grande rue, où tout Athènes semblaient avoir tenu à se retrouver. On me bousculait, je n'étais qu'un ramassis d'ordures, après tout. Mes cicatrices et mes mains calleuses en témoignaient. Ah oui, et je n'avais pas de toge, n'étant pas citoyen. Ainsi me drapais-je de ce que je pouvais, et personne ne pouvait ignorer que j'étais une sous-race humain. Les regards suspicieux allaient bon train, et heureusement que j'étais accompagné de mon cher Maître. Lui arborait une toge prétexte, qui lui allait très mal, mais à laquelle je ne ferais jamais de commentaires. Enfin.

    « Le port, va au port. » Vraiment, j'y serais allé de bon cœur, au port. Mais j'avais peur. Une peur abominable qui me rongeait les entrailles. Je ne sais pas pourquoi, je ne le dirais à personne, mais je sentais que cette journée n'allait, finalement, pas être comme tant d'autres. « Je veux du poisson. » J'avais soupiré. « Quel poisson ? » - « Du poisson. » Et il m'avait laissé dans la rue dont je vous parlait. Je me dirigeais d'un pas vif vers la plus forte odeur de mer que je pouvais sentir quand un enfant de quelques années mon benjamin dit à qui voulait l'entendre que le port avait été malmené. Pire, comme un conteur qui voulait rajouter du piment à son récit, il rajouta que la statue du dieu des Mers, ce cher Poséidon, avait été ravagée. Alors là, il n'y avait pire hérésie, et comme en écho à ce vandalisme, le ciel se couvrit de nuage. L'ambiance était électrique, comme si nous avions fait offense à Zeus lui-même. Le dieu des céans ne s'était pas encore manifesté par foudres ou autre, mais il faisait suffisamment lourd pour savoir que cela ne saurait tarder. Je regardais autour de moi, tandis que l'effervescence était telle qu'un mal de tête venait toquer à ma porte. Les remarques partaient en tout sens. « Qui pourrait bien faire ça ? » Aussitôt, plusieurs réponses fusaient. « Des hérétiques, des païens. Ou pire, des romains ! » Je balbutiais un truc, mais ne fis rien d'autre. « Les Dieux nous protégeront ! » - « Ils se vengeront, plutôt ! » Le débat allait tout va et j'essayais de m'écarter de cette foule trop dense. « - Oui… Les Dieux devraient nous protéger… Je l’espère… » entendis-je ici. « Ils nous abandonnent, plutôt ! » entendis-je là. Personne n'était d'accord sauf sur un point : ça n'allait pas plaire aux divinités. « Il faut implorer leur pardon.. et pour se faire, on raconte qu'il faut sacrifier quelqu'un.» ai-je lâché du bout des lèvres, en prenant un air indifférent. Je disais plus cela à moi qu'aux autres, mais je ne doutais pas que mes plus proches voisins ai entendu. Ne disait-on pas que les dieux ne pardonnaient qu'ainsi ? Les dieux étaient les pires Êtres du monde, volage, cupides, arrogants et totalement rancuniers. Pourtant, l'admiration qu'ils suscitaient partout leur faisait pardonner tous leurs défauts. Mais je ne crois pas avoir ouï une quelconque exemple de quelqu'un qui a survécu à leur colère. « Le débat est ouvert, qui va devoir payer pour ce crime ? » ai-je continué de dire pour moi-même, en essayant d'avancer dans la mer humaine.
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MessageSujet: Re: [T] Intrigue n°1 ♣ N'a-t-on jamais sous-estimé la patience du maitre des Mers ?   Sam 13 Nov - 10:21



Au sein d’Athènes, la sérénité des citoyens qui quittaient leur seule demeure en quête de nouvelles saveurs et de quoi ravitailler leur propre famille n’était plus. La nouvelle au port était sur toutes les bouches. Car oui, à Athènes, tout se sait et très vite. Les rumeurs et suppositions se succédaient. Qui avait bien pu commettre cet affront ? Qu’allaient-ils devenir sans les produits de la mer et la protection de leur Maitre vénéré ? Poséidon n’avait jamais été aussi célèbre. Les marchants, qui n’avaient plus l’espoir de faire grande recette en ce jour spécial, préféraient encore s’informer sur l’avancée des choses plutôt que d’essayer de vendre quoique ce soit. Le marché était bien la dernière des occupations à présent. Les quelques étrangers tendaient l’oreille à la recherche d’un mot qu’ils distingueraient plus que les autres et qui les aideraient à comprendre. Mais la seule chose qui était compréhensible de tous les êtres humains sur terre était l’expression d’inquiétude qui s’était ancrée sur chacun des visages, laissant peu d’espoir à la suite des évènements. Le souci d’un hoplite prêt à protéger la cité qu’il avait toujours défendu. La mère de famille qui paniquait pour ses enfants restés dans leur lit sommaire au fond de l’agora. L’esclave qui espérait alors à une prochaine liberté. Chacun était réuni par les mêmes préoccupations. Le passé avait déjà bien démontré que l’avenir n’était jamais sûr. Lorsque le destin décidait de frapper, il faisait alors en sorte de rester gravé dans les mémoires pour les quelques siècles à venir. Pensait-il cette fois encore à provoquer une catastrophe ? Ou bien le Dieu des Mers épargnerait ses pantins pour le bien de l’humanité ? Tout le monde l’ignorait.

Le ciel lui avait décidé de montrer toute la noirceur qu’il était possible d’accomplir. La journée éclairée était bien loin et Hélios avait boudé depuis longtemps les rues pavées de Grèce. D’énormes cumulus et autres nuages se rejoignaient, venus de nulle part, formant alors une grosse masse sombre et peu rassurante. Le vent également avait décidé de s’y mêler et bien qu’il ne restât à l’état d’une unique brise, elle semblait alors devenir vicieuse et méprisante, se faufilant alors à travers les toges peu couvrantes et les cheveux détachés des femmes athéniennes. Une brise glaciale que l’on sentait uniquement lorsqu’elle daignait faire frémir votre échine. Pour les plus attentifs, on semblait percevoir un grondement sourd et lointain, témoin d’une colère divine que personne ne pouvait expliquer. Zeus n’aurait-il pas décidé de se mêler à tout ça ? Car aucune manifestation de sa part n’aurait été souhaitée. Parmi les badauds du marché, plus aucune trace des représentants religieux. Les prêtres et prêtresses s’étaient refugiés dans leur havre de paix, certainement agenouillés devant quelques offrandes fortuites qu’ils avaient dénichées. Certaines personnes les avaient suivis mais les principaux signaux de vies montaient encore d’entre les étalages. Le reste des rues paraissaient désertes et on les pensait presque prisonniers de cet endroit qui représentait le principal réseau de leurs activités, de leur raison d’exister. Soudain un grondement qu’on pourrait soupçonner du tonnerre se fit entendre, provoquant alors le silence complet sur l’assemblée. La brutalité de ce son et la vitesse avec laquelle il était survenu ne laissait aucun doute. Ce n’était pas de l’orage. Et alors que tous les regards s’étaient levés au ciel, dans l’espoir d’y lire un indice, un autre évènement étrange se produisit. Une vase pourtant bien placé sur un étalage, un grand vase majestueux qui valait certainement une fortune, s’écrasa alors au sol, éparpillant les restes tranchants de ce qui fut un objet cher aux Athéniens. Qui avait bien pu pousser ce vase sinon le bousculer ? Les accusations pouvaient venir de nulle part. Mais les quelques hurlements presque imperceptibles venant au loin du port laissaient entendre que rien n’allait plus non plus de ce côté-là. Enfin, la réponse se manifesta. Une secousse du sol. Nette et offensive. La terre avait décidé de reprendre ses droits, bafouée par des hérétiques fous à lier. Les Dieux auraient-ils décidé de provoquer le chaos pour démontrer leur fureur divine ? Rien n’était moins sûr à présent. La secousse unique pourtant fut bientôt suivie de plusieurs autres, plus petites mais assez conséquentes pour faire échouer de nouveaux produits des étalages du marché. Ce n’était que le début et ça, tout le monde pouvait le comprendre. A leur plus grand malheur.



Rappel: Pas d'ordre de passage, vous postez comme bon vous semble.

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MessageSujet: Re: [T] Intrigue n°1 ♣ N'a-t-on jamais sous-estimé la patience du maitre des Mers ?   Dim 21 Nov - 19:11

    Peu à peu, le temps se couvrait. Dorian leva les yeux ; pour une fois, il n’avait pas besoin de plisser les yeux pour regarder le ciel qui était désormais un amas grisâtre. Sol avait disparu. Le jeune esclave frissonna, autant de peur que de froid. Que se passait-il à la fin ? Les mortels, tous les mortels, allaient-ils payer l’affront de quelques uns ? Les murmures à travers le marché ouvert grandirent, grossirent, jusqu’à ce qu’il soit presque impossible d’entendre et de comprendre ne serait-ce qu’un seul mot. Malgré cela, il avait réussit à dénicher quelques phrase ; « il faut sacrifier quelqu’un. ». Le romain déglutit en regardant tout autour de lui. Il cherchait du regard les imbéciles qui osaient dire de pareilles choses. Comment pouvait-on décider de la vie ou de la mort de quelqu’un ? Si jamais il devait y avoir sacrifice, ce serait aux Dieux de choisir, et non à leurs serviteurs. Ce serait d’autant plus outrageant de se faire le porte-parole d’une voix qui ne vous a pas choisie. Il humidifia ses lèvres en passant sa langue rosâtre dessus. Il n’aurait pas dû venir ce matin. Il n’aurait pas dû se lever. Il n’aurait pas dû venir à Athènes. Des choses bien plus terribles qu’à Rome allaient se passer. Il regrettait sa philanthropie, son désir d’éponger sa dette envers les siens, son envie de liberté, d’aventure et de curiosité.

    S’inclinant légèrement auprès de l’hoplite, il baissa la tête en pinçant les lèvres. Il était temps pour lui de regagner la maison de son maitre ; il n’était en aucun cas en sécurité ici :

    « - Je vous remercie pour vos informations. Il ne nous reste plus qu’à prier. ».


    Ses lèvres semblaient bouger toutes seules. Son cerveau ne dirigeait plus rien ; sauf son irrésistible envie de partir loin de ce quartier. Il lui suffisait de tourner les talons et de partir à vive allure. De toute façon, personne ne prêterait attention au petit esclave romain qui se faufilait à travers la foule qui continuait son brouhaha à propos du port. Non, personne ne s’apercevrait du lâche qui préférait se mettre à l’abri. A croire que rien ne se passait jamais comme prévu ; la main de l’esclave se posa sur l’épaule du guerrier pour se rattraper, comme par réflexe. La terre hurlait, tremblait, crachait sa colère. Ses jambes, déjà peu stables sur le sol, semblaient encore plus vacillantes que d’habitude. Manquant de trébucher à plusieurs reprises, il se tenait fermement à l’hoplite. La terre ne voulait pas se stabiliser, ses pieds non plus. Après une grande bouffée d’air frais, l’esclave lâcha le guerrier pour venir tomber à genoux, se tenant fermement au sol. Ses yeux bleus jaugèrent les gens, la scène qui se produisait sous ses yeux ; était-ce seulement réel ? On lui avait parlé de ces montagnes qui crachaient du feu, des eaux qui se soulevaient et semblaient aussi hautes que des plaines, la terre qui tremblait comme lorsque l’on agite un jouet. Mais il n’avait jamais vu ça. Ses yeux s’écarquillèrent en voyant le sol se craqueler en milliers de morceaux. Ce n’était pas possible. Le souffle coupé, il regarda les étalages se fondre dans le sol. Les somptueux vases se brisaient contre le sol, lui qui avait toujours rêvé de posséder de telles poteries, tout un art, tout un artisanat brisé pour retourner à la terre comme de la poussière.

    Dorian renifla. Il n’était pas l’heure de paniquer. Même si son calme et sa sérénité faisait de lui un être capable de faire face à toutes les situations, celle-ci lui échappait. Il ne se battait pas contre un homme. Il ne se battait pas pour récupérer sa liberté ou pour obtenir réparation ; il devrait se battre contre la Terre elle-même. Gaïa. Et elle n’était pas contente du tout.

    Le ciel crachait des éclairs. La pluie ne devait plus tarder désormais. Le jeune romain se releva et tenta bien que mal à rester sur ses deux pieds. Ses cheveux mi-longs se collaient contre ses tempes dégoulinant de sueur. Non, il n’était pas l’heure de céder à la panique :

    « - Il faut évacuer le marché. Il faut évacuer la ville. Il faut faire quelque chose… Que les Dieux soient indulgents avec leurs pauvres esclaves… Je vous en prie… Que quelqu’un nous vienne en aide. ».
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MessageSujet: Re: [T] Intrigue n°1 ♣ N'a-t-on jamais sous-estimé la patience du maitre des Mers ?   Mer 24 Nov - 16:04

Polymnia, comme à son habitude, s'était rendue dans le quartier des commerces en compagnie de sa servante. La matinée était froide, et elle avait revêtu par-dessus son peplos de laine brodé un manteau plus épais ; un pan rabattu sur sa tête était maintenu dans sa chevelure par une épingle ouvragée. Elle comptait faire quelques achats courants, peut-être rendre visite au bijoutier qui lui fournissait ses plus belles parures, et surtout en profiter pour aller vérifier l'avancement des travaux de la maison de son père qu'elle avait entrepris de faire restaurer. Le ciel ne cessait de s'obscurcir à mesure qu'elles progressaient dans les rues. Une agitation inhabituelle régnait, et certains passants se hâtaient plus que d'ordinaire. Le tumulte augmenta lorsqu'elles parvinrent, non sans mal, à la grande place du marché. Le vent qui s'amplifiait la fit frémir autant que le spectacle qui s'offrait à ses yeux.

-Rentrons, maîtresse, s'écria son esclave qui semblait épouvantée. Il se passe ici des choses étranges, il vaudrait mieux nous mettre à l'abri !

-Je ne te savais pas si peureuse, ma pauvre Ariadnê !, rétorqua Polymnia. Rentre si tu veux, je reste ! Je n'ai pas besoin de toi, après tout. Je veux savoir ce qui se passe !

Autour d'elles, les murmures de la foule évoquaient de terribles événements survenus au port. Les entrepôts pillés, et surtout la statue de Poséidon jetée bas, un odieux sacrilège... La servante, épouvantée, ne demanda pas son reste et abandonna sa maîtresse malgré les conséquences possibles. Soudain, la terre se mit à trembler, tandis qu'un grondement sourd se faisait entendre. Polymnia éprouvait un sentiment partagé : sa piété la poussait à penser que les dieux étaient en colère ; et d'un autre côté, un ami versé dans les sciences lui avait un jour expliqué que les déchaînements des éléments n'étaient que des phénomènes naturels, que cela n'avait à voir avec les dieux. Elle n'eut pas le temps de pousser plus loin ses réflexions. Une secousse plus violente que la précédente précipita l'hétaïre à terre. Elle ressentit une violente douleur quand sa hanche vint heurter le sol dallé, mais elle se retint de crier : elle n'avait que trop appris à se maîtriser en toute circonstance. Mais lorsqu'elle leva les yeux, elle réalisa qu'elle se trouvait allongée au sol, dans une posture humiliante, aux pieds d'un hoplite et d'un esclave - un Romain, à en juger par son apparence et à son accent dans les paroles qu'il était en train de prononcer. C'était là une blessure bien plus grande que celle qui l'empêchait de se relever : une atteinte à son orgueil, elle qui s'était juré de ne jamais plus s'abaisser devant un homme, quel qu'il soit. Pourtant, ne pouvant se relever seule, elle devrait bien se résoudre à leur demande de l'aide.

- Je vous en prie, finit-elle par dire. Je crains de ne m'être blessée en tombant, et mon esclave a pris la fuite. Je n'arriverai pas à me redresser sans votre aide.
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MessageSujet: Re: [T] Intrigue n°1 ♣ N'a-t-on jamais sous-estimé la patience du maitre des Mers ?   Ven 26 Nov - 19:07

    Sa mère lui avait raconté beaucoup d'histoires concernant les catastrophes naturelles. Des histoires que l'on racontait aux enfants pour les effrayer, pour affirmer leur croyance. Leandre y avait cru longtemps. Une petite part en lui y croyait toujours. Après tout, si on ne priait pas les dieux, ils seraient en colère. C'était d'ailleurs ce qui était entrain de se produire. Le sol venait de se mettre à trembler, déstabilisant le jeune hoplite. Fort heureusement, il arriva à retrouver un minimum d'équilibre, assez en tout cas pour que le jeune homme à côté s'appuie sur lui. Il ne saurait dire ce qu'il ressentit à ce-moment précis. De l'inquiétude, de la peur ? Peut-être les deux à la fois. En tout cas, il ne pouvait plus jouer le courageux hoplite. La scène bougeait devant lui au rythme du tremblement de terre. Des craquements se faisaient entendre dans tous les coins du marché. Ici et là, des amphores jonchaient le sol. Plus personne ne pourrait espérer les acheter. Les étalages de fruits et de légumes étaient vides, leurs contenus s'éparpillant par terre. Ce qui choqua le plus Leandre fut les cris et les pleurs des femmes et des enfants. Régulièrement, son regard croisait une personne qui était tombé durant le tremblement de terre ou bien des mères qui appelaient désespérément leurs enfants. Quant aux enfants, ils étaient roulés en boule à même le sol, figés par la frayeur. Perdu était le mot. Les gens étaient tous perdus, sans exception. Aucun ne pouvait dire qu'il savait parfaitement ce qu'il se passait, que tout irait bien dans quelques heures, quelques jours. Dans chaque regard, la peur était lisible.

    Ce qu'il se passait dépassait sa responsabilité. Personne avait le pouvoir de se dresser contre la colère des dieux. Tout ce qu'il fallait faire, c'était attendre. Cependant, l'étranger debout devant lui, avait une toute autre idée. Certes, ils ne pouvaient rien faire mais tenter de s'abriter et de protéger le plus de personnes n'étaient pas interdit. Leandre hocha la tête d'un air entendu. Mais comment évacuer une ville aussi effrayée ? Il suivait des yeux des athéniens qui tentaient de fuir dans un sens et dans l'autre. Dans la bousculade, ils ne faisaient qu'aggraver les choses mais ils ne semblaient s'en apercevoir. Le jeune soldat ne réalisa pas tout de suite qu'une femme était tombée à quelques centimètres de lui. Il avait été bien trop préoccupé par la situation. Il alla lui porter immédiatement secoure tout en réfléchissant à la meilleure façon d'évacuer la ville. Déjà, regrouper tous les athéniens et les étrangers. Il faudrait ensuite les diriger en dehors de la Cité, dans un endroit où rien ne pourrait les blesser mais où ? Un pré, une route ?

    « Croyez-vous pouvoir marcher ? »

    L'athénienne était maintenant debout. Leandre n'osait la lâcher de peur qu'elle ne retombe. De ce qu'elle avait dit, elle était blessée. Il ne la laisserait pas partir en étant blessée. Il la confierait peut-être à ce jeune romain le temps d'organiser l'évacuation d'Athènes. Son regard croisa celui de l'athénienne et crut, un instant, la reconnaître. Au vu de ses riches habits et à la prestance qu'elle dégageait, elle était probablement une habitante d'une Quartier Sud. Ce qui expliquait que son visage lui soit familier. Ils avaient dû se croiser de nombreuses fois sans jamais s'arrêter pour discuter ensemble. Alors que la situation ne s'y prêtait guère, Leandre vint à regretter qu'il ne lui ait jamais adressé la parole. Tout comme il regrettait de ne pas avoir profité de la vie comme il se l'était promis, de ne pas avoir parlé avec toutes les personnes qu'il avait rencontré dans sa vie. C'était durant des évènements pareils, des moments où on avait peur pour sa vie, où on se demandait si la fin était proche, que l'on se remémorait tout ce que nous avions oublié de faire, tout ce que l'on risquait de perdre. Mourir à vingt-quatre ans était horrible pour le soldat. Il n'avait vécu que pour se battre et défendre sa Cité. Il n'était pas sûr d'avoir déjà connu l'amour, à part celui venant de ses parents. Il n'avait pas encore profité de sa vie d'adulte. Oui, il n'avait encore rien accompli dans sa vie. Il n'avait rien vu de la vie, d'ailleurs.

    Son regard balaya l'agora comme si il cherchait quelque chose. Une nouvelle secousse tenta de déstabiliser les habitants de la Cité. Leandre tint bon, ne lâchant pas une seconde la jeune femme. Mais quand ceci cesserait-il ? Les dieux n'avaient-ils déjà pas fait assez de dégâts comme cela ? Ne pensaient-ils pas que les humains avaient assez soufferts ? Si on les avait crée pour les faire souffrir et mourir, il n'y avait aucune logique. Un craquement sur sa droite lui fit tourner la tête. Une colonne qui soutenait un bâtiment venait de se fissurer et menaçait de tomber à tout moment. Il réalisa soudainement que les tremblements de terre touchaient également les bâtiments. Tout menaçait de s'effondrer. Ils ne pouvaient décemment pas rester ici.
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MessageSujet: Re: [T] Intrigue n°1 ♣ N'a-t-on jamais sous-estimé la patience du maitre des Mers ?   Dim 28 Nov - 19:03

Polymnia luttait à la fois contre la douleur et contre la frayeur qui l'envahissait. Elle savait se montrer courageuse dans les circonstances difficiles, mais la colère des dieux comptait parmi les choses qu'elle craignait le plus. Sôterios l'avait élevée dans la crainte et le respect des dieux, pourtant en cet instant d'épouvante aucune prière ne lui venait en tête.

Elle dut retenir un cri lorsque l'hoplite l'aida à se relever. La douleur se faisait lancinante dans sa jambe et elle aurait été bien incapable de se relever seule, encore moins de marcher. Soutenue par ce bras puissant, elle se sentit toutefois quelque peu rassurée. L'homme était attentionné, avec un parler courtois qui révélait une bonne éducation. A en juger par son uniforme, il ne s'agissait pas d'un simple soldat, mais d'un officier.

- Merci, officier, dit-elle en lui adressant un sourire reconnaissant. Les dieux te bénissent de me venir en aide, et fassent que je puisse un jour te témoigner ma gratitude. Je ne crois pas que je serais capable de marcher seule, hélas...

Elle prit le temps de l'observer, et se fit la réflexion que son visage ne lui était pas inconnu. Pourtant, elle ne pouvait lui donner un nom, ni se souvenir où elle avait déjà pu le croiser. Par son métier et sa position, elle connaissait de vue tant de monde... Cependant, elle n'aurait sûrement pas oublié, en d'autres circonstances, un jeune officier au physique si agréable. Une nouvelle secousse, violente, faillit la déséquilibrer et elle s'agrippa à l'hoplite. Autour d'eux, le cauchemar prenait une tournure dramatique, et l'on entendait partout des craquements qui indiquaient que certains bâtiments risquaient de céder.

-Je ne voudrais pas être une charge pour toi, tu dois assurer la sécurité... Il faut maîtriser la foule, la panique risque de faire plus de victimes encore. Mais d'un autre côté, je dois t'avouer que ta présence me rassure. La sagesse voudrait que je te demande de simplement m'aider à m'asseoir, sur la place dégagée il y a moins de risque que dans les rues... Et cependant, je suis si effrayée qu'une part de moi te supplie de ne pas me laisser ici...

Pour la première fois depuis longtemps, Polymnia s'était laissée aller à avouer une faiblesse. Elle qui mettait d'habitude un point d'honneur à ne jamais rien laisser paraître de ses craintes ou de certaines émotions, s'ouvrait ainsi devant un hoplite et un esclave. Peut-être était-ce là une leçon des dieux ? A trop se protéger, ne finit-on pas par se fermer aux autres ? L'officier lui inspirait une confiance tranquille, comme elle en avait rarement éprouvée. Et l'esclave, bien que silencieux à présent, lui semblait bienveillant ; elle ne lisait aucune animosité dans son regard. En baissant les yeux, elle réalisa que dans sa chute elle avait fait tomber l'amulette de la déesse Cybèle qu'elle portait cachée sous ses vêtements. Elle avait entendu parmi les rumeurs qu'on soupçonnait les adeptes d'un culte secret et comprit que ce pouvait être un danger si ses interlocuteurs découvraient cet objet. Tout en demandant en silence à la déesse de lui pardonner son geste, elle mit le pied sur l'amulette et la fit glisser aussi discrètement que possible vers des débris ce céramique qui jonchaient le sol autour d'eux.

-Je sais que l'heure n'est pas aux mondanités, poursuivit-elle tout en dissimulant l'image de la déesse. Mais je tiens à me présenter : Polymnia Kallirrhoé, fille de Sôterios et ancienne concubine de Xanthos Kyprianos, hétaïre de mon état. Si je ne devais pas survivre, vous pourrez tous deux informer ma famille que vous avez tenté de me secourir...
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MessageSujet: Re: [T] Intrigue n°1 ♣ N'a-t-on jamais sous-estimé la patience du maitre des Mers ?   Sam 11 Déc - 14:51

    Les paroles de l'Athénienne firent revenir le regard azuré de l'hoplite sur la jeune femme. Il avait cru reconnaître une connaissance dans la foule mais n'en était pas certain. Il espérait qu'il ne s'agissait pas de cette personne-la. Il ne pourrait tout simplement pas agir pour la sécurité des habitants de la Cité si il fréquentait les personnes en danger. Il serait déconcentré et prendrait bien plus à cœur la sécurité de ses proches. Bien qu'hoplite, il n'en était pas moins humain. Ses amis et sa famille comptaient pour lui. Il irait vérifier tout à l'heure. Pour le moment, il devait s'assurer que l'Athénienne qu'il tenait entre ses mains quitterait les rues et saurait s'abriter quelque part. Celle-ci était d'ailleurs entrain de dire qu'elle serait incapable de faire deux pas. Il ne savait vraiment pas quoi faire avec elle. Il aurait aimé rester à ses côtés pour s'assurer qu'elle était en bonne santé mais il ne le pouvait pas. En tant que soldat, ses responsabilités lui dictaient de protéger les grecs et tous ceux qui habitaient dans la Cité. De plus, Leandre n'était pas totalement seul. Il pouvait confier la vie de cette femme à l'étranger qui l'avait abordé. Il était toujours à leurs côtés, silencieux. Était-ce cependant une bonne idée ? L'esclave était probablement effrayé, comme tout le monde ici. Rien ne lui disait qu'il n'abandonnerait pas l'Athénienne à son sort pour sauver sa propre peau. Croisant le regard de l'esclave en question, Leandre sut qu'il ne ferait rien contre la femme. Il pouvait avoir confiance en lui. Pendant qu'il tergiversait, la blessée se présenta comme étant Polymnia, fille de Sôterios et ancienne concubine d'un certain Xanthos. Ce qui expliquait tout. Il l'avait sûrement croisé dans leur quartier sans jamais s'adresser la parole. Leandre hocha la tête et répondit.

    « Si tant est qu'on y survive, nous ne manquerons pas de le faire savoir à votre famille. »

    Légèrement défaitiste ? Non, du tout. Il l'était encore plus que cela. La peur nouait son estomac mais il ne montrait rien. Il n'avait pas le droit. Étant capitaine, il avait appris depuis longtemps à ne jamais laisser paraître toute trace de pessimisme. Quand le moral des troupes ne tenait qu'à un fil, qu'à l'espoir de gagner une bataille, il fallait à tout prix montrer que tout allait bien. Aujourd'hui, il ne pensait pas qu'un tel événement puisse garder des humains en vie. La colère des dieux n'épargnait personne. Alors penser qu'ils pourraient s'en sortir était tout bonnement impossible. Néanmoins, ils avaient tout de même la possibilité de se battre contre la fatalité. Et c'est ce qu'ils allaient faire. Leandre ne se laisserait jamais mourir. Si il devait perdre la vie, se serait après s'être battu contre la Mort elle-même.

    « Soyez certaine que je veillerai à votre sécurité aussi longtemps que je le pourrai. » Il se tourna vers l'esclave qui était toujours aussi silencieux depuis le début de la conversation. « Jeune étranger, pouvez-vous vous charger de Dame Polymnia et vous assurer qu'elle sortira de la Cité en vie ? »

    Il s'était volontairement adressé au jeune homme comme à une personne normale, parlant à l'homme qu'il était plutôt qu'à l'esclave. Leandre trouvait détestable les personnes qui osaient acheter leurs semblables afin de leur confier toutes les corvées. C'était pour cette raison qu'il n'avait pas d'esclave chez lui. La seule aide qu'il accepterait serait celle d'un employé qu'il payerait assez pour vivre convenablement. Il lui était donc primordial de parler normalement à cet étranger et de lui demander son avis. Mais surtout, dans une situation comme celle-là, tout le monde était au même niveau. Une fois mort, il n'y aurait plus de question de statut ou de richesse. On était tous traité de la même manière. En ce-moment précis, le jeune hoplite avait l'impression que la mort était proche. Déjà, il entendait des cris de personnes prises sous les décombres de bâtiments écroulés. La mort était proche. Il fallait agir et vite afin de sauver le plus d'habitants possible.

    Maintenant qu'il avait trouvé une solution pour Polymnia, il serait libre de ses mouvements. L'esclave et l'hétaïre n'auront qu'à le suivre si ils se sentaient plus en sécurité en sa compagnie mais il craignait de ne pouvoir rien faire contre les dieux. Seules les Prêtresses pourraient espérer protéger les plus croyants. Leandre n'avait que la force de ses bras et ses réflexes pour sauver une vie. Autrement dit, pas grand chose quand le danger venait du Ciel. Au loin, son regard se posa de nouveau sur celle qu'il avait pensé reconnaître. Une jeune femme rencontrée une seule fois dans sa vie et qui, pourtant, l'avait marqué. Pandora, fille de Fabian, lui avait-elle appris. Il avait espéré qu'elle soit là d'ici, par exemple dans cette prairie abandonnée. Là-bas, elle n'aurait pas été en danger. Mais elle était à une vingtaine de mètres. Il en était certain maintenant. Lâchant un juron, Leandre décida d'aller la chercher. Elle ne pouvait pas rester en plein milieu de la foule, elle finirait piétinée par un quelqu'un ou pire, écrasée par une colonne de marbre.

    « Tenez-vous éloignés des bâtisses, je reviens immédiatement. Restez ici. »

    Il s'assura que le jeune homme tenait bien Polymnia puis s'éloigna en courant, fendant la foule pour rejoindre Pandora. Une fois arrivé à sa hauteur, il l'attrapa par le bras. Ce fut avec difficulté qu'il se retint de la sermonner. Il n'était pas son père et ils ne s'étaient parlés qu'une seule fois pour se le permettre. C'est juste qu'il avait peur qu'il lui arrive quelque chose. Si cela arrivait, il ne se le pardonnerait pas. Il fit pivoter la jeune femme pour qu'il puisse croiser son regard toujours aussi bleu que dans ses souvenirs.

    « Que faites-vous ici ? Vous ne devriez pas être là. »

    Il fallait comprendre : vous ne devriez pas être là, vous auriez déjà dû fuir depuis longtemps. Il jeta un coup d'œil en arrière afin de vérifier que ses deux nouveaux camarades étaient toujours en vie puis se concentra sur Pandora. Elle devait quitter ces lieux. Pour se faire, il allait également devoir faire fuir les grecs et les étrangers. Il ne fallait pas qu'elle croit qu'il se donnait tout ce mal pour elle. Après tout, ils ne se connaissaient pas vraiment, comme il aimait le répéter.
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MessageSujet: Re: [T] Intrigue n°1 ♣ N'a-t-on jamais sous-estimé la patience du maitre des Mers ?   Ven 17 Déc - 18:28

    Les Dieux avaient donc décidé de punir tous les athéniens ? Ils avaient décidé de sanctionner tout le monde, y comprit les innocents ? Comment pouvaient-ils faire une chose pareille ?! Seules quelques personnes étaient responsables de ce qui avait eu lieu au port et pourtant, c’était le peuple athénien au complet qui prenait pour les quelques irresponsables qui s’en étaient pris au port d’Athènes. Pandora ne trouvait pas ça normal. Des tas de personnes allaient être blessées, pire encore, beaucoup de personnes pourraient mourir. Certes, il était normal que les Dieux réagissent après qu’un tel affront ne soit commis à leur égard, mais ce n’était pas une raison pour s’en prendre aux athéniens dans leur intégralité. La jeune femme se reprit, certes, une telle attitude venant des Dieux était révoltante et surtout décevante, mais elle ne devait pas perdre de temps en réfléchissant inutilement. Elle devait se concentrer sur ce qu’il se passait afin de pouvoir aider ceux qui en avaient besoin, puisque les secousses continuaient a avoir lieux.

    Pandora regarda alors autour d’elle, ne sachant pas réellement quoi faire. Elle se sentait impuissante face à ce terrible spectacle. Les athéniens commençaient à paniquer, ce qui était compréhensible, étant donné la situation. C’était catastrophique, ils se bousculaient afin de partir le plus rapidement possible alors que d’autres personnes étaient blessées et se retrouvaient dans l’incapacité de se déplacer pour l’instant. Par où commencer ?! Soudain, elle sentit que quelqu’un l’attrapa par le bras afin de la faire pivoter. Elle allait de protester avant de voir que cette personne n’était autre que Leandre, cet homme qu’elle n’avait rencontré qu’une fois mais qu’elle appréciait déjà. Ainsi, il était là lui aussi ! L’athénienne constata avec soulagement qu’il avait l’air d’aller bien, du moins, physiquement, il n’était pas blessé et c’était l’essentiel. Ca la rassurait beaucoup.

    - Que faites-vous ici ? Vous ne devriez pas être là.


    Elle aurait du fuir peut-être ?! Partir alors que des personnes blessées avaient besoin d’aide ? Certainement pas. Elle n’allait pas s’enfuir en laissant ces personnes abandonnées à elles mêmes. Bien que Leandre les aidera sans doute. Cependant, il ne pouvait pas faire tout seul, il allait sûrement avoir besoin d’aide afin de gérer les athéniens.

    – Je suis restée pour aider ceux qui en ont besoin.


    Leandre n’avait pas vraiment l’air d’approuver ce choix, du moins, c’est ce que croyais Pandora. Pourquoi devrait-elle partir elle et pas lui ?! Bon d’accord, il était hoplite et avait peut-être plus l’habitude qu’elle de gérer des situations aussi .. Catastrophiques que celle ci. Mais ce n’était pas une raison, elle était tout à fait capable d’offrir son aide elle aussi. De toute façon, qu’il le veuille ou non, la jeune femme resterait afin d’aider qui elle le pouvait.

    – Je ne vais tout de même pas partir et rester sans rien faire. Et puis, de toute façon, vous ne pouvez pas évacuer toutes ces personnes seul, je me trompe ?
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MessageSujet: Re: [T] Intrigue n°1 ♣ N'a-t-on jamais sous-estimé la patience du maitre des Mers ?   Sam 18 Déc - 11:46


Rien n’était plus sûr, pas même entre les remparts de la grande Athènes. Sans le savoir, les cityoens innocents et ignorants payaient pour les fautes d’un groupuscule d’insatisfaits. Alors qu’Hélios s’était levé au petit matin, aurait-on pu seulement soupçonner qu’il disparaitrait aussitôt pour laisser place à un ciel sombre et sinistre. Oracles et devins avaient-ils seulement prévu ce qui était en train de se passer ? Toutes leurs connaissances et affirmations divines semblaient s’effondrer en l’espace d’une poignée d’heures. Rien ne pouvait prédire la colère des Olympiens tous puissants. Rien ne pouvait empêcher le fléau qui s’abattait brutalement sur l’Agora, venu des tréfonds de la Terre. Simple répercussion d’un drame plus important qui se jouait le long des côtes grecques, elle parvenait pourtant jusqu’ici à commettre des dégâts irréversibles. En effet Gaïa subissait les colères de Poséidon. Le sol se craquelait en des fissures petites mais assez conséquentes pour anéantir tout ce qui avait le malheur d’être dans les alentours. Les amphores artisanales et même les plus résistantes apportées tout droit de la grande Rome s’écrasaient à terre, répandant en mille morceaux le matériau qui autrefois en faisait la beauté. Des étalages entiers s’écroulaient sous le poids d’une nouvelle instabilité. Les fruits et légumes des récoltes nouvelles jonchaient les pavés brisés du marché, devenant aussi immangeables que s’ils avaient été pourris par le temps. Les malheureux qui n’avaient eu le temps de se rattraper à l’un de leurs concitoyens chutaient au sol comme de simples pantins. Les cris s’élevaient du haut du marché alors que l’on tentait de s’enfuir de cette menace mortelle. La foule se bousculait à nouveau et on n’était plus sûr de qui on condamnait d’un coup d’épaule maladroit alors qu’on se frayait un chemin jusque dans les campagnes reculées. Les quelques blessés trouvaient réconfort auprès des hoplites dévoués qui s’étaient glissés au marché par hasard ou bien à l’entente des hurlements de panique.

Mais alors que le sol ébranlé continuait de détruire les rares constructions qui demeuraient debout. Une foule soudaine venue des portes d’Athènes traversa le marché avec peine. Des enfants étaient portés, des blessés tentaient tant bien que mal de poursuivre leur route jusqu’à un havre de paix. On murmurait que le port subissait un sort bien pire à celui-ci. Si la terre s’attelait à la destruction au sein même de la cité, la mer s’en chargeait plus loin, anéantissant à jamais ce qui était autrefois la fierté du commerce athénien. Il n’était plus possible dès lors de discuter tant la nécessité d’évacuer devenait primordiale. Le sol engloutissait ce qui trainait au sol et parfois, on ne pouvait retenir son effroi quand une âme innocente avait le malheur de disparaitre sous le poids d’une colonne mal bâtie qui n’avait pu supporter le choc. Les demeures qui entouraient l’agora tenaient avec difficulté et au vu des fissures qui grimpaient le long des murs à une allure folle, on préférait encore s’enfuir de ces maisons qui de réconfortantes étaient devenues porteuses d’une mort imminente. La voix d’un hoplite aux mèches blondes résonna tout juste parmi le bourdonnement du marché attaqué. Oui personne n’aurait dû être là en ce moment même. Cette catastrophe n’aurait même pas du avoir lieu, laissant place à une journée comme les autres. Etait-elle le reflet de l’obscurité qui pesait sur les épaules de tous les Athéniens depuis quelque temps ? Les soupçons sur le changement qui opérait en secret parmi les rues sombres de la cité se confirmaient-ils, laissant apparaitre l’aspect sombre de la cité ? Si toutefois le port n’avait pas subi ce blasphème digne de châtiment, auraient-ils eu le droit à une paisible matinée ordinaire ?

Alors que ce tremblement de terre ne semblait plus vouloir s’arrêter, ne laissant aux Athéniens qu’une vue trouble et un équilibre incertain, soudain plus rien ne bougea. Encore étourdis, il fallut un moment avant que quelqu’un ne se rende compte que tout s’était arrêté aussi vite qu’il était survenu. La terre ne tremblait plus. Les pavés de la cité marquaient toujours les traces irréparables des fissures terrestres et on pouvait enfin prendre l’ampleur des dégâts qui avaient été produits. De nombreuses plaintes s’élevaient du marché criant à l’aide ou bien hurlant la douleur d’une blessure profonde. Personne n’était sorti indemne. Le ciel lui portait toujours sa noirceur inquiétante et un nouveau grondement traversa les nuages jusqu’aux oreilles abasourdies des citoyens. Une divinité clamait-elle sa colère à travers ce son grave et porteur d’un écho peu rassurant. Fallait-il s’attendre à une nouvelle secousse ? Pourtant rien ne survint. Le calme de la terre avait repris comme si rien ne s’était passé. Seuls les citoyens prenaient conscience de leur entourage, fissuré. Les temples avaient tenu bon, par un heureux hasard qu’on devait certainement à l’Olympe. Des corps inertes étaient retrouvés parmi les vestiges de ce qui devait être une matinée fructueuse d’achats et de profits commerciaux. Et alors qu’on se relevait avec peine, entreprenant de sauver ce qui pouvait l’être encore, une jeune femme traversa avec lenteur le marché dévasté. Les yeux qui fixaient droit devant elle, elle semblait sous l’emprise d’une transe incompréhensible puisqu’elle ne répondait pas aux appellations de ces confrères. Elle portait à sa main une dague à trois dents. Elle ne paraissait pas menaçante mais tout le monde s’écartait sur son chemin avec crainte tandis qu’elle guidait ses pas vers une destination inconnue des autres. Apparition divine ou bien simple reflet du responsable de leur malheur ? Personne ne saurait le dire. Mais une chose était sûre alors que tous tentaient de faire rentrer les choses dans l’ordre c’est que personne n’oublierait cette interlude horrifique et annonciatrice de malheurs prochains.
Fin de l'Intrigue


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