[T] Danger is not always what you think ♣ Circée
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 [T] Danger is not always what you think ♣ Circée

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MessageSujet: [T] Danger is not always what you think ♣ Circée   Lun 6 Sep - 16:40


CIRCEE & ORION ♣
Ce jour-là, Hélios était à son zénith. En cette journée chaude et sèche, Orion avait décidé de laisser un peu l’entrainement des Athéniens de côté. Ils passaient tout leur temps à manier l’arme, manier les techniques que certains en oubliaient parfois que leur maitre d’armes souhaitait parfois s’évader un peu. Ainsi, le gymnase était à ce moment bien vide et aucun élève ne se risquerait à vouloir s’entrainer seul, sans la surveillance d’un pair et d’Orion. Celui-ci avait donc opté pour une promenade de santé dans la colline des Muses. Si la température était écrasante et la végétation abondante, Orion n’avait pourtant pas délaissé son plastron. Il évitait au maximum de porter la toge réglementaire et masculine : elle était bien trop serré pour un combattant qui avait besoin d’être libre de tous ses mouvements. Comme à son habitude, il avait autour de la ceinture un petit glaive. On n’était jamais trop prudent à Athènes. De plus en plus, la criminalité se dévoilait et il devenait dangereux de se promener dans un endroit reculé et exigu à la merci des gens aux mauvais esprits. Dans sa fierté virile, Orion n’avait nullement peur, il savait se défendre. Arès veillait sur ses hommes, il protégeait les protecteurs de sa chère cité. A vrai dire, c’était les femmes qui se faisaient de plus en plus rares dans les rues. Si elles étaient déjà sous l’influence de leur puissant mari, ils ne prendraient jamais le risque de se retrouver veuf avec la charge de l’entretien de sa descendance. Orion lui-même avait lancé mille recommandations à sa cadette pour qu’elle sorte le moins possible. Mais aussi têtue que lui, l’homme ne doutait pas qu’il retrouverait la maisonnée vide à son retour.

Perdu dans des pensées parfois superficielles, parfois profondes, Orion n’avait même pas remarqué qu’il s’était enfoncé dans la nature dense de la Colline des Muses. Il aimait tellement cet endroit : à la fois si reposant et si sauvage. Combien de citoyens étaient revenus de ce lieu en clamant qu’ils avaient entendus les douces muses chanter leurs délicieuses mélodies ou réciter leurs vers érudits. Orion lui-même avait parfois l’impression plaisante qu’on le suivait du regard, qu’on l’épiait. Il ne se retournait jamais sur son passage : prendre en flagrant délit des muses, des âmes éphémères c’était comme espérer attraper une nymphe. Tout bonnement impossible. L’homme était quelqu’un dont on vantait la sociabilité mais à cet instant précis, rien n’était plus plaisant que la solitude dans laquelle il s’était lui-même plongée. L’espace de quelques heures, les responsabilités qui pesaient constamment sur son dos semblaient rester aux portes de la ville, attendant impatiemment son retour. Depuis le départ de son père, tout était différent. On ne s’en remettait plus à Icare mais à Orion. Il était peut-être mature mais parfois, il se surprenait à rêver d’insouciante jeunesse. Malgré lui, son regard bleu se dirigea vers le Pnyx. De toute évidence, ceux qui occupaient ces lieux n’avaient pas autant de soucis à gérer en même temps : on les gérait pour eux. L’Athénien avait déjà et continuait d’avoir de nombreux contacts avec les membres de l’Assemblée. D’ailleurs, certains devenaient paranoïaques avec la nouvelle démocratie et désiraient un entrainement particulier au cas où on se décidait à les attaquer. Orion s’amusait de cette peur constante de la part des politiciens mais il ne s’en plaignait pas : c’était grâce à eux qu’il travaillait et qu’il gagnait tout juste de quoi vivre. Le peuple au service des privilégiés, la démocratie n’avait malheureusement pas tellement changé ce proverbe universel.

Soudain, un bruit plus suspect que ceux que procurait habituellement la colline mit Orion aux aguets. S’il n’avait pas l’ouïe d’un héros, il se doutait bien d’une présence. Qui pouvait bien trainer ici à l’heure où les étalages étaient remplis et le marché à son apogée ? Dans l’instinct guerrier qui lui était propre, Orion dégaina son glaive court. Si jamais on osait l’agresser, on le regretterait bien vite. A pas de loups, il s’approchait de la source du bruit qu’il définissait parfaitement comme des fourrés qu’on écartait. Que pouvait-on bien chercher ici ? La nature ne devait en aucun cas être dérangée, au risque d’en subir les conséquences. Se tapissant contre un arbre plus large que les autres, il se tut pour distinguer la personne qui s’aventurait. Alors qu’on s’approchait de plus en plus de lui sans qu’il ne se fasse remarquer pour autant, Orion sortit brusquement de sa cachette, abattant la pointe de son glaive contre le dos de la personne qui lui était de dos. L’inconnu était couvert d’un grand voile de tissu blanc et de toute évidence, la silhouette n’était guère celle d’un homme. Quelle audace d’être ici sans même avoir conscience des risques. Sans baisser pour autant son glaive, il déclara d’une voix méfiante : « N’avez-vous idée du danger dans lequel vous vous mettez ? Zeus lui-même n’aurait pas hésité à vous frapper de sa foudre pour paraitre aussi suspecte. »

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Dernière édition par Orion Attis le Ven 1 Juil - 7:04, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [T] Danger is not always what you think ♣ Circée   Mer 8 Sep - 16:45

    Orion. Il l’intriguait … depuis le début. Il y avait quelque chose en lui qui avait attisé son attention, un petit plus qui pouvait s’expliquer par des milliers de raisons et qui pourtant ne s’expliquait par aucune. Certes son physique avantageux n’avait pas échappé à l’œil de Circée, mais au-delà du charme qu’il possédait, il émanait de lui un quelque chose sans nom qui la fascinait. Elle ne savait guère quoi et bien qu’elle le croisa maintes fois au Palais - par l’intermédiaire de Calixte - elle demeurait encore ignorante. Ce détail qui pouvait semblait tout à fait insignifiant, avait à ses yeux une importance capitale … elle voulait savoir. C’est ainsi que sa curiosité avait grandi au fur et à mesure du temps qui s’était écoulé et des regards qu’ils avaient échangé … ces derniers furent brefs, furtifs, rapides, et pourtant si expressifs. A aucun moment, elle n’avait entrepris de l’aborder ou de lui adresser la parole, a aucun moment elle n’avait questionné sa sœur à son sujet, et à aucun moment elle n’avait fait un pas vers lui. Circée était une personne compliquée voir même contrariante. Elle était désireuse d’en connaître plus sur cet homme, pourtant elle restait en arrière, discrète et observatrice comme d’habitude. Cependant il y avait un début à tout, et cette après-midi semblait en être un. Alors que le soleil était à son apogée dans les cieux, Circée circulait dans la ville. Elle avançait avec nonchalance, laissant son regard parcourir les lieux tranquillement. Désireuse de ne point être reconnue par d’autres, elle portait un voile de tissu blanc qui recouvrait son visage, ne laissant apparaître que ses grands yeux bruns. Ces derniers venaient de s’élancer vers l’horizon lorsque soudainement ils le virent … Orion. Un léger sourire se dessina peu à peu sur ses lèvres. Elle avait beau être surprise, elle était contente. Cependant elle eut à peine le temps de le reconnaître qu’il avait disparu. Elle s’élança alors d’un pas dynamique à sa poursuite et au bout de quelques minutes de marche rapide, le vit à nouveau au détour d’une ruelle. Elle le suivit dans la plus grande discrétion du monde, sans même savoir pourquoi elle agissait ainsi … la curiosité ? Peut-être.

    Ils passèrent du centre ville mouvementé à la colline des muses calme et silencieuse. Malgré la chaleur épuisante, Circée ne s’était point fait lente. Elle n’avait guère éveillée les soupçons d’Orion puisqu’à aucun moment il ne s’était retourné pour vérifier ses arrières. Une chance ! Alors qu’elle se sentait fière de ne pas l’avoir perdu de son champ de vision une seule fois et de ne point avoir perdu sa trace une seule fois, elle se rendit compte qu’il n’était plus devant elle … tout du mois elle ne le voyait plus. Circée s’avança rapidement pour vérifier si oui ou non elle l’avait bien perdue de vue et fut déçue de constater que la réponse était positive … elle qui tout au long du chemin avait trouvé amusant de le suivre, voyait sa partie de plaisir prendre fin. Cette réflexion eut à peine le temps de naître dans son esprit, que Circée sentit une pointe effleurait son dos. Etait-elle en train de rêver où une personne la menaçait bien de son glaive ? Non belle fille de Paris, la réalité était ainsi. Quelques secondes s’écoulèrent durant lesquelles un silence pesant s’installa. Bien entendu, Circée avait émis l’hypothèse qu’Orion était l’auteur de la menace, mais elle attendait que le prétendu parle avant de porter de fausses accusations qui paraissaient pourtant évidentes. C’est alors qu’une voix se fit entendre … cette dernière lui arracha un sourire … il n’y avait plus aucun doute … Circée avait beau n’avoir point eu de conversation avec Orion, elle avait eu l’occasion de l’entendre discuter avec Calixte à plusieurs fois, ainsi elle connaissait sa voix qu’elle reconnut immédiatement. A la place de se retourner subitement, elle fit durer le suspens en demeurant immobile.

    «Heureusement vous n’êtes pas Zeus …»

    Circée laissait le mystère planait sur son identité pour le simple plaisir. Elle savait que d’ici quelques secondes il allait prendre connaissance de son visage et la reconnaître avec grande facilité, elle profitait donc de son ignorance.

    «Et Zeus lui-même n’aurait pas tué une fille de Paris parce qu’elle paraissait si suspecte»

    Elle venait de briser le mystère. Elle venait de lui révéler son identité. Elle n’avait certes point dit son prénom mais celui de son père suffisait à mettre quiconque sur la bonne voix. Contre toute attente, elle retira délicatement le voile qui recouvrait son visage, laissant apparaître ses longs cheveux noirs qu'on voyait de dos. Elle décida que le moment était venu de se retourner et sans plus attendre fit face à Orion tout en se permettant une remarque révélatrice :

    «A moins qu’il n’apprécie guère d’avoir été suivi et de ne point l’avoir remarqué avant»

    Elle avait beau faire allusion à Zeus, nul doute qu’elle parlait en faîte d’Orion. Circée se permettait de le provoquer sur le fait qu’il ne l’avait point vu la suivre, mais ces propos se devaient d’être pris comme une taquinerie et non comme un reproche. Aussi lui avait-elle révélé que ce n’était pas un hasard s’ils se croisaient, comment allait-il prendre cela ? …


Dernière édition par Circée Calypso le Dim 19 Sep - 8:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [T] Danger is not always what you think ♣ Circée   Mer 8 Sep - 19:01


CIRCEE & ORION ♣

Si l’Athénien était un citoyen qu’on pouvait qualifier de sans peur et courageux, il avait pourtant horreur qu’on le surprenne. A l’époque d’insécurité où on vivait, les surprises n’étaient jamais de bon augure. Il s’en remettait souvent au sort des Dieux mais il détestait avoir la nette sensation qu’un inconnu l’approchait sans qu’il n’en sache plus. C’est pourquoi sa réaction avait été immédiate. Bien entendu, Orion n’avait jamais eu l’intention de blesser cet inconnu d’autant plus qu’il venait de découvrir qu’il s’agissait d’une femme. Athènes était peut-être réputé pour la modernité de leur société mais les femmes restaient un sujet sensible et une catégorie sociale qui portaient à beaucoup de malentendus. La remarque qu’il venait de lui faire pouvait apparaitre accusatrice mais à vrai dire Orion avait toujours eu un instinct protecteur envers ceux qui n’avaient pas les bases pour se défendre. Ses paroles avaient été également une invitation à se présenter. Il détestait ne pas savoir à qui il s’adressait et la surprise n’en serait que plus désagréable. C’est alors qu’elle lui répondit. Sa voix était en effet d’une féminité évidente et d’une douceur à la fois intrigante et on ne peut plus méfiante. Qui garderait son calme alors qu’elle avait la pointe d’un véritable glaive sur son dos, prêt à riposter à la moindre attaque ? Si la jeune femme lui disait quelque chose, néanmoins il n’était pas capable de dire qui elle était. C’est pourquoi Orion ne dit mot, attendant la suite des évènements. Bientôt elle se présenta comme la fille de Paris. Et alors le sang du jeune homme ne fit qu’un tour. Calixte l’aurait reconnu sur-le-champ, elle l’aurait encore assailli de quelques moqueries malsaines sur sa façon de réagir toujours de manière militaire. La seule autre femme connue comme fille de Paris ne pouvait être qu’elle. Circée.

C’est alors qu’elle abaissa le voile de tissu qui la dissimulait aux yeux d’Orion et des nymphes de la forêt. Les cheveux d’un brun d’ébène descendirent en cascade le long de son dos. Le doute n’était plus permis. C’était bien elle. Celle qu’il considérait comme le mystère du palais de l’Assemblée. Celle qu’il avait remarqué et qu’il avait regardé passer sans toutefois lui accorder le moindre mot, la moindre politesse. Nombreuses fois il s’était décidé à lui parler, en compagnie de la sœur qui faisait tant d’étincelles, mais il n’avait jamais su quoi lui dire. Orion n’était pas du genre à craindre de paraitre stupide : il était plutôt impulsif. Mais jusqu’ici, il s’était toujours gardé de se laisser aller envers elle. C’était tellement plus plaisant d’observer de loin, on apprenait parfois bien plus d’une personne. Pourtant, il était incapable de dire quoique ce soit. Il ne la connaissait pas. Et même quand elle se retourna, il lui sembla qu’il découvrait son visage pour la première fois. D’aussi près du moins. Orion abaissa alors son glaive qui pointait maintenant vers le sol terreux. Malgré la démocratie qui établissait un semblant d’égalité, sous le coup de la surprise, il abaissa la tête en une faible révérence. Paris n’était pas n’importe qui à atteindre : ses enfants n’étaient pas n’importe qui non plus. Incapable de décliner son identité à son tour, il demanda alors : « Que faites-vous… » Il n’eut le temps de terminer sa phrase que déjà Circée lui répondit. Son sous-entendu manqua de faire tomber à la renverse un Orion abasourdi. Elle l’avait suivi ? Pourquoi donc ? Quel était le but de la manœuvre de suivre un maitre d’armes en quête de solitude ? Et quand bien même il aurait eu des choses à cacher, la femme de bonne famille n’aurait eu aucun scrupule à céder sous le coup de la curiosité ! Se sentant comme trahi par l’inconnu, il fronça les sourcils d’incompréhension. « Je vous demande pardon ? » Il rangea alors son arme à la ceinture avant de passer sa main dans ses cheveux, l’air toujours aussi interrogateur « De quel droit vous permettez-vous de me suivre ? Ai-je réclamé un quelconque garde du corps ? » La jeune femme venait de le prendre au dépourvu. Orion mourrait alors d’envie de la dénoncer. Elle représentait la caste supérieure d’Athènes, la plus riche et probablement la plus cultivée. Pourtant son acte venait de démontrer d’une terrible insouciance dangereuse. « Votre père ne vous a jamais mis en garde de ne pas s’aventurer là où tout est inconnu ? » Orion ne pouvait retenir le flot de paroles qui montait en lui. Et pourtant, au lieu de démontrer la colère qu’il s’efforçait de laisser paraitre, elle était plutôt témoin de sa gêne. Sentiment qui n’atteignait jamais le professeur d’ordinaire.

Détournant son regard bleu de Circée, il jeta alors un coup d’œil aux alentours dans l’espoir de distinguer quelque chose qui pourrait l’aider dans sa manœuvre. Stupide avait-il été de ne point remarquer sa présence ? Comment pouvait-il espérer qu’Arès ne le déclare son soldat s’il n’était même pas capable de remarquer une femme qui s’amusait à l’espionner ? Avait-il donc une tête de bête de foire ? Sans ménagement, Orion s’avança alors vers Circée et saisit fermement son poignet. « Maintenant laissez-moi vous ramener là où est votre place. » Il la toisa du regard pour lui faire comprendre que sa décision n’était pas révocable. Il avait alors conscience qu’il manquait de respect envers un membre de l’Assemblée si on pouvait la nommer ainsi mais l’heure n’était pas aux pirouettes. Elle l’avait mis dans une position délicate et terriblement gênante. Il fallait qu'il se reprenne. Et vite.

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Dernière édition par Orion Attis le Sam 20 Nov - 14:52, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [T] Danger is not always what you think ♣ Circée   Ven 10 Sep - 17:52

    Circée. La compliquée. Elle représentait la sagesse, capable de calmer les tensions brutales entre ses parents et sa sœur, capable de prendre soin et de protéger son frère, capable de faire preuve de tolérance en vers les avis et croyances d’autrui, capable d’agir en adulte dans une situation délicate, capable d’assumer ses responsabilités et capable surtout de s’arrêter quand il le fallait car le sage n’était-il pas celui qui connaissait ses limites tout simplement ? … Circée avait beau refléter l’image de la sagesse, de la discrétion et du mystère, elle demeurait enfant dans l’âme. Elle passait des heures à s’évader par l’intermédiaire de sa pensée et nombreuses fois elle contemplait les étoiles des sombres cieux en rêvant d’horizons plus grands, aussi elle avait cette facilité époustouflante à savoir s’amuser des choses les plus futiles de la vie, pouvant même rendre toutes tâches ennuyeuses, tout à fait divertissantes ; elle savait adoucir la réalité comme une enfant qui redessinait le monde de ses propres yeux. Circée était unique parce qu’elle était tellement contrariante, parce qu’elle était femme tout en demeurant éternellement enfant, parce qu’elle représentait le mystère dans toute son élégance. Il n’était donc point étonnant de constater qu’elle avait pris plaisir à suivre celui qui la fascinait et l’intriguait au point de requérir toute son attention.

    Autant elle s’était contentée jusqu’à présent de rester ignorante de lui, n’ayant connaissance que de son identité - Orion Attis fils d’Icare - et sa profession - maître d’armes - autant elle était désormais désireuse d’en apprendre plus sur sa personne depuis qu’elle avait croisé son regard plus d’une dizaine de secondes … elle voulait savoir qui se cachait derrière ces beaux yeux bleus qui la fixaient avec colère. En effet elle percevait dans son regard un sentiment fort et puissant, certainement n’avait-il pas apprécié qu’elle le suive, et certainement n’avait-il pas apprécié de ne pas l’avoir remarquée plus tôt ? Ce pourquoi il émanait de lui un autre sentiment … la gêne. Quiconque pouvait le déceler. Et puis les propos d’Orion parlaient d’eux-mêmes ... elle avait touché sa fierté, semblait-il. Cependant Circée ne fut point blessée de ses paroles, au contraire. Elle trouvait sa réaction amusante bien que prévisible, ainsi elle ne fut pas le moins du monde irritée par son comportement. Jusqu’à ce qu’il ne se montre trop impulsif. Jusqu’à ce qu’il ne fasse ce geste irrespectueux. Jusqu’à ce qu’il ne la saisisse par le poignet avec force pour lui démontrer combien il était sérieux. Elle était surprise. Pourtant elle garda son calme face à cette attitude. Pourtant elle ne sentit ni haine ni colère l’envahir. Pourtant elle continuait d’être amusée. Elle tenta tout de même une manœuvre et se retourna à vive allure avant de s’élancer pour marcher … cependant Orion ne faillit pas et elle fut contrainte d’être ramenée - en moins de temps qu’il ne fallait pour le dire - dans la position qu’elle avait précédemment abandonné. A la fois surprise et amusée par son attitude, la jeune femme se rapprocha de son interlocuteur pour réduire la distance qui les séparait à seulement quelques centimètres. Elle plongea ses yeux dans les siens et chercha à y lire une quelconque émotion pouvant lui indiquer son état d’esprit. Il ne semblait pas moins coléreux et gêné puisque l’étreinte de sa main n’avait point faibli même lorsqu’elle avait essayé de s’en défaire. Elle approcha alors son visage du sien pour lui dire :

    « Vous comptez me ramener de force ? »

    Circée ne le toisait point du regard, or elle avait toutes les raisons de le faire. Tout d’abord son geste était tout à fait irrespectueux envers une fille de Paris qui n’était autre que l’homme à la tête de la cité. Ensuite Orion était d’un statut social inférieur au sien, il faisait parti du peuple, elle de l’Assemblée. Pour finir, il n’avait même pas remarqué qu’elle le suivait, lui, le maître d’armes, ce qui ne l’avantageait pas, bien au contraire. Les raisons avaient beau être évidentes et véridiques, Circée ne se montrait pas hautaine envers le jeune homme. Elle avait cette particularité de ne point se sentir supérieure aux autres, qu’importe qui ils étaient et à combien s’élevaient leurs richesses. Elle était loin des filles de bonne famille qui considérait les gens du peuple et les étrangers comme pauvres parce qu’ils ne possédaient pas un statut social égal aux leurs. Elle voyait plus loin que les étiquettes qu’on attribuait aux gens, elle voyait qu’ils possédaient tous une personnalité propre à eux et qu’ils n’étaient riches que de ce qu’ils étaient à l’intérieur d’eux, parce que la richesse d’une personne ne se comptait pas au nombre de biens et d’argent qu’elle possédait mais à ce qui faisait d'elle ce qu’elle était. Il était ainsi aisé de comprendre pourquoi Circée désirait en apprendre plus sur Orion ayant maintenant la possibilité de pouvoir le connaître d’avantage … à moins qu’il ne se décide à la ramener pour de bon au palais. Cette idée lui ayant à peine traversé l’esprit, elle décida d’agir et contre toute attente ne lui laissa pas prendre la parole qu’elle dit :

    « A moins que vous n’acceptiez de m’accompagner balader, Orion ? »

    Tout dans sa question était une invitation à accepter. Ne serait-ce que l’avoir nommé par son prénom. D’autant plus qu’elle le regardait avec tendresse, comme une enfant regardait une mère. Pourtant il y avait tant de détermination dans ses yeux qu’une lueur d’espoir y brillaient.
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MessageSujet: Re: [T] Danger is not always what you think ♣ Circée   Dim 12 Sep - 7:53


CIRCEE & ORION ♣

Traquez celui qui se dit chasseur comme un gibier et observez sa réaction. Il était inconcevable pour Orion d’accepter d’être suivi sans que celui-ci ne s’en rende compte. Arès lui-même ne ferait jamais de lui ce qu’il attendait s’il n’était capable de tendre l’oreille à toute éventualité. Le désir de la solitude avait été plus fort cette fois-ci. Lui qui baignait quotidiennement dans la foule athénienne et qui supportait en tant que professeur le moindre remous, il n’était pas comme la plupart des citoyens : en quête de reconnaissance et de pouvoir. Même si Icare, son père, était tout aussi respecté que lui, il n'avait manqué de lui inculquer la plus précieuse des valeurs: l'humilité. Athènes était une cité moderne et en pleine expansion mais malheureusement ses habitants aussi cherchaient à acquérir ce qu’ils n’auraient jamais. Les Dieux devaient bien rire à les regarder se battre pour obtenir la moindre richesse quelconque. Circée, elle, avait déjà tout ce qu’elle désirait sans qu’elle n’ait eu à le réclamer. Elle était née comme ça : Fille de Paris. Rien que le renom avait suffi à faire d’elle une femme influente bien qu’elle resterait dans l’ombre de son fraternel qui était attendu pour prendre le relais. Malgré tout, l’Athénien n’avait jamais ressenti aucune colère à leur égard. Cette famille faisait fort heureusement partie de celles qui prônaient la démocratie et le développement d’une certaine égalité entre les peuples. S’ils n’en donnaient pas pour autant leur richesse, ils s’attelaient à ce que chacun ait son mot à dire au sein de sa propre cité. Paris avait fait beaucoup pour Athènes, c’était une avancée évidente qui ne manquait pas d’attirer les regards curieux et les esprits bons ou malintentionnés même. Non, il n’avait pas accepté l’attitude de Circée mais par respect pour son paternel, il lui devait meilleur respect.

Quand celle-ci tenta de se dégager vainement, Orion eut un faible rictus. Pensait-elle vraiment s’en sortir de la sorte ? A côtoyer le prédateur, on en subit les conséquences. Il allait la ramener, qu’elle le veuille ou non. La Colline des Muses n’était que trop sauvage et incertaine pour être totalement saine. « Si vous n’acceptez de m’accompagner, en effet je me vois obligé d’utiliser la force. » Le calme apparent de la jeune femme le déstabilisait. A vrai dire, quelle femme fortunée et bien élevée n’aurait pas crié à l’infamie si un homme du peuple avait osé la saisir ainsi ? Peut-être comprenait-elle que ses intentions n’étaient qu’en sa faveur –quoiqu’une tranquillité ne fût point de refus ? Malgré ses précédentes paroles, il desserra légèrement l’étreinte sur son poignet avant de surenchérir, sur un ton plus calme « J’ose espérer que vous consentirez à me suivre. Je pense que le quart d’heure de jeu est terminé. » Le maitre d’armes n’avait pu se retenir d’une telle joute. La moquerie avait été si tentante. Mais Circée ne l’entendait de cette oreille. De la voix la plus douce qui ne manqua pas de frapper une nouvelle fois Orion, celle-ci lui proposa alors de l’accompagner dans une promenade à travers la nature florissante des Muses. Encore hagard de son comportement, il lâcha alors son poignet et passa sa main dans ses cheveux. Avait-il vraiment la tête d’un compagnon de balade ? Ou même d’un garde du corps ? Il osait espérer que non. « Je ne comprends pas. Avez-vous un réel intérêt à rester en ma compagnie, Circée ? » Le fait était là. Avait-elle lu dans ses yeux bleus la curiosité qui l’habitait chaque fois qu’il apercevait sa silhouette ? Avait-elle remarqué le regard qui la suivait quand elle faisait une apparition dans un coin du palais ? Probablement que non. Orion n’était que le divertissement tardif de la journée. Apprécierait-on de voir le maitre d'armes seul à seul avec une des précieuses du palais ? Dans un geste habituel pour démontrer sa réflexion, il effleura le manche froid de son glaive de ses doigts. Et dire qu’il avait failli l’embrocher de sa lame plus tôt. Le retournement de situation était total.

« Et bien je suppose que je ne peux refuser. » Orion était plutôt stressé à l’idée de passer un moment avec celle qu’il avait fui durant longtemps, avec son petit mystère de l’Assemblée. Néanmoins, il n’en montrait rien. D’un pas lent pour qu’elle puisse le suivre, il reprit alors sa marche le long des sentiers exigus de la colline. La sérénité de Circée était déstabilisante. Nul ne le croirait s’il expliquait à un étranger qu’elle était bien du même sang que Calixte. Quel contraste entre les deux femmes pourtant sœurs et élevées ensemble. L’ainée, férue de scandales et d’extravagance, n’aurait pas hésité à l’incendier comme elle prenait plaisir à le faire quand ils se voyaient. Calixte Lena aurait peut-être esquissé un geste violent envers lui avant de se rendre compte qu’elle avait affaire à plus coriace. De toute évidence, elle n’aurait pas accepté l’affront qu’il venait de faire. Et pourtant, sa cadette était restée sereine. Elle n’avait relevé son geste irrespectueux, elle n’avait nullement mis en avant un nom que tout le monde connaissait déjà. Circée était restée tout aussi humble qu’elle n’en restait que plus fascinante. Malgré lui, sa curiosité prit le dessus. Il se permit alors de l’interroger « Comment connaissez-vous mon nom ? Je doute que vous fassiez partie des visiteurs quotidiens de mon gymnase, avec le respect que je vous dois. » Les yeux bleus d'Orion se firent plus rieurs: il n'avait pu retenir un tel sarcasme. Impatient d'observer la réaction de la belle, il ne la quittait du regard. Son pas était pourtant assuré: même distrait, il savait toujours où il allait. Toutefois, le fier professeur d'arme ne faisait plus le paon face à plus imposant que lui: la grâce et la puissance incarnée dans une femme presque haute comme 3 pommes. Quel comble.

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Dernière édition par Orion Attis le Sam 20 Nov - 14:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [T] Danger is not always what you think ♣ Circée   Dim 19 Sep - 8:51

    Circée avait beau posséder des qualités exemplaires, elle n’en était pas moins une vraie tête de mule. Autant acceptait-elle d’écouter les avis des autres et les comprenait-elle, autant elle ne les partageait point. Elle gardait ces positions, assumait ses choix et allait au bout de ses idées qu’importe le prix à payer, elle était têtue et ses parents en avaient fait les frais. Certes ils avaient eu la chance d’avoir une fille plus discrète et sage que la précédente, mais puisque personne n’est parfait, ils avaient rapidement remarqué combien elle pouvait être butée. Ainsi Orion pouvait lui sortir les meilleurs arguments qu’il soit capable de formuler, si elle avait décidé de rester dans la Colline des Muses ni lui ni autre ne la convaincrait de partir. Circée garda cependant son calme face aux propos du jeune homme qui laissait entendre qu’importe sa décision, il la ramènerait au Palais. Et puis quoi encore ? Etait-il assez naïf pour penser qu’elle consentirait à le suivre ? Il ne fallait pas qu’il s’aveugle de la sorte, elle avait son choix, à lui de suivre. Il avait aisément pu remarquer la douceur qu’elle employa pour poser sa question parce qu’ô oui, elle savait comment s’y prendre bien qu’elle ne s’amusait pas à manipuler à tout bout de champ les personnes, comme s’en amusait sa sœur Calixte. Certainement cette dernière trouvait-elle un plaisir à agir ainsi, ce qui n’était poins le cas de Circée. Cependant, elle devait avouer avoir apprécié qu’il cède en lui lâchant tout d’abord le poignet. Ce n’était qu’un début … il allait accepter, elle en était désormais certaine. Jusqu’à maintenant, les remarques d’Orion furent impertinentes, mais la question qu’il lui posa, l’intéressa vivement. Il se remettait en question … ce qui ne fit qu’attiser la curiosité de la jeune femme à son égard. Pourquoi était-il étonné qu’elle veuille se balader à ses côtés ? Parce qu’elle était de l’Assemblée et lui du peuple ? Et alors ? N’avait-on jamais vu deux personnes de deux statues sociales différentes s’en allaient marcher côte à côte ? Bien sûr que si ! Mais peut-être ces deux personnes ne vivaient-elles pas dans deux mondes complètement différents ? Orion côtoyait les armes et le combat, or Circée la musique et la poésie. Pourtant elle ne demandait qu’à le connaître d’avantage, et pour réussir à lui extirper une réponse positive de la bouche, elle décida de garder le silence afin de laisser le mystère planait et de pousser Orion à désirer en savoir plus à son tour. Ainsi lorsqu’il accepta, elle en fut plus que ravie. Si bien qu’un léger sourire se dessina peu à peu sur ses lèvres, faisant illuminer de plus bel son visage aux allures angélique qui contrastait avec sa chevelure noire.

    « Votre réputation vous précède » prononça t’elle en guise de réponse à l’interrogation du jeune homme dont la curiosité était perceptible à travers les propos qu’il avait tenu. Elle comprenait parfaitement qu’il s’interroge puisqu’il avait raison … elle n’était point une visiteuse quotidienne de son gymnase. Cependant Circée avait souvent entendu son père faire l’éloge d’Icare, un vaillant guerrier, et aussi d’Orion son successeur. Par la même occasion, Calixte lui racontait de temps à autre les conflits qu’elle avait eus avec cet ami qui la contredisait sans cesse. Ainsi Circée avait beau être ignorante de tout ce qui se rapportait à Orion, elle avait tout de même connaissance de son identité, sa profession et sa réputation. Mais du temps où elle ne l’avait point encore vu, il n’avait pas suscité chez elle une quelconque curiosité. Il avait fallu qu’elle pose les yeux sur lui pour finalement s’y intéresser, désireuse de savoir qui se cachait réellement derrière cette carrure de guerrier et ces beaux yeux bleus aussi infinis qu’une mer. « Au Palais, on chuchote parfois votre nom, Orion Attis fils d’Icare » finit-elle par avouer. Elle voulait voir sa réaction. Elle voulait voir s’il avait un égo démesuré ou bien restreint. Elle voulait voir s’il allait se sentir flatté ou intimidé. Elle ne s’attendait pas à une réponse verbale et observait ainsi attentivement son comportement … s’il souriait, s’il s’adoucissait, si son pas ralentissait ou accélérait, si sa démarche différait d’il y a quelques secondes. Elle était attentive au moindre changement pour réussir à le cerner ne serait-ce qu’un peu plus, après tout elle ne le connaissait point, elle connaissait simplement ce qu’on disait de lui.

    « Avez-vous si peur qu’on s’en prenne à vous que vous gardez votre glaive même en ballade … dans la Colline des douces muses ? » dit-elle en plongeant son regard dans le sien, continuant à marcher à la même allure que lui. Si cette question pouvait sembler innocente, nul doute qu’elle ne l’était point. Certes la voix de Circée avait conservé sa douceur, mais ce détail faisait parti de la manœuvre. Elle avait en effet utilisé le mot douce pour caractériser la Colline des muses pour la simple et bonne raison qu’on les savait dépourvues de mauvaises intentions puisqu’elles se contentaient de chanter et de donner l’inspiration. Ainsi Circée insinuait que l’endroit était tout à fait sécurisé et qu’il n’y avait aucune raison de se promener armé dans pareil lieu. A moins qu’Orion ne soit peureux de nature ? Ce qui ne collerait point avec l'image du guerrier. Peut-être était-il très méfiant ? Elle se languissait de la réponse qu’il allait lui formuler. Comment allait-il se défendre ? Utiliserait-il également la provocation ? Ou bien déciderait-il d’adopter un autre ton de voix ayant trop de respect à son égard pour se permettre de lui parler comme ça ? Elle optait moins pour cette dernière hypothèse, après tout il avait prouvé qu’il pouvait être sarcastique. Elle aimait ça. Elle appréciait son audace pour la simple et bonne raison qu’elle ne se sentait point différente ou supérieure à lui quant il agissait ainsi … elle avait l’impression qu’ils n’étaient que deux personnes en train de discuter, et qu’il n’y avait plus de distinctions sociales entre eux, qu’ils avaient oubliés leur étiquette, ne serait-ce le temps d’une ballade.


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MessageSujet: Re: [T] Danger is not always what you think ♣ Circée   Lun 20 Sep - 13:39


CIRCEE & ORION ♣

Orion avait beau se montrer insolent et même impertinent, il n’en restait pas moins impressionné. La prestance de Circée Calypso, fille de Paris aurait-elle raison de la fierté débordante du maitre d’armes ? La richesse matérielle d’un citoyen ne l’avait jamais influencé dans sa manière de se comporter avec les gens : si toutefois bon nombre de personnes modestes pouvaient se montrer vénales dans leurs relations, on avait fort heureusement appris au jeune homme que l’argent ne faisait pas l’homme. Combien de fois avait-il eu affaire à un être abject et aussi fourbe que le serpent juste parce qu’il avait une bourse entière de drachmes accrochée à sa ceinture ? Combien de fois avait-il été touché par un orphelin de la rue ou une vieille femme qui n’avait rien sinon sa générosité et son faible savoir à revendre à sa descendance ? Athènes était une cité si matérialiste et si moderne qu’elle en oubliait ses habitants de bas-fonds qui avaient construit lentement son prestige. Au fond, Orion n’était pas à plaindre. Il avait un toit, il pouvait s’entretenir lui et sa sœur malgré leur faible revenu. La plupart du temps, son plastron était sale et boueux voire cabossé sous les coups qu’il prenait toute la journée sous un soleil de plomb. Ses cheveux se ternissaient sous la poussière de l’asphalte du gymnase. Comment osait-il se promener en compagnie d’une représentante fortunée, d’une fille de bonne famille bien élevée et habillée de tissu aussi fin qu’il était fragile ? L’Athénien ne se sentait pas faible mais terriblement diminué. Non il n’avouerait jamais qu’une femme l’impressionnait. Après tout, pourquoi l’avait-il évitée durant ses fréquentes visites à l’Assemblée ? Pourquoi ne l’avait-il pas abordé avec l’assurance qui le caractérisait auprès de la gente féminine, en baisant sa main dans un geste aussi galant que son regard aurait été séducteur. Non, ce n’était pas pareil avec Circée. Et il redoutait déjà la suite des évènements.

Circée lui fit alors remarquer que sa réputation le précédait. Surpris, il lui jeta un regard abasourdi alors qu’il gardait le silence, espérant qu’elle en dirait plus. La curiosité avait pris le dessus alors qu’il mettait chaque jour toute son énergie à faire perdurer le nom de son père comme celui-ci avait fait pour son propre paternel. L’unique satisfaction qu’il retirait de ce travail éreintant et sédentaire était celle de voir qu’on souriait encore lorsqu’on entendait le nom d’Icare. A moins que ce ne soit Calixte qui n’ait pas manqué de lancer mille et unes méprises à son égard en s’adressant à Circée. Certainement qu’elle avait eu vent des disputes qui ponctuaient fréquemment l’amitié des deux jeunes gens. Peut-être le prenait-elle comme un ours mal léché, un guerrier mal élevé qui ne respectait pas les dames comme il se devait ? Alors la jeune femme n’en dit plus que son nom. Elle savait qui il était, certainement pas plus que le rôle qui le définissait au Palais. Visiblement amusé, il haussa les épaules avant de déclarer : « Il est vrai que certaines personnes de l’Assemblée suscite mes talents… Surtout en ce moment. » Il se tut immédiatement comme s’il en disait trop. Si Circée vivait dans sa bulle de princesse, il ne voulait pas lui révéler dans quel tourment se trouvaient certains membres de l’Assemblée et même certains citoyens. De plus, il sentait qu’elle guettait chacune de ses réactions, comme si elle s’attendait à une attitude particulière de sa part. Orion était très difficile à dévoiler au grand jour, elle venait de tomber sur la mauvaise personne si elle voulait s’essayer au déchiffrage de sentiments. Seuls ses yeux bleus étaient le reflet de son esprit et de ses émotions mais bien souvent, il se contentait de se maitriser du mieux qu’il pouvait. Des paroles récurrentes de son père résonnaient dans sa tête. « Ne baisse jamais les yeux, ne détourne jamais le regard. Pense à un champ plein et serein et fais le vide dans ton esprit. On ne doit jamais lire en toi ou tu causeras ta propre perte, fils. »

Orion continuait de laisser ses pas les conduire là ou les Muses le désiraient. Il n’avait pas de but précis et à vrai dire, cette ballade incongrue en compagnie de Circée l’avait déstabilisé. Celle-ci reprit alors la parole pour lui demander la raison de son port d’armes. Quelle question stupide. Un pêcheur ne se promenait-il pas avec de quoi pêcher ? Un peintre n’avait-il pas toujours sur lui de quoi peindre ? Pourquoi un maitre d’armes ne garderait-il pas sur lui de quoi se défendre ? Circée n’avait pas idée de ce qu’un endroit d’apparence si paisible comme la Colline des Muses pouvait regorger. Lentement, une idée machiavélique germait dans son esprit. Il allait donc lui montrer. « Moi peur ? Je ne crains pas plus le danger que Jason n'a craint le minotaure. » Il dégaina lentement son épée pour la faire luire à la lumière. Avec quelques gestes contrôlés parfaitement, il la fit tournoyer de droite à gauche, le bruit de la lame fendant l’air comme prête à attaquer quiconque s’opposerait à lui. Soudainement, il saisit le poignet de Circée et la fit tourner sur elle-même avant de la plaquer brusquement contre un arbre, la lame sous sa gorge. Le regard animalier, comme euphorique dès qu’il avait une arme en main, il chuchota alors, sur un ton sérieux : « Le danger est d’autant plus fatal lorsqu’on ne l’entend pas. Vous ne vous attendiez guère à celui-ci. Imprégnez-vous de chaque chose de votre environnement quand vous prenez le risque de vous aventurer là où la nature est maitresse. Tôt ou tard, elle finit toujours par révéler ses dangers. » Ses paroles avaient sonnées comme un avertissement. Son geste avait été violent et la moindre manipulation douteuse aurait tranché la gorge de Circée. Elle pouvait redouter Orion autant qu’elle pouvait être presque certaine d’être en sécurité avec lui. Il rangea alors son glaive dans son fourreau avant de se pencher sur elle, son regard s’adoucissant de nouveau. Il lui murmura : « Ne parlez pas de peur. Parlez plutôt de précaution. » Pendant un instant, il sonda son doux regard noisette à la recherche d’une ombre de crainte mais se ravisa. Terrible contraste du comportement irrespectueux qu’il avait adopté avec elle, il saisit ensuite doucement sa main pour la décoller de l’arbre. Sans s’excuser pour autant –Orion ne s’excusait qu’envers les personnes qui comptaient depuis longtemps pour lui-, il l’entraina de nouveau sur le petit chemin terreux pour poursuivre la promenade qu’il avait brusquement interrompue.

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MessageSujet: Re: [T] Danger is not always what you think ♣ Circée   Lun 20 Sep - 17:30

    Alors que Circée demeurait à l’affut du moindre changement dans le comportement d’Orion, elle fut surprise de n’en trouver aucun. Que se soit dans la démarche, l’allure ou l’attitude. Il était demeuré même. Ni son regard, ni son sourire ne trahit un quelconque sentiment de fierté. Ainsi il n’avait point un égo démesuré comme bon nombre de guerriers athéniens qui se sentaient flattés dès qu’on soufflait de temps à autre leur nom. Au contraire, il semblait amusé. Ce détail attisa la curiosité grandissante de Circée. Si bien qu’elle fit à peine attention à ses propos. Non pas que ces derniers n’était point pertinents - ils étaient en toute vérité très intéressants - simplement elle appréciait de le voir amusé de la sorte. Mais peut-être n’était-ce qu’une diversion pour cacher ses réelles pensées ? Certainement avait-on dû lui apprendre à se maîtriser pour ne pas faillir de quelconque façon devant l’ennemi ? Circée mit soudainement un terme à ces questions incessantes lorsqu’Orion prit la parole. Un sourire aussi grand que le Palais de l’Assemblée se dessina sur ses lèvres. Enfin il déniait montrer son égo d’homme avec ces propos: « Moi peur ? » ! Si elle n’avait pas autant de respect pour autrui, nul doute qu’elle aurait ri de sa remarque, mais puisqu’elle n’était pas moqueuse, elle se contenta de se contenir.

    Cependant se comparer à Jason démontrait qu’il avait tout de même beaucoup d’estime pour lui, contrairement à ce qu’il avait démontré il y a quelques minutes en réagissant à peine à sa flatterie. Et pour se prouver qu’elle avait eu tort de le penser modeste, elle pouvait même l’admirer à sa guise manier brillamment le glaive. Il était fort. Expérimenté. Doué aussi. Alors qu’elle le regardait silencieusement, elle eût à peine le temps de se sentir brusquement tirée, qu’elle se retrouvait bloquée entre un tronc d’arbre imposant et le glaive qu’Orion détenait entre ses mains. Non pas qu’elle doutait de ses capacités puisqu’il était maître d’armes, mais elle ne se sentait pas pour autant en sécurité dans une telle posture. Pourtant le visage de la jeune femme était dénuée d’un quelconque sentiment de peur ou d’angoisse, et son regard semblait trôné l’indifférence. Il n’en était rien. Elle n’appréciait pas du tout le contact de la lame sur sa peau et se souvenait désormais du pourquoi elle prônait la paix à la guerre … elle n’aimait pas les armes, elle n’aimait pas le combat, elle n’aimait pas le sang. Ainsi ce fut un soulagement lorsqu’Orion retira enfin la lame de son cou pour finalement ranger le glaive à sa place ! Il avait beau tenir de belles paroles typiques d’un guerrier, ces dernières ne l’atteignaient pas. Contrairement à lui, elle ne voyait pas le danger dans chaque lieu, encore moins dans la Colline des muses dont le cadre laissait présager à un calme plat.

    Circée prit avec douceur la main que le jeune homme lui tendait tandis qu’une idée germa soudainement dans son esprit. A peine fut-elle décollée du tronc d’arbre, que son visage trahit une profonde inquiétude tandis qu’elle dit d’une voix tremblante : « Orion derrière vous ! ». Alors qu’il commença à se retourner en brandissant son glaive prêt à intercepter toute attaque venant d’un quelconque ennemi, elle renforça l’étreinte de sa main sur la sienne et le tira vers elle, l’obligeant ainsi à lui faire à nouveau face alors qu’il avait à peine eut le temps de se tourner. Elle approcha son visage – ayant retrouvé sa sérénité - du sien, réduisant la distance à de simples centimètres, pour finalement lui dire sur un ton plus que provocateur : « Vous êtes encore plus prévisible que je ne le pensais … », elle marqua un blanc volontaire, laissant le silence s’installait tandis qu’elle regardait intensément Orion, et reprit contre toute attente sur un ton similaire bien que plus aguicheur cette fois-ci : « Je vais me sentir en sécurité avec vous, ça va de soi ; le beau guerrier brandissant son arme contre l’ennemi qu’importe s’il existe ou pas … c’est original ». Elle lui fit son plus beau sourire en y ajoutant un air délicat dont elle seule détenait le secret, tandis qu’elle reprit la marche sans se soucier à vrai dire de sa réaction. Il l’avait cherchée. Il l’avait trouvée. Et encore, elle fut beaucoup plus douce que lui, il n’y avait nul doute.

    Circée avait des facettes cachées que nul ne pouvait imaginer s’il en écoutait les rumeurs ou la réputation qu’elle avait. Qui aurait pensé que la douce, calme et sage du Palais sache utiliser avec talent la manipulation ? Elle venait de prouver qu’elle en était plus que capable ... en effet a aucun moment elle n’avait vu un quelconque danger derrière Orion, pourtant son visage avait reflété un angoisse si profond et intense lorsqu’elle avait fait croire le contraire, que nul n’aurait pu douter de sa sincérité s’il avait été confronté à l’image qu’elle avait donné d’elle. Il fallait dire qu’avec une sœur comme Calixte, qui était non seulement manipulatrice, calculatrice et convaincante, il était difficile de ne pas apprendre à agir ainsi. Il n’existait certainement pas meilleur modèle que l’aînée des Paris. Cependant Circée restait distincte de cette dernière bien qu’elle agissait en ce moment même de façon semblable, il arrivait en effet des fois où les deux sœurs pouvaient se ressembler … plus ou moins


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MessageSujet: Re: [T] Danger is not always what you think ♣ Circée   Mar 21 Sep - 12:14


CIRCEE & ORION ♣

« Comment oses-tu traiter une si jolie demoiselle de la sorte, Orion Attis ? » Tel aurait été la réprimande de son père si toutefois il l’avait aperçu, la menaçant volontairement de son glaive. Orion héritait de beaucoup de traits de caractère de celui-ci : respectant la tradition de l’héritage, Icare l’avait élevé comme lui-même fut éduqué. Ils possédaient les mêmes valeurs et sa propre mère se permettait parfois de faire remarquer quelques défauts et petites manies qu’ils avaient en commun. Seulement depuis le départ de ses parents, le maitre d’armes avait du faire face à la réalité d’une famille à préserver. Il s’était endurci et la galanterie dont faisait preuve Icare envers chaque femme qui s’adressait à lui semblait parfois faire partie des règles enfreintes par son ainé. Circée n’avait pas ouvert la bouche en de critiques acerbes à son égard, elle s’était contentée de le suivre sagement alors qu’il reprenait leur chemin. Et pourtant, Orion aurait du se douter que l’esprit d’une femme reste toujours fourbe. Se retournant vers elle, il distingua que son visage affichait rapidement un horreur clairement visible et une certaine frayeur tandis qu’elle lui hurlait de se retourner. Sans même réfléchir, il dégaina de nouveau son arme et, le visage fermé en une concentration typique, il fit volte-face prêt à trancher quiconque oserait bouger le petit doigt. Avant qu’il n’ait eu le temps de détecter le danger qui s’approchait, il sentit une brusque pression sur sa main. En moins de temps qu’il fallait pour le dire, il se retrouva de nouveau nez à nez avec la princesse, un air de satisfaction moqueuse sur le visage. Sa critique l’offusqua tellement qu’il recula son visage, les sourcils froncés. « Comment permettez-vous de… » Sa phrase fut interrompue par la jeune femme qui reprit la parole sur un ton qui manqua presque de le faire flancher. Ouvrant la bouche pour lui répliquer une phrase bien sentie, elle l’imita alors et reprit sa marche sans attendre rien de sa part.

Quelle audace ! L’égo d’Orion venait d’être sacrément entamé et même pas n’avait-elle esquissé une pointe d’amusement dans sa voix. Elle se moquait de lui et de sa réactivité face à ce qui pourrait lui coûter la vie à elle, jolie fille de bonne famille incapable de tenir une arme forgée. Il rangea son glaive pour la centième fois et se laissa trainer par Circée qui n’avait pas laissé l’étreinte de sa main pour autant. Sur son visage mal rasé, était apparu un air ronchon presque enfantin. A vrai dire, il était étonné qu’elle ait eu autant de répartie. Qui pouvait-lui avoir appris à répondre avec autant d’arrogance alors que toute son enfance on l’avait certainement tannée à garder toute la discrétion qu’une Athénienne se devait d’arborer. Bien sûr, elles n’étaient pas toutes les mêmes. Durant ses périples hors d’Athènes, dans les grandes cités ou même les plus petits villages reculés, il avait eu affaire à des femmes qui osaient tenir tête aux hommes : mais bien sûr, la vulgarité qu’elle dégageait n’avait pas manqué de le dégouter au contraire de l’avoir séduit. Il avait beau être ouvert à la modernité, les femmes Athéniennes restaient les plus distinguées et les plus remarquables. Les filles de Paris n’en étaient-elles pas le parfait exemple ? Même si elles prenaient un grand risque là de blesser sa virilité qui met longtemps à guérir. Soudain, un souvenir trouva le moyen de regonfler la fierté qu’il avait perdu. Jetant un regard malicieux à Circée, il retrouvait peu à peu le sourire. Un sourire qui ne présageait rien de bon.

Délaissant sa main pour la devancer, il se planta devant elle. Il continuait de marcher à reculons bien qu’il avait ralenti le pas pour éviter de chuter lamentablement devant le regard amusé de Circée. Il la pointa alors du doigt pour déclarer, fier et narcissique : « Ainsi suis-je donc le beau guerrier qui vous protège ? Les hommes du Palais ne sont-ils pas à votre goût, habillés de toges immaculés et des bijoux reluisant au soleil ? » Sans même lui laisser le temps de répondre, il la stoppa net. Il croisa les bras, la toisant du regard avant de poursuivre. « Bien dommage qu’ils n’aient pas la virilité qui caractérise les guerriers comme moi n’est-ce pas ? » Comme pour qu’elle l’approuve, il haussa un sourcil, le sourire provocateur. Si Orion était empreint d’une profonde modestie en ce qui concernait son métier, il aimait parfois jouer la carte de l’égocentrique. En plus de déstabiliser son interlocuteur, bien souvent on tentait de s’en défendre. Les Athéniens étaient de toute évidence l’élite de la Grèce, pourquoi donc s’en cacher ? Depuis quelques années, ils avaient prouvé leur puissance dans tous les domaines. Les grands érudits faisaient de grandes découvertes que nul n’avait soupçonnées jusqu’alors. Il fallait se montrer patriote et fier d’être de cette grande cité, au risque de paraitre impétueux. Orion haussa les épaules puis revint alors à ses côtés pour recommencer à laisser ses pas le conduire où Zeus le voudrait. Il se comportait comme s’il avait eu la réponse qu’il souhaitait et se promenait, la tête haute tout en scrutant les alentours.

La vie réservait bien des surprises. Athena elle-même aurait-elle pu prévoir que deux de ses disciples les plus dévoués se retrouveraient en cet endroit qui n’appartenait qu’à mère Gaia elle-même ? Arès aurait-il pu prévoir que l’un de ses meilleurs guerriers serait troublé par le caractère doux mais vaillant d’une princesse ? Zeus pourrait-il lui envoyer un signe pour savoir ce qu’il devait faire ? Car c’était bien la première fois qu’Orion perdait ses moyens. Il n’aimait pas ce sentiment de faiblesse qui l’envahissait face à la délicate Circée alors qu’il résistait encore et toujours à la volcanique Calixte. Lui retirait-on toute force quand il se retrouvait face à l’une des filles prodigues ? Passant sa main dans ses cheveux indisciplinés, il réalisait alors qu’il n’était qu’un homme. Il maniait peut-être les armes à la perfection mais il y avait bien encore des choses qui lui étaient totalement inconnues. Et il craignait que Circée ne les lui affiche bien trop rapidement sans qu’il n’ait le temps de se préparer. Que Zeus me protège devant cet agréable obstacle.

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MessageSujet: Re: [T] Danger is not always what you think ♣ Circée   Dim 26 Sep - 17:51

    Avançant avec nonchalance, elle le suivait du regard et l’écoutait parler sans ouvrir une seule fois la bouche pour lui répondre. Elle n’avait rien à rétorquer si ce n’était son sourire. Pourquoi ? Parce qu’elle imaginait les hommes du Palais, avec leur toge et leurs bijoux, tenir en main une arme forgée. Visualisant avec une précision étonnante la scène, elle manqua presque de s’étrangler avec sa salive tant l’envie de rire lui était présente. Les plus ridicules seraient les plus vieux ? Les plus puissants ? Ou les servants dont certains étaient reconnus pour leur maladresse légendaire ? Elle n’eût point le temps de répondre à ses propres questions pour le moins hilarantes, qu’Orion reprit la parole pour souligner à nouveau un fait véridique. Arès lui-même se serait esclaffé devant le peu de virilité que dégageait chacun des hommes du Palais, quand bien même certains s’entretenaient physiquement. Ainsi il n’était guère étonnant de constater qu’à aucun moment Circée n’avait démontré un quelconque signe de contradiction à l’égard des propos d’Orion, au contraire elle était d’accord avec lui ... il avait raison. Cependant il lui semblait très égocentrique pour quelqu’un qui ne connaissait de la vie que le combat, quelques connaissances culturelles et certains sentiments et émotions. Tout ce qu’il ignorait, Circée le savait. Elle fut éduquée par des pédagogues dont la réputation avait été depuis longtemps reconnue. Ils ne lui avaient pas simplement enseigné la lecture, ils ne lui avaient pas simplement enseigné la poésie et la musique, ils lui avaient enseigné à lire entre les lignes, ils lui avaient enseigné à ressentir la mélodie et à donner à de simples mots un vrai sens.

    Elle se souvenait d’un d’entre eux avec nostalgie parce qu’il lui avait ouvert les yeux comme personne ne l’avait fait précédemment, parce qu’il lui avait montré le monde comme il était et non comme on voulait le lui faire voir. Il lui avait dit avant de la quitter: « Je vous ai appris mon savoir, mais c’est à vous d’en faire bon usage Circée. Je ne doute point de votre foi en nos dieux ni de votre respect envers vos parents, mais n’oubliez pas qu’on ne connaît le monde que si l’on vit dedans, et non coincé entre quatre murs dans lesquels résonnent des paroles sages et raisonnables. Il faut souvent apprendre de ses erreurs pour évoluer et il faut souvent vivre en communauté pour apprendre à s’adapter. Que la richesse n’aveugle pas vos choix Circée, et votre cœur puisse reste pur qu’importe votre devenir ». Que de belles paroles venant d’un homme qui avait passé sa vie à transmettre ses connaissances aux plus ignorants. Jamais il n’avait tutoyé ses élèves. Jamais il ne leur avait imposé ses idéaux. Il était resté neutre. Il avait pourtant pris le temps et la patience de les éclaircir. Il les avait pris d’affection. Circée avait su lui plaire pour son ouverture d’esprit, son imagination et sa sagesse alors qu’elle n’était qu’adolescente. Il s’était inquiété qu’on l’influence de façon obscure ou qu’on la manipule pour des fins personnels. Pourtant il était parti en sachant qu’il ne la reverrait plus. Il était parti en sachant qu’elle ferait parti de ses derniers élèves. Et peut-être sa mort pourrait lui permettre de ne point oublier ce qu’il lui avait enseigné.

    C’était vers cet homme que ses pensées se tournaient désormais. Elle voyait son visage dont il émanait sagesse et calme, mais que le temps n’avait point épargné de rides. Elle entendait sa voix grave et enrouée, le ton doux qu’il utilisait pour parler. Elle visualisait sa démarche boiteuse et sa cane aussi vieille que les Dieux eux-mêmes. Avec une telle image en esprit, elle ne put s’empêcher de ressentir un léger pincement dans la poitrine et elle ne put que ramener le sujet de la conversation proche du sujet de sa pensée. Elle déclara d’une voix douce et mélodieuse à l’attention d’Orion qui s’était à nouveau posté à ses côtés, suivant le rythme de son pas : « Que connaissez-vous d’autres à la vie si ce n’est le combat, nos Dieux, et les sentiments et émotions qui ont pu êtres présents en vous ? La musique et la poésie vous sont-elles étrangères ? ». Elle le regarda de ses beaux yeux bruns qui semblaient le dévorer comme une enfant dévore le monde. Contre toute attente elle se planta devant lui, reculant lentement pour l’obliger à ralentir le pas pour finalement le stopper net et alors qu’il s’apprêtait à ouvrir la bouche pour répondre à ses questions, elle lui mit un doigt sur les lèvres pour le faire taire. D’une voix envoûtante elle lui dit : « Ecoutez ». A peine avait-elle prononcé ses mots qu’un léger souffle de vent vint caresser leur peau avant de s’éloigner, ne manquant pas de faire bouger la vergeture les entourant de part et d’autre. Circée tendit l’oreille pour avoir le plaisir d’entendre la vie végétale et animale, reconnaissant par exemple le bruit des oiseaux qui dépliaient leurs ailes pour s’envoler. « Ne percevez-vous pas la musicalité de la nature qui rend ce lieu si unique ? Il me semble parfois entendre le chant des muses, mais seulement lorsque le soleil tombe sur la ville ». Elle retira enfin son doigt des lèvres d’Orion et par la même occasion se mit à reculer à nouveau. « Je doute que vous acceptiez de rester aussi tard » dit-elle tout en se retournant. Orion n’eut besoin que de quelques pas pour la rattraper, mais elle tourna brusquement à gauche, baissant la tête pour éviter une branche d’arbre à sa hauteur. Elle s’aventurait sur un chemin dont on ne voyait pas le bout tant il y avait d’arbres imposants qui brouillaient la vue. Cependant elle ne s’en inquiétait pas puisqu’elle le prenait à chaque fois, le reconnaissant à cet arbre dont elle avait esquivé la branche quelques secondes plus tôt. « C’est d’ailleurs fort dommage que vous ne soyez pas désireux de rester tardivement, l’endroit de nuit est encore plus beau et calme »

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MessageSujet: Re: [T] Danger is not always what you think ♣ Circée   Lun 27 Sep - 22:12


CIRCEE & ORION ♣

Le silence fut l’unique réponse qui fut fournie à Orion alors qu’il l’avait taquinée sur les hommes riches et précieux qui occupaient le palais. Il l’interpréta alors comme une sorte d’approbation dissimulée. Pouvait-elle réellement se permettre de critiquer les personnes qui accompagnaient son quotidien ? Si toutefois, le maitre d’armes se montrait bourru et incisif dans ses jugements, Circée une nouvelle fois préférait jouer la carte de la discrétion. Nul doute qu’on lui avait inculqué une certaine franchise mais le respect que son éducation exigeait conduisait un peu sa manière de faire malgré elle. L’ombre d’un instant, il crut déceler au fond de son regard noisette une pointe de nostalgie et de rêverie, c’est pourquoi il n’osa pas insister. Après tout, son propre avis était peut-être un peu trop tranché mais il ne pouvait s’empêcher de ressentir un soupçon de jalousie à l’égard de ceux qui ne manquaient de rien. Toutes les journées qu’Hélios leur accordaient, ils erraient dans les couloirs de marbre de la grande villa, ils flânaient dans les marchés à la recherche d’un nouveau trésor dont eux seuls pourraient en acquitter la somme colossale. Parfois, il leur suffisait de baiser une jolie main féminine et de leur adresser un sourire tout en se présentant sous leur nom réputé et reconnu pour obtenir leurs faveurs. Malgré la récente démocratie, les inégalités demeuraient presque les mêmes. Les riches restaient riches, les pauvres gardaient leur champ. Si on pouvait observer une amélioration pour ces derniers, les citoyens lambda et modestes tels qu’Orion ne voyaient que le même quotidien depuis de nombreuses années. Rien n’avait changé. Dans trois ou quatre années tout au plus, le professeur d’armes se verrait dans l’obligation de penser à l’héritage familial et alors il se trouverait une gentille Athénienne qui ne rechignerait devant rien. Le bonheur de Daphné était sa priorité, son érudition et sa beauté époustouflante donneraient peut-être une chance à sa cadette de sortir de ce cercle vicieux de la classe sociale grecque.

Circée brisa alors leur nouveau mutisme en redescendant brutalement Orion sur terre. Comme si elle avait lu dans ses pensées, elle le questionna sur sa culture, son éducation. Laissant échapper un rictus ironique, il toisa la jeune femme du regard. Avait-il donc l’air si stupide de ne rien connaitre que son métier ? Croyait-elle vraiment qu’il se complaisait toute la sainte journée à entrainer des garçons qui n’avaient pas plus de poil au menton qu’ils n’avaient de jugeote ? Fort heureusement, il se montrait bien heureux d’avoir un entourage qui mettait un tant soit peu le nez dans les choses plus philosophiques de la vie. « Que croyez-vous donc ? Que je traine les mains dans la poussière et que je m’y plais comme un cochon se complait dans sa fange ? » Son ton se montrait offusqué et vexé. Bien sûr, elle n’avait pas totalement tort. Orion était incapable de reconnaitre les sons d’une mélodie, il n’y connaissait rien en astronomie et sa lecture fluide des écrits ne datait que de quelques années. Néanmoins, sa sœur Daphné, maitresse de quelques enfants enseignait les arts. Elle n’avait pas suivi le chemin de la paysanne avec l’épi de blé planté dans les cheveux. Leurs parents avaient immédiatement reconnu en elle le goût des études et elle réussissait tant bien que mal. Ses bonnes bases en médecine donnaient également du fil à retordre aux savants scientifiques qui ne supportaient pas la concurrence, surtout quand elle s’avérait féminine. On ne laissait pas la place qui revenait de droit à Daphné mais elle en avait les capacités. Devait-il également mentionner Corban ? Corban, son meilleur ami, son frère de cœur, son confident. C’était un poète aguerri, Orion ne comptait plus les personnes qu’il avait fait succombé avec ses belles paroles et ses vers mélodieux. Quand ils prenaient du temps ensemble, c’était la confrontation des cultures : l’abstrait et le concret, la finesse et la fougue, la douceur et la violence. Tant de contraires qui faisaient des deux compères les inséparables Athéniens qu’il ne fallait pas croiser lors de leurs escapades.

Se plantant devant lui, Circée mit fin à la réflexion de l’Athénien. Elle lui ordonna de se taire pour mieux apprécier le sifflement du vent et le froissement des feuilles. S’il avait l’ouïe fine, c’était certainement pour entendre le bruit d’une lame prête à asséner un coup plutôt qu’un oiseau qui chante. Alors qu’elle posait un doigt sur ses lèvres, il s’exécuta alors et tenta d’entendre la musicalité qu’elle évoquait. L’endroit était reposant, on ne pouvait renier qu’ici la nature avait son emprise et son influence. Lui-même parfois paraissait entendre des voix venues d’un autre monde tellement elles fendaient l’air avec harmonie. Mais il ne s’attardait jamais dessus, il était bien trop aux aguets pour prendre le temps de se détendre. Sans qu’il ne s’y attende, le contact entre l’index de Circée et la bouche d’Orion se rompit. Elle reprit son chemin comme si de rien n’était, comme si elle était déçue qu’il ne puisse percevoir ce qu’elle entendait elle. A cet instant précis, Orion aurait tout donné pour être un de ces érudits qui étaient capables de parler de ces jolies choses idéalement. Mais ce n’était pas lui. Tandis que Circée bifurquait sur un chemin moins emprunté, repris par la nature sauvage, elle laissait sous-entendre qu’elle ne se faisait pas d’illusion et que bien vite il regagnerait sa modeste demeure. Qu’elle se trompait à ce moment-là mais Orion ne voulut pas lui faire remarquer. Inquiet de l’inconscience de la jeune femme, il prit alors les devants. « Peut-être resterai-je plus longtemps si toutefois vous m’y invitez. » Il attrapa doucement sa main pour la faire ralentir puis il se mit devant elle pour ouvrir la marche. Si un obstacle décidait à s’interposer, il serait le premier à y faire face. Continuant d’avancer, il passa sa main dans ses cheveux rebelles puis il risqua un regard vers la cadette des Paris. « Mais vous, chère Circée, personne ne vous attend dans votre grande forteresse ? De toute évidence, vos esclaves s’inquiéteront de votre absence. Et on croira alors que je vous ai enlevée. » Il lui jeta un regard carnassier et malicieux comme si l’idée de la kidnapper le tentait même s’il n’en tirerait rien d’autre que la haine de l’Assemblée. Écartant les quelques branches vicieuses de leur passage, son esprit se confondait en de nombreux dilemmes. Rester n’était peut-être pas la meilleure idée de la journée.

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MessageSujet: Re: [T] Danger is not always what you think ♣ Circée   Sam 2 Oct - 15:51

    Un fin sourire se dessina avec douceur sur les lèvres de Circée qui surprise de la remarque d’Orion ne réagit même pas lorsqu’il lui attrapa délicatement la main pour passer devant elle. Craignait-il qu’ils ne rencontrent un danger dans cette vaste nature ? Certainement. Cependant les pensées de la jeune femme étaient tournées ailleurs, elle avait en effet encore à l’esprit les quelques propos qu’il avait tenu à son égard « Peut-être resterai-je plus longtemps si toutefois vous m’y invitez ». Elle apprécia non seulement la phrase en elle même mais aussi la légèreté qu'elle dégageait. En effet, en aucun cas sa remarque ne fut lourde, elle sous-entendait même que la décision qu'il reste ne tenait qu'à l'envie de Circée et seulement à cette dernière. Elle fut donc ravie de l'écarter de la liste des gros bourins ... il avait beau être un guerrier reconnu et non un poète talentueux, il savait manier l'art de la parole. Si bien que la curiosité de la jeune femme se fit plus grande et plus pesante. Se pourrait-il qu’il accepte de rester tardivement à ses côtés ? Peut-être. Certainement. Oui. Evidemment. Au sinon il n’aurait pas pris la peine d’un tel sous-entendu. Elle s’apprêta alors à répliquer lorsqu’il la devança avec une remarque qui la fit sourire de plus belle, mais pour une raison différente cette fois-ci. Circée ne put s’empêcher de se souvenir de la première fois … lorsqu'elle avait seize ans ...

    Elle se retrouvait dans le passé, huit ans en arrière. Elle s’enfonçait dans la campagne à vive allure ... elle courrait si vite qu’elle ne prêtait guère attention aux différents chemins qu’elle empruntait. Son rire était la seule mélodie qu’on percevait dans la nature. C’est alors qu’un autre son se fit entendre, une autre voix. Celle de son amie. Elle venait de la rattrapait avec difficulté, elle avait perdu du temps à se décider de la suivre ou pas lorsqu’elle avait finalement fait le choix de vivre une soirée inoubliable. Elles avaient donc parcouru la campagne ensemble. D’abord elles avaient traversé la colline du Pnyx, ensuite celle des Nymphes, et pour finir les voilà arrivées dans celle des Muses. Elles avaient doucement commencé à ralentir le pas, respirant de plus en plus fort, de plus en plus vite, pour finalement s’arrêter d’une part pour reprendre leur souffle mais d’autre part pour entendre les chants des Muses. Le soleil venait de se coucher sur Athènes et les derniers rayons lumineux disparaissaient petit à petit lorsque leurs oreilles purent percevoir une magnifique mélodie. Heureuses de ne point avoir attendu pour rien elles décidèrent finalement de faire marche arrière, reprenant leur course en riant aux éclats. Mais malheureusement elles se retrouvèrent bientôt dans l’obligation de ralentir pour tenter de reconnaître les chemins qu’elles avaient précédemment pris. Ce fut bien difficile, et à de nombreuses reprises elles revinrent sur leur pas étant donné qu’à cause de la nuit tout paraissait si différent. Cependant à aucun moment la crainte ne les toucha … certainement l’insouciance de l’âge … ou peut-être leur foi en les dieux qui à leurs yeux les guidaient. La nuit était tombée depuis quelques heures lorsqu’enfin elles sortirent de la végétation abondante pour retrouver l’Agora, le centre de la ville. Elles se quittèrent en échangeant un sourire, et Circée prit la direction du Quartier du Sud tandis que son amie s’en alla dans le Quartier Est, dans la demeure occasionnelle dans laquelle elle vivait avant de repartir pour une autre ville ... Les servantes accoururent lorsqu’elles virent l’adolescente aux longs cheveux noirs et aux habits sales franchir le seuil de la demeure. Très vite elle les rassura, calmant leur inquiétude et en même temps qu’elle prit un bain digne de sa fortune, elle leur compta cette nuit aussi euphorique qu’inoubliable. Fort heureusement ses parents n’en surent rien puisqu’ils dormaient lorsqu’elle était rentrée et accordant une grande confiance aux servantes, ils n’avaient guère senti le mensonge lorsque ces dernières leur avaient dit que Circée était chez une amie et qu’elle serait de retour au coucher du soleil.

    Ce souvenir illumina son visage tandis qu’elle reporta son attention sur Orion qui attendait depuis seulement quelques secondes sa réponse. Certainement devait-il pensé que le sourire de la jeune femme remplaçait ses mots, mais il se trompait. «De toute évidence, les servantes ont appris à ne plus s’inquiéter de mes absences nocturnes» dit-elle en lui attrapant à son tour délicatement la main pour l’arrêter. Elle s’approcha de son oreille pour lui chuchoter : «Mais c’est un secret». Elle lui adressa un sourire complice tandis qu’elle passa devant, reprenant sa place initiale en lui lâchant la main. Cependant elle se retourna pour lui faire face et tout en marchant doucement à reculons, elle reprit: «Il est possible qu’on croit que vous m’ayez enlevée. Après tout vous avez failli m’embrocher, ensuite me couper la gorge de votre lame alors me kidnapper, voyons c’est dans vos cordes …». Elle ralentit petit à petit ses pas pour finalement s’arrêter complètement lorsqu’elle sentit son dos touché un tronc d’arbre. A côté de ce dernier il y avait un chemin qui semblait également soumis à la végétation, Circée comptait le prendre à condition qu'Orion l'accompagne, au sinon elle allait rester ici à essayer de le convaincre. «J’ai une bien meilleure idée, qui peut vous éviter la haine de toute l’Assemblée réunie. Je vous invite à rester à mes côtés tardivement, afin de peut-être percevoir le chant des Muses ... ou … afin de passer encore plus de temps avec moi». Circée en avait perdu son sourire. Non pas qu’elle trouve contraignant de tenir de tels propos ni que l’envie ne lui déplaise, simplement elle était très sérieuse et sincère. A vrai dire, elle avait utilisé le chant des Muses comme prétexte pour qu’Orion accepte de rester plus tard que prévu avec elle et la fin de sa remarque révélait plus ou moins cette vérité qu’elle ne lui avait pas clairement dite. Elle était désormais immobile et bien qu’elle le cachait en semblant tout à fait calme, elle était impatiente de la réponse qu’allait lui fournir Orion. Sans doute si cette dernière était positive, Circée retrouverait son sourire immédiatement … mais elle n’était pas certaine qu’il accepte même si elle l’espérait. Maintenant qu’il était là, en face d’elle, son regard plongé dans le sien, il n’était pas question de le laisser partir pour n’espérer que le croiser dans le Palais, non … c’était hors de question
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MessageSujet: Re: [T] Danger is not always what you think ♣ Circée   Dim 3 Oct - 21:20


CIRCEE & ORION ♣

Ne s’était-il pas promis de s’offrir un moment à lui durant lequel aucune âme qui vive ne saurait déranger son répit ? Son réveil n’avait-il pas été motivé par la prochaine promenade solitaire qu’il daignerait enfin se procurer après des semaines d’entrainement sans relâche ? Toute la journée durant, qu’il pleuve, qu’il vente ou que la chaleur soit écrasante, Orion devait garder toute sa concentration dirigée vers ses élèves qui profitaient du moindre relâchement pour baisser les armes. Enfin il avait trouvé le temps de penser à lui et à lui seul. Si son métier lui devait une sociabilité sans faille, l’Athénien avait souvent besoin de temps à lui pour pouvoir se remettre les idées en place, sans qu’aucune influence quelconque ne vienne le troubler. Cette certitude s’était ancrée profondément dans sa tête mais voila qu’il avait suffi qu’il s’aperçoive de la présence de Circée pour que toutes ses bonnes résolutions ne volent en éclats. Il avait tout le loisir de refuser sa proposition et de tourner les talons pour vaquer à l’occupation qu’il s’était promise. Pourquoi alors n’en ressentait-il plus l’envie ? Comment une simple représentante de l’Assemblée qu’il n’avait que seulement aperçu à plusieurs reprises était-elle capable de faire changer les désirs d’Orion à sa guise ? Elle n’était qu’une inconnue pour lui, une femme parmi tant d’autres qu’il avait néanmoins remarquée. Du moins, il tentait de s’en convaincre à l’heure actuelle. Visiblement, rester en sa compagnie n’était guère la meilleure solution à adopter mais Orion avait envie de faire preuve de spontanéité, comme lorsqu’il était gamin et qu’aucun ordre ne parvenait à lui faire entendre raison. « La rigueur et l’assiduité sont les meilleures forces qu’un homme puisse posséder, Orion Attis, ne l’oublie jamais. » A ce moment là, intérieurement le maitre d’armes se murmurait "Et bien ne m’en veux pas alors pour mon inconstance cette fois-ci… "

Alors que Circée reprenait sa main pour lui chuchoter la confiance que lui portaient ses domestiques, un faible sourire satisfait apparut sur le visage de l’Athénien qui se détendait peu à peu. Malgré toutes les règles qui entouraient le quotidien d’une femme de bonne famille comme une fille de Paris pouvait l’être, il n’avait aucun mal à imaginer l’indépendance pour laquelle Circée devait se battre chaque jour. Si en public, elle se dévoilait comme tout le monde voulait la voir, en privé, elle n’était plus la même sinon une jeune femme accomplie et parfaitement assumée. Lui faisant face, elle laissait entendre qu’après les multiples attaques qu’il avait esquissées à son égard, nul doute qu’il était capable de l’enlever. Le regard presque coupable, il finit par hausser les épaules, guettant du coin de l’œil l’obstacle qui ne manquerait pas de faire tomber Circée si néanmoins il y en avait un. « Je ne doute guère qu’une rançon pour vous retrouver couvrirait mes dépenses pour le restant de mes jours. » La princesse stoppa ses pas contre un arbre qui barrait sa route. Adossée contre, elle arborait un air si réfléchi et interrogateur qu’Orion redoutait ses prochaines paroles. Allait-elle le mettre face à un nouveau dilemme ou bien se risquerait-elle à le critiquer encore une fois ? Son invitation frappa de surprise le jeune homme bien qu’elle ne faisait que reformuler sa précédente question. Elle s’attendait certainement à ce qu’il lui réponde rapidement, la patience n’était probablement pas l’une de ses valeurs les plus reconnues. Perdu face à un choix si tentant, son esprit modeste se confondait en de multiples suggestions pour comprendre l’intérêt qu’elle avait à demeurer à ses côtés. S’ennuyait-elle si fortement qu’elle acceptait même la présence d’un professeur de combat qui ne pouvait pas lui compter mille et unes douces histoires ou lui réciter quelques vers qui feraient flancher son cœur ? Il était toujours temps de faire volte-face avec dignité et de séparer leur chemin pour longtemps. Malheureusement, Orion ne fuyait jamais. Principalement devant l’ennemi. Il n’allait pas esquiver Circée sans une valable raison. C’est pourquoi il s’avança vers elle jusqu’à entourer sa taille de son bras. Réduisant la distance qui les séparait, il pivota en même temps pour prendre la place qu’elle avait adoptée quelques instants avant. Presque confus d’avoir faire preuve d’une telle audace, Orion la relâcha sans un mot avant de passer la même main dans ses cheveux. « Je suppose que je ne peux refuser cette invitation. Avec un peu de chance, les Muses nous suivront dans cette escapade insensée. »

Sans même lui laisser le temps de réagir, Orion jeta un dernier coup d’œil à Circée avant d’emprunter le chemin qui s’offrait à eux. Sa réponse était insensée, ce moment était insensé. Pendant des semaines, l’Athénien avait médité et pesé nombreuses raisons pour l’aborder, dans le simple espoir de la connaitre. Et voilà qu’Hermès, dieu de la Chance, avait décidé de faire rencontrer ces deux âmes différentes dans un lieu qui n’appartenait qu’à des âmes invisibles et insaisissables. Peut-être une Muse l’envouterait-elle en cette soirée, il osait le souhaiter. En acceptant de rester avec elle jusqu’à la tombée de la nuit, Orion lui laissait alors tout le loisir de lui faire découvrir ce qu’elle connaissait à la perfection. L’éternelle réserve qu’il avait émise face à toutes ces connaissances superflues et spirituelles tombait alors face à la volonté de faire de la fille de Paris. Si elle ne parvenait pas à lui faire comprendre ces nouvelles choses ce soir, elle aurait toutefois mérité d’avoir ouvert un peu l’esprit borné d’Orion qui se complaisait dans la guerre, les idées concrètes et la réalité. « Et bien chère Circée, j’ai l’honneur de vous annoncer que j’ignore où nous nous dirigeons. » Une fossette malicieuse se logeait sur le coin de ses lèvres alors qu’il souriait, malgré tout confiant de ses pas. Une main sur le manche de son glaive, Orion était prêt à écouter n'importe quel ordre de Circée. Si elle avait appris lors de son enfance studieuse comment se retrouver dans les labyrinthes des collines d'Athènes, c'était le moment d'en faire part. C'était tout juste si Orion savait reconnaitre le moment de la journée à la position d'Hélios, il n'était certainement pas des meilleurs guides quand il ne s'agissait plus d'un champ de bataille. Quel ignorant ! S'arrêtant net comme s'il avait remarqué une anomalie dans la flore sauvage, il finit par lever le doigt tel un sage en passe de parler puis avec un air très sérieux, il déclara, la voix faussement autoriraire: « On m'a toujours dit: Suis le chemin jusqu'à ce qu'il n'y en ait plus. Stupide n'est-ce pas ? » Réflexion tout à fait inutile et fortement ridicule mais le stress d'Orion se démontrait bien souvent en de paroles qui ne méritaient pas d'être réitérées. Reprenant ses pas, il poursuivit: « Je préviens, ne comptez pas sur moi pour retirer le premier reptile qui s'abat sur votre chevelure soignée et coiffée. »

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MessageSujet: Re: [T] Danger is not always what you think ♣ Circée   Lun 4 Oct - 12:36


(c) glimpseofmach
    Circée était perplexe. Le long silence qui commençait à s’installer la poussait à douter. Pourquoi ne disait-il nul mot ? Pourquoi ne lui adressait-il aucune réponse ? Pourquoi restait-il muet ? Elle avait espoir qu’il accepte son invitation pour la simple et bonne raison qu’étant d’un optimisme borné elle ne pouvait concevoir qu’il refuse. Cependant elle se devait d’envisager cette possibilité, après tout il était peut-être en ce moment même en train de chercher un argument valable à lui soumettre pour s’excuser de devoir la quitter. Certes il était préférable qu’elle s’attende à tout mais elle ne le fit point et demeura aussi positive qu’à son habitude, commençant même à émettre l’hypothèse qu’il s’amusait peut-être à la faire languir. Ne serait-ce que par audace … il avait bien prouvé qu’il en était capable précédemment. Mais il était nécessaire qu’elle conserve la même expression lisible sur son visage, qu’importe ce qui allait advenir. Plus facile à dire qu’à faire … ce n’était pas tant le contact physique avec Orion qui la déstabilisa, mais plus la si faible distance qui les sépara … à un point qu’elle n’osait l’admettre. Certes elle essaya tant bien que mal de ne rien laisser paraître mais ne fut guère certaine d’y parvenir. La jeune femme ne le quittait plus des yeux, se noyant dans son regard azur si intense et profond. Elle fut cependant bien vite ramenée à la réalité lorsqu’il se décida enfin à accepter son invitation, même s’il sous-entendait ne pas en avoir entièrement le choix. Ce n’était point faux. Circée était véritablement désireuse de passer du temps avec lui, afin de pouvoir le connaître. Cependant elle pouvait comprendre que ce ne soit pas réciproque, mais elle tenait tout de même à ce qu’il la découvre autrement qu’à travers l’image que les rumeurs donnaient d’elle. Si par la suite –en d‘autres termes après cette escapade- il n’avait point apprécié ni sa compagnie ni sa personne, elle ne lui en tiendrait pas rigueur et accepterait même son point de vue. Dans ce cas-ci, ils se quitteraient sur une simple formule de politesse avant de retrouver leur vie respective et se contenteraient de s’apercevoir dans le Palais sans s’adresser la parole. Elle espérait pourtant que ce ne soit en aucun la tournure que prendrait leur relation, mais elle n’avait pas le pouvoir de choisir, elle devait se contenter de vivre cette histoire sans en connaître son avenir.

    Pour l’instant, le courait semblait bien passer entre eux deux, au plus grand plaisir de Circée qui se plut à ne lui donner aucune indication sur la route, il avait voulu passer le premier, à lui d’assumer. Elle eût même un léger rictus lorsqu’elle entendit sa remarque. Il ne connaissait guère ce sentier, et n’avait aucune idée de sa destination. Fort heureusement ce n’était point le cas de la jeune femme qui savait exactement où ils se rendaient en continuant sur ce chemin. Mais elle prenait plaisir à le faire languir à son tour en restant silencieuse, en se contentant de l’observer et de l’écouter. Cette fois-ci ce fut un large sourire qui étira les lèvres de Circée, amusée par l’attitude et les propos d’Orion qui faisait le comique. Elle commençait à croire que sa compagnie allait lui être encore plus agréable que prévue, il n’était pas chose ordinaire de voir des inconnus se lâcher en sa présence comme si elle n’était qu’une fille du peuple. D’habitude les gens se tenaient correctement en sa présence, évitant toute forme de plaisanterie et surtout d’audace. Or Orion n’hésitait pas à la taquiner voir même la provoquer, et sa dernière remarque en témoignait ouvertement. La voyait-il donc uniquement comme une fille superficielle et riche dont la seule préoccupation était l’aspect de sa chevelure ? Et bien il se trompait même s’il n’avait pas entièrement tort dans la mesure ou l’éducation studieuse, disciplinée et stricte de Circée avait énormément influencé sur son caractère. Nombreuses sont les règles qu’elle avait dû suivre depuis son enfance, parce que même à cette époque, elle n’obtenait pas le pardon de ses parents si elle osait désobéir ou aller à l’encontre de leur autorité. On ne lui avait guère laissé le choix quand à l’importance qu’elle voulait donner à son image, on lui enseigna à y prendre soin qu’elle le veuille ou non. Elle était ainsi devenue assez coquette mais ne considérait guère cette caractéristique de sa personnalité comme un défaut. Cependant en l’entendant de la bouche d’Orion, elle ne put se retenir de rire à vive voix.

    «J’ai beau être coquette, votre ignorance dépasse de loin la mienne. Ne savez vous point que les reptiles sont loin d’être aussi dangereux qu’ils n’en paraissent ?» dit-elle en lui attrapant à nouveau la main pour le faire encore une fois ralentir. De cette façon elle passa devant lui avant qu’il n’ait pu dire quoi que se soit et continua d’avancer. Du coin de l’œil elle le regarda en répliquant avec toute l’audace dont elle était capable : «Bien qu’il semble y avoir des exceptions … dans cette vaste colline». Son sourire provocateur appuya sa remarque au point de la rendre encore plus osée. Elle faisait évidemment allusion à Orion lui-même en parlant ‘des exceptions’. En effet elle le taquinait encore quant aux deux fois où il avait posé sa lame sur sa peau volontairement. Elle n’était guère prête à l’oublier étant de nature très rancunière. De plus, l’occasion de lui faire une telle remarque ne risquait peut-être pas de se présenter à nouveau, car si Circée s’y connaissait assez sur les reptiles pour pouvoir en discuter, il n’en était pas de même pour tous les sujets existants. C'est alors que soudainement elle crut bon de le prévenir de quelque chose avant qu’il ne prenne la parole et se retourna brusquement vers lui en s’arrêtant net. «Si vous pouviez vous contentez de rester derrière moi afin que nous arrivions à notre première destination avant la tombée de la nuit, se serait très aimable à vous ». Elle marqua un blanc volontaire avant de reprendre: «Vous n’aurez qu’à surveiller mes arrières guerrier, vous verrez qu’il y a autant de danger qu’à l’avant». Circée ne mâchait point ses mots. Elle se moquait ouvertement de l’attitude de combattant d’Orion qui était à l’affut du moindre ennemi inimaginable. Depuis quand la colline des Muses était devenue un lieu dangereux ? La jeune femme semblait peut-être inconsciente mais elle s’était tellement de fois rendue dans cet endroit qu’elle le connaissait aussi bien que le Palais lui-même. Ainsi ne comprenait-elle point l’entêtement d’Orion à chercher le danger lorsqu’il n’y en avait pas. Certes il avait passé sa vie à combattre, mais il fallait qu’il se rende compte qu’il existait des instants où il pouvait poser les armes sans inquiétude. Circée reprit alors le pas en se demandant s’il allait accepter de rester derrière, ou au contraire refuser et le manifester d'ici peu de temps
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MessageSujet: Re: [T] Danger is not always what you think ♣ Circée   Jeu 7 Oct - 19:43


Si Circée avait eu la chance de ne pas connaitre Orion qu’en superficialité, elle connaitrait alors toute la fierté de déceler sa gêne. En général son humour était fortuit auquel on avait le droit uniquement quand il était sous le coup d’une pression certaine. Mais le professeur n’en perdait pas tous ses moyens pour autant. Bien entendu qu’il se manifesterait si toutefois un quelconque danger ne menacerait la jeune femme que ce soit pour sa propre vie ou même ses cheveux peignés avec soin. Néanmoins, il semblait vouloir instaurer une distance entre eux qui n’avait lieu d’être puisqu’ils se faisaient face pour la première fois ce jour même. Ses mots futiles et éphémères n’étaient là que pour faire oublier la proximité qui s’instaurait entre les deux jeunes gens au fur et à mesure qu’ils se parlaient et se découvraient. Ses paroles paraissaient la divertir, peut-être les illettrés éduqués dans les champs avaient-ils plus le sens de l’humour que ses compagnons de richesse ? Orion s’amusait alors à se former l’image de quelques-uns de ces mâles aisés et maniérés tentant d’esquisser une boutade maladroite à laquelle Circée se sentirait obligée de sourire. Il n’avait pas envie de la ménager sous prétexte que son nom prêtait à discipline et vénération. Au contraire, Orion prenait un certain plaisir à se montrer encore plus bourru qu’il n’était, rien que pour bousculer la jeune femme dans ses habitudes. Après tout, n’était-ce pas elle qui l’avait conviée à une promenade qui se plongerait jusqu’à la nuit tombée ? Elle allait donc supporter ses manières qu’elles lui soient agréables ou non. Circée se vantait tellement de connaitre tout du monde, d’être aussi érudite qu’elle était belle à voir que l’Athénien ressentait le besoin de lui démontrer le contraire. Dans ce vaste monde, il y avait toujours quelque chose à apprendre. Athènes même regorgeait de surprises et de découvertes que personne n’avait alors déterrées. Leurs divinités si choyées demeuraient tout de même les plus grands mystères de l’univers. Jamais personne ne pourrait alors se dire savant de tout. Cette escapade promettait d’être riche en rebondissements autant pour l’un que pour l’autre.

La remarque affutée de Circée ajouta un rictus de plus sur le sourire déjà présent d’Orion. Il essayait tant bien que mal de le dissimuler mais la présence de la princesse semblait l’apaiser tout autant qu’elle le fascinait. Il haussa les épaules l’air nonchalant avant de déclarer, sur un ton je-m’en-foutiste : « Sachez que les exceptions peuvent parfois sauver une vie. Ne les négligez pas. » Pour la forcer à continuer son chemin, il exerçait alors une légère pression sur son dos tandis qu’il parlait. Orion était des hommes qui nécessitaient de l’attention et de l’intérêt. Il était inconcevable qu’elle l’ignore ou le néglige maintenant qu’elle avait réclamé sa présence. Mais il fallait croire que Circée aimait provoquer la surprise. Se stoppant net face à lui pour la dixième fois manquant de lui rentrer dedans une nouvelle fois, elle le somma alors de rester derrière pour qu’elle le conduise jusqu’à leur première destination. La surprise se lut sur le visage du maitre d’armes. Ainsi donc il y avait une destination, un but à ces pas pourtant errants ? Elle comptait donc le mener quelque part tout en lui gardant la surprise ? Circée n’avait-elle pas déjà fait les frais des réactions violentes d’Orion lorsqu’il faisait face à une surprise ? Néanmoins, il ne dissimula pas sa susceptibilité et annonça dédaigneux : « La moquerie vous va si mal au teint. Tâchez de vous contenter de ce que vous avez et conduisez-moi à vos muses si chantantes. » Alors qu’il s’apprêtait à la laisser reprendre leur route, il se ravisa cependant, une mauvaise idée germant dans son esprit narquois. L’Athénien se pencha vers elle puis il prit volontairement un air ahuri et totalement stupide. Son regard bleu clair se dirigea alors vers les hauteurs feuillagées avant de dire : « Mais qu’ouïe-je ? Les muses… Que nous murmurent-elles ? Puisse la chère Circée Calypso nous faire profiter du silence reposant de la forêt et qu’elle cesse toute raillerie. » Il planta son regard malicieux et moqueur dans le sien puis toucha du bout de l’index son nez comme à une enfant avant de finir : « Je plussoie les créatures de la nature. Ne jamais les négliger. » Satisfait de sa critique, il se redressa, bombant le torse avant de s’enraciner sur place. N’avait-elle pas sollicité qu’Orion reste à ses arrières pendant qu’elle mènerait la marche ? Ne surtout pas aller à l’encontre des désirs d’une femme même si l’on pouvait se permettre quelques ironies de temps à autre.

« Menez-moi où bon vous semble, je suivrai vos pas. » Ces derniers mots étaient prononcés d’une façon plus posée, peut-être plus sérieuse. Provocations à part, Orion souhaitait réellement partager cette journée avec Circée. Elle lui avait démontré de l’attention, malgré tout une certaine fierté inexpliquée se développait dans le corps et le cœur du maitre d’armes. Il avait beau lui démontrer moquerie et parfois irrespect, il n’en restait pas moins impressionné d’avoir pour compagne une femme dont la réputation la précédait de loin. Il lui suffisait alors de la considérer quelques minutes, le temps qu’elle ne s’en aperçoive pas, et son esprit s’enflammait en de suggestions et suppositions les plus farfelues les unes que les autres. Après avoir remis en place le plastron qui commençait à serrer la poitrine, il décida alors de prendre les devants afin de satisfaire sa curiosité. Saisissant le poignet de Circée, il décida alors qu’ils marcheraient au même niveau tous les deux pour faire face aux mêmes surprises et pour découvrir les mêmes choses. Mais alors qu'il allait se décider à obéir aux directive de la fille de Paris, un bruit suspect l'arrêta net dans ses mouvements. Il était conscient de sa méfiance qui dépassait parfois les bornes mais on n'était jamais trop prudents. Les récits de héros pris au dépourvu avaient suffi à lui faire acquérir une prudence à toute épreuve. D'autant plus que de réels bruits de pas se faisaient entendre parmi le feuillage dru de la colline des Muses. Entrainant Circée à l'ombre d'un tronc large, il posa une main ferme sur sa bouche alors que l'autre remontait le tissu de lin blanc sur la tête de la jeune femme. La serrant contre lui sans l'étouffer, il se justifia alors dans un chuchotement presque inaudible près de son oreille: « Ca, ce n'est certainement pas un reptile... »

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MessageSujet: Re: [T] Danger is not always what you think ♣ Circée   Lun 25 Oct - 9:50

    Il n’existe que deux catégorie d’inconnus, il y a ceux qui resteront et il y a ceux qui partiront. Aux yeux de Circée, le guerrier rentrait dans la première des deux parce qu’elle avait beau lui adresser la parole pour la première fois, nul doute qu’elle se sentait bien à ses côtés. Il était différent des nombreux autres hommes qu’elle avait côtoyé durant toute sa vie, et autant vous dire qu’elle en avait connu assez pour pouvoir parler d’expérience. Certes elle était loin de collectionner les relations d’une nuit comme Calixte, mais bien souvent les discutions des deux sœurs portaient sur les hommes. Allez savoir pourquoi, elles s’entendaient parfaitement bien quand la conversation se tournait sur les Athéniens. Elles pouvaient en discuter des heures entières sans être confrontées à des blancs, même si l’ainée avait évidemment plus de choses à dire que la cadette. Enfin, Circée ne le montrait point car ce n’était pas dans sa nature, mais elle était surprise quant au personnage d’Orion. Il ne l’a ménagée pas, l’a provoquée, l’a taquinée, il s’en moquait pourtant il se montrait attentionnée, attentif, amusant et très protecteur. Un mélange pour le moins original. Elle n’était pas habituée à faire face à une personnalité qui pouvait passer d’un conseil avisé -quant à un danger quelconque- à une attitude totalement irrespectueuse. Pourtant elle ne pouvait nier apprécier. Et même adorer. A moins que sa mémoire ne soit soudainement devenue déficiente, Circée ne se souvenait guère s’être autant amusée avec un parfaite inconnu. Pourtant elle avait l’esprit très ouvert. Certainement le nom de son père faisait fuir toute envie de la faire rire au risque de ne pas y arriver...

    Peut-être Orion était-il doué d’un certain humour ou tout simplement était-il assez audacieux pour ne pas craindre d’irriter la cadette de Paris ? En tout cas, elle n’allait pas lui demander d’adopter une meilleure attitude pour la simple et bonne raison qu’elle trouvait un réel plaisir à le provoquer à travers de simples propos qui devenaient rapidement des paroles à doubles sens. Puis Circée était bien, normale, en confiance, à l’aise, elle n’avait pas à se sentir obligée d’être polie et de faire attention à ce qu’elle pouvait dire … elle pouvait se permettre de lui parler comme bon lui semblait en était certaine qu’il riposterait sur le même ton et qu’elle ne l’offenserait d’aucune manière. La preuve, il n’hésitait pas à lui dire – en faisant appel aux prétextes des murmures des muses - au combien il désirait qu’elle poursuive la marche en évitant ‘toute raillerie’. Comme si c’était possible ? Elle se divertissait bien trop pour concevoir ne serait-ce une seule seconde stopper ses provocations à l’égard d’Orion. Et la remarque de ce dernier ne l’avait guère blessée, elle l’a prise même avec le sourire. En faîte ce qui lui put le plus, fut la facilité avec laquelle il accepta de rester à l’arrière. Ce qui attisa bien entendu sa curiosité allant même à la faire douter … allait-il vraiment lui obéir ? Evidemment non … à peine reprirent-ils la marche qu’elle sentit à nouveau la main d’Orion saisir délicatement son poignet afin qu’elle ralentisse afin que monsieur soit à sa hauteur. C’était trop beau pour être vrai, il ne pouvait s’empêcher d’être devant ou à ses côtés, incapable de rester derrière. Soit. Ils allaient donc continuer leur chemin ainsi, au même niveau… ou pas.

    Alors qu’elle portait son regard sur le guerrier, celui-ci s’arrêta soudainement sans un mot. Elle allait lui demander la raison de cet arrêt brusque lorsqu’à son tour, elle entendit des bruits de pas venir dans leur direction. Avant qu’elle n’ait pu dire ou faire quoi que se soit, Orion la saisit par le bras pour l’emmener à l’ombre d’un tronc d’arbre large et imposant avant de l’empêcher de parler en mettant une main sur sa bouche tandis que l’autre rabattait son voile blanc pour dissimuler un peu son visage. L’envie de lui dire d’arrêter immédiatement lui traversa l’esprit … ils n’étaient pas prêts d’arriver si le guerrier considérait chaque promeneur de la colline des Muses comme un réel danger qui menaçait leur vie. Il y avait des limites et Orion était largement en train de les dépasser. Elle eût même envie de soupirer mais se retint lorsqu’elle entendit ses propos. Certes Athènes n’était pas une ville sainte où la paix régnait à chaque coin de rue, mais de là à voir le mal partout comme même pas. Circée retira alors la main d’Orion de sa bouche pour pouvoir parler et chuchota pour éviter qu’il lui reproche de parler trop fort : «En effet, c’est une simple personne qui comme nous se promène…». Elle eût presque envie de faire une raillerie mais se ravisa lorsqu’elle devina le regard qu’était surement en train de lui lancer le guerrier. «Ecoutez Orion, votre méfiance est compréhensible mais évitez par pitié d’embrocher cet inconnu alors qu’on ignore même son identité, peut-être est-ce simplement un athénien quelconque».

    Alors que Circée eût à peine prononcé le dernier mot de sa phrase, une personne sortit de nulle part surgit devant eux, brandissant une épée à la lame aiguisée. Sans avoir réfléchi une seule seconde, elle eût le réflexe de sortir le glaive d’Orion de son fourreau en même temps que le guerrier lui-même. Résultat il le tenait à deux, et c’était même une bonne nouvelle puisqu’en tant qu’incompétente combattante elle aurait certainement eut l’air ridicule avec cette arme en main. Cependant, Circée eût vite fait de lâcher le glaive pour le laisser à Orion lorsqu’elle se rendit compte de son acte … ce n’était pas elle, ce n’était pas dans ses habitudes d’attaquer le premier venu à l’allure suspecte. Certainement le guerrier l’influençait plus qu’elle ne voulait l’admettre. En tout cas, elle était restée contre lui, immobile, fixant le nouvel arrivant armé sans un mot. Normalement et comme à chaque fois qu’elle rencontrait quelqu’un dans cette colline, Circée le saluait poliment avant de passer son chemin, mais cette fois-ci était différente. A cause de la méfiance excessive d’Orion, elle commençait à se demander si cet homme qui les menaçait de son arme n’était pas réellement dangereux … et ainsi elle se sentait en sécurité aux côtés du guerrier. Maintenant il restait à voir si les intentions de l’inconnu, agissait-il par méfiance ? Ou pas ? ...
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MessageSujet: Re: [T] Danger is not always what you think ♣ Circée   Dim 31 Oct - 10:17


CIRCEE & ORION ♣

Jouer le héros était certainement la dernière chose qui lui traverserait l’esprit. Comme Circée lui avait fait remarqué, il avait beau faire preuve de surprotection envers quiconque osait rester près de lui, il avait beau être sur ses gardes, incapable de se détendre l’espace d’une après-midi, ce n’était sûrement pas dans l’idée de se faire remarquer. Même plus jeune, toutes ces histoires de héros de la mythologie déchus parce qu’ils avaient sous-estimé l’unique faiblesse qui les menaçait ne l’avaient jamais impressionné. Icare, son père était alors le premier à l’avoir mis en garde contre les dangers de la vanité et de l’inconscience. Si les légendes formaient alors les exemples les plus connus, son père n’avait alors aucun mal à mentionner quelques-uns des soldats qu’il avait entrainés et qui avaient péri au combat lors d’un excès de zèle. De quoi pouvait-on se flatter lorsqu’on passait plusieurs semaines voire plusieurs mois dans le désert de l’Est, à guetter les prochains assauts des Perses qui n’avaient de cesse de convoiter la grande Athénienne qui ne manquait plus qu’à leurs conquêtes ? Pouvait-on réellement se vanter de devoir tuer des frères de chair –car toutefois le sang perse était bien différent de celui d’un Athénien, ensorcelé le disait-on ? Non, Orion n’avait en rien la carrure ni l’âme d’un héros. Circée Calypso était en son droit de se moquer de lui une nouvelle fois comme elle l’avait déjà fait auparavant. L’excès de courage était tout aussi blâmable que l’excès de prudence. L’Athénien en était parfaitement conscient mais l’avis de la jeune femme l’importait peu. Qu’avait-elle à dire, elle qui vivait dans son palais de marbre, entourée d’au moins un millier de gardes qui gardaient toujours un œil suspect sur quiconque l’approchait ? Elle devrait même s’en sentir flattée et rassurée d’avoir à ses côtés un maitre d’armes qui se préoccupait de sa vie ! Même si Orion portait un grand intérêt à ses glaives et ses armes –elles étaient ses seules compagnes quand il demeurait pendant des heures dans l’armurerie du gymnase-, il accordait une attention particulière à celle qui l’avait conviée à cette promenade peu reposante. Et Zeus savait combien de femmes il préservait ainsi. Elles n’étaient pas nombreuses. Passer dans ses bras le temps d’une nuit ne faisait pas d’elles un trésor dont il ne pouvait plus se passer au contraire. Circée était d’autant plus précieuse à ses yeux qu’il n’avait pu la déshabiller que du regard et l’étreindre seulement dans l’espoir de la défendre d’un possible agresseur. Les Vestales avaient peut-être raison dans le fond : c’est dans les relations les plus chastes qu’on y trouve le plus d’importance…

Circée se dégagea alors de sa main qui la faisait toujours taire pour lui faire une remarque. Il la toisa de son regard frustré et blessé. Elle avait peut-être tout le savoir du monde mais était-elle devineresse qu’elle parvenait à saisir les intentions d’une personne inconnue sans même l’avoir vu ou lui avoir parlé ? Dans ce cas, qu’elle lui en fasse part, ce don pourrait leur être utile durant toute la soirée. Visiblement, Orion ne réitérerait pas son geste de sitôt. Elle voulait se jouer de lui ? Soit. Elle en paierait les conséquences, une fois la nuit venue accompagnée de ses malfaiteurs sans scrupules. Alors qu’elle le sommait de ne pas embrocher le citoyen qui allait bientôt se manifester devant eux, le jeune homme haussa les épaules avant de resserrer brutalement Circée contre lui. Il ajouta alors dans un murmure menaçant : « Je me verrais contraint de l’embrocher sans même le regretter si vous avez le malheur de bouger encore une fois une mèche de vos beaux cheveux brillants et brossés. » En espérant lui avoir cloué le bec pour de bon, Orion retrouva le silence dans l’espoir de distinguer qui pouvait bien emprunter le même chemin qu’eux. La colline des Muses n’était-elle pas si vaste ? La coïncidence était-elle possible ? Dans sa méfiance innée, il en doutait. Et la jeune femme dans ses bras pouvait toujours protester, son glaive empalerait quiconque ferait un mouvement de trop à ses yeux. Foi d’Athénien.

Sans même qu’elle n’ait le temps de répliquer quoique ce soit, un inconnu fit soudaine apparition devant eux, arme en main. Ni une ni deux, Orion dégaina alors la sienne, son visage affichant une mine concentrée et peu recommandable. Toutefois, Circée elle aussi s’était senti l’âme d’une guerrière puisqu’elle s’était également emparée de sa propre arme. Faire face à deux jeunes gens qui tenaient le même glaive dans l’espoir de se défendre relevait plutôt du domaine comique et pathétique. Si néanmoins, la personne qui les affrontait du regard avait dans l’idée de les assassiner pour les dépecer de toute richesse, il serait certainement satisfait devant la scène à laquelle il assistait. Donnant un faible coup de coude à la jeune femme pour qu’elle daigne lâcher ce qui ne lui appartenait pas, il s’empressa alors de demander à l’attention de l’inconnu, d’une voix froide : « Que fais-tu ici citoyen ? La Colline ne t’offre-t-elle pas milles chemins à emprunter ? » S’avançant d’un pas juste pour dépasser Circée et lui épargner une possible attaque, il n’en gardait pas moins son glaive en main prêt à asséner de coups si un pas de trop était esquissé vers eux. L’inconnu en face d’eux, blond et un peu gringalet n’en perdait pas moins son aspect dangereux vu le regard haineux et méprisant qu’il jetait à Orion. « De quel droit suivez-vous la fille de Paris ? Ce n’est pas en exhibant votre plastron lustré que vous obtiendrez ses faveurs. » Ahuri devant tant d’accusations, un éclair stupide passa dans le regard du maitre d’armes qui fronça les sourcils. Il se permit de tourner la tête, l’air interrogateur vers l’intéressée. Vu son expression, elle ne le connaissait pas plus que lui. Reportant son attention glaciale vers son interlocuteur, il demanda alors d'une voix condescendante : « Vous êtes ? Je doute que vous ayez la carrure d’un de ces gardes du palais aussi imbéciles qu’ils ont de muscles. » Intérieurement, il espérait que Circée lui pardonnerait de l’insulte qu’il venait de proférer à l’encontre de ceux qui la protégeaient elle et sa famille nuit et jour. L’homme esquissa alors un pas vers l’inconnu qui devant la détermination d’Orion ne put se retenir de reculer à son tour. Quel courage. Il obtint enfin sa réponse bien que balbutiée : « Je suis Auguste fils d’Enée. Je… Je suivais la demoiselle. Je comptais lui parler. » Un prétendant aussi jeune ? Il ne devait pas excéder les 17 années. Eclatant dans un rire moqueur et dédaigneux, il se tourna vers Circée avant de lever les mains. « Occupez-vous donc de vos amoureux transis moi j’abandonne. »

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MessageSujet: Re: [T] Danger is not always what you think ♣ Circée   Lun 22 Nov - 17:07


    « De quel droit suivez-vous la fille de Paris ? Ce n’est pas en exhibant votre plastron lustré que vous obtiendrez ses faveurs ». A l’entente de ces paroles d’une froideur glaciale envers Orion, Circée manqua presque d’éclater de rire. Elle dût faire un effort monumental pour se retenir, pourtant ce n’était pas l’envie qui lui manquait, elle avait simplement trop de respecter pour le guerrier pour agir ainsi. Ou pas. Un léger sourire était tout de même visible sur ses lèvres. Un sourire amusé. Ce n’était guère l’accusation de l’inconnu qui avait un tel effet sur Circée, c’était plutôt la remarque moqueuse destinée à Orion ; certes ces propos étaient déplacés mais ils étaient tellement faux qu’elle ne put s’empêcher d’une part de les trouver terriblement ridicules et d’autre part d’imaginer réellement le guerrier exhibant son plastron d’un air absurde. La scène qu’elle se représenta dans son esprit était très comique. Pourtant Circée n’en fut pas moins surprise d’une telle audace venant d’un adolescent qui ne devait être guère âgé de plus de 17 ans ; la voix froide et l’air méfiant d’Orion en aurait fait fuir plus d’un, mais point lui, il était certainement courageux … ou alors totalement inconscient. Cependant elle retrouva à son tour bien vite son sérieux lorsque le guerrier vint chercher dans son regard un quelconque indice lui révélant qu’elle connaissait cet inconnu ; la réponse était non. Jamais auparavant elle n’avait eu l’occasion, ou plutôt la chance de le rencontrer ou ne serait-ce que de le croiser. Aussi non nul doute que sa mémoire lui aurait donné l’information dans les plus brefs délais, un adolescent avec une telle répartie, vous imaginez bien qu’elle s’en serait souvenue ! Et s’il y a bien quelque chose dont Circée allait se rappeler, c’est la remarque culotée qu’Orion se permis de faire sur ses gardes ! Ils n’étaient pas des imbéciles ! Et de quel droit osait-il les caractériser avec un mot aussi péjoratif que celui-ci ? Très bonne question dont elle comptait avoir la réponse tôt ou tard. Pour le moment sa seule préoccupation était cet inconnu qui se disait se nommer Auguste … ce prénom ne lui disait vraiment rien. Dans ce cas il allait devenir une nouvelle connaissance, ou plutôt un nouveau prétendant à en écouter la raison de sa venue.

    Avec un léger sourire amusé, Circée observa la réaction pour le moins claire et explicite d’Orion qui se moquait non seulement de ce cher Auguste mais certainement aussi d’elle. Enfin c’est l’impression qu’il donna, même si elle n’en fut pas blessée ou même vexée. Elle s’avança alors vers cet adolescent désireux de lui parler et l’entraina quelques mètres plus loin, pour l’éloigner du guerrier. Ils eurent alors une discussion basse pour éviter que leurs dires ne se fassent entendre aux oreilles d’autres, et surtout assez courte dans la mesure où Circée avait conscience que pendant ce temps là Orion patientait. Au bout de quelques minutes elle salua poliment Auguste qui en fit de même et repartit aux côtés du guerrier dont elle n’aurait pu dire s’il était pensif, ennuyé ou impatient. Cependant elle ne lui permit pas d’ouvrir la bouche pour dire quelque chose puisqu’elle prit la parole pour lui faire une remarque à laquelle il avait du s’attendre à faire face : «Alors comme ça mes gardes sont aussi imbéciles qu’ils ont de muscles ? Vous jugez fort mal les gens Orion, car même s’ils ne sont pas aussi doués que ce jeune Auguste pour de magnifiques déclarations, ils méritent un certain respect ». La question posée était assez oratoire puisqu’Orion avait d’ors et déjà fournit une réponse lorsqu’il avait lui-même tenu ses propos pour affirmatifs. De plus Circée ne comptait pas lui donner le temps de répliquer pour s’expliquer ou s’excuser, car elle s’avança vers lui pour se retrouver près au point qu’ils se retrouvent seulement séparés de quelques centimètres qu’elle enchaina avec une phrase dite sur un ton plus audacieux et taquin que précédemment : «Je n’ose imaginer ce que vous pensez de moi alors, sauf si la raison pour laquelle vous ne me quittez pas des yeux est plus … affective que vous ne la laissez paraître …». Pour une simple phrase, il y avait pas mal de sous-entendus dont l’un d’eux était beaucoup moins implicite qu’il ne le semblait. Comment ne pas comprendre l’essentiel de sa remarque ? Il n’y avait qu’à observer son regard parsemé d’une touche de charme intense, poignant et profond. N’importe quel homme, aussi étranger pouvait t-il être à l’égard de la subtilité des mots, était capable de se rendre compte du message ô combien sous-entendu de la phrase de Circée. Et puis son sourire au coin des lèvres était très perceptible bien que très discret, en faîte chaque détail de son visage appuyait sa remarque audacieuse à l’égard d’Orion.

    Mais dans un but précis qui était simple et qui consistait à le faire réagir immédiatement, elle ne patienta pas immobile devant lui et reprit calmement, comme si de rien n’était leur marche ; comme si cet arrêt n’avait pas eu lieu, comme si cette remarque n’avait pas été prononcé, comme si ses sous-entendus n’avaient pas existé, comme si ce rapprochement n’était que le fruit de leur imagination. Oui elle enchainait les pas lents en donnant l’impression que ce qui venait de se passer n’était pas aussi réel que cela avait pu sembler l’être. Pourtant Circée avait presque senti son regard faillir devant celui du guerrier lorsqu’il l'avait observée parler ; certes elle avait tenu bon mais un peu plus et elle se serait elle-même trahie sur sa pensée à l’égard d’Orion. Pensée secrète qui demeurait enfermée dans son esprit loin des regards indiscrets. Tout du moins, elle ne regrettait en aucun son attitude bien que très osée, envers le guerrier. Après tout depuis le début de leur promenade, il ne la négligeait pas et se permettait des propos que nul n’auraient osé lui formuler, alors à son tour de dire ce dont elle aurait certainement tut si ça avait été un autre homme qu'Orion qui l'accompgnait.
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MessageSujet: Re: [T] Danger is not always what you think ♣ Circée   Mer 24 Nov - 0:40


CIRCEE & ORION ♣

Abandonner une jeune femme convoitée dans les bras d’un de ses prétendants au titre de mari sinon d’amant relevait certainement d’une inconscience folle. Quand bien même il l’avait autorisée à s’occuper elle-même du garçon transi dont les yeux s’illuminaient déjà à la perspective d’une entrevue privée, Orion n’acceptait pas pour autant qu’ils s’éloignent de lui. Par Zeus avait-il la peste ? Maitre d’armes respecté, pouvait-on réellement penser de lui qu’il puisse faire preuve d’une pareille indiscrétion, tendant l’oreille dans l’espoir de saisir quelques bribes de ces messes basses désagréables ? La curiosité n’avait jamais été un de ses principaux défauts. On ne s’était jamais plaint de son manque de tact –tout du moins pas de ce côté-là. Sous le choc d’une telle offense, l’homme ne put contenir plus longtemps un soupir bruyant bien audible pendant qu’il s’appuyait de nouveau contre un tronc qui avait la chance de s’ériger derrière lui. Qu’on se le dise, il n’était pas satisfait d’être ainsi mis à l’écart alors qu’il s’était efforcé de la protéger au moindre bruit qui était survenu. Au moindre danger qui se profilait, il était prêt à dégainer le glaive et manquer de se faire juger plus tard pour meurtre. Elle le remerciait de la sorte, en l’écartant de sa conversation comme s’il n’en était pas digne. Sur le coup, le visage d’Orion se décomposait lentement, frustré et blessé dans son égo. Circée se pensait-elle si intouchable que chacune de ses paroles provenant de sa douce voix trouvait la divine consécration, interdisant à un quelconque homme des bas-fonds de l’écouter sauf si toutefois elle le lui accordait. Durant les quelques minutes de conversation entre les différents protagonistes, Orion avait trouvé un fort intérêt dans la terre qu’il foulait depuis l’après-midi. Lui-même ne parvenait pas à se duper. Ce n’était pas l’exclusion qui l’irritait mais plutôt l’enjeu qui s’y menait. Une certaine forme de jalousie était-elle en train de prendre place dans l’estomac d’Orion, le tordant dans une sensation pénible et frustrante. Et bien qu’il ne l’exprimait pas, ses yeux bleus n’avaient jamais paru aussi brillants à l’instant même. Qu’Apollon le pardonne alors de faire preuve d’une émotion si inconnue et pourtant déjà si bien installée. Un coup d’œil ne lui suffisait pas pour percevoir le ton du tête-à-tête. La respectueuse et pure Circée aurait-elle alors le cran de donner un futur rendez-vous avec ledit Auguste ? Prévoyait-elle de le revoir ou bien tentait-elle de lui expliquer avec des mots qui ne blesseraient pas à quel point il demeurait trop gringalet, trop peu confiant en lui et certainement pas assez riche pour conquérir alors son cœur. Cette pensée ironique eut au moins le don d’offrir un faible sourire à Orion qui se redressait, voyant que l’entretien se terminait enfin.

Le temps aurait pu les presser que le jeune garçon aurait tenté par tous les moyens de rallonger alors cette discussion imprévue qui avait enfin porté son cœur d’une allégresse écœurante. Alors qu’Attis s’apprêtait à lui adresser une remarque bien placée qui aurait l’audace de lui rappeler son affront, Circée le devança. Bien qu’il ne fut pas surpris qu’elle ait retenu ses critiques portées à l’égard des gardes qui assuraient chaque jour sa sécurité, il adopta pourtant une mine indignée. Visiblement, elle n’avait pas saisi l’exagération de ses propos : même si Orion n’accordait que rarement de crédit à ses gardes toujours méfiants envers les citoyens venus des mauvais quartiers dont il faisait malheureusement partie malgré son travail reconnu, l’allusion avait été formulée dans la simple optique de blesser le jeune Auguste pour qu’il abandonne ses espoirs de conquête. Si Icare s’était appliqué à lui transmettre des vertus, il n’avait également pas omis de lui léguer la mauvaise foi. En l’occurrence, la scène était trop parfaite pour qu’il ne puisse pas la mettre en avant, malgré lui. La rejoignant à nouveau, il eut un rictus moqueur avant de s’exclamer : « Ils méritent le respect par leur travail mais cet Auguste aura beau vous envoûter de milles paroles illusoires, je doute que son attitude n’ait démontré sagesse et mérite. »

Fier de sa déclaration, il croisa alors les bras tandis que Circée continuait de s’avancer jusqu’à lui. Lui avait-il tant manqué qu’elle éprouvait alors le besoin de retrouver cette proximité. Un sourire d’une expression floue demeurait sur ses lèvres tandis qu’Orion restait immobile. Alors qu’elle se penchait jusqu’à lui, une nouvelle remarque plus provocatrice s’échappa cette fois-ci de la bouche de la jeune femme pourtant destinée à des paroles plus soignées. Sa subtilité était telle qu’elle laissait alors une brume intense quant à la signification réelle de ses mots qui avait capté l’esprit d’Orion comme un aimant. Tout autant que son regard noisette qui avait alors pris une ampleur séduisante et complexe dont les yeux bleus du maitre d’armes n’auraient pas su s’en détacher de lui-même. Complètement pantois, son esprit se confondit en nombreuses façons de lui répondre pour dévoiler la vérité sans pour autant paraitre trop attachant. La fierté d’Orion n’était jamais loin et si tant est qu’elle essayait de lui dévoiler le charme dont elle avait fait preuve, il était inconcevable qu’il ne l’admette. Explicitement du moins. Mais alors qu’il ouvrit sa bouche pour lui répondre, l’index pointé vers elle, celle-ci se détourna de lui pour reprendre sa marche. La bouche ouverte de stupéfaction, l’Athénien eut besoin de quelques secondes pour se remettre de ses émotions. La fille de Paris osait alors sous-entendre mille et unes choses qui pouvaient révéler tellement de possibilités une fois implantées dans le crâne d’un homme et elle ne prenait même pas la peine d’écouter sa réponse. A vrai dire, elle avait conscience de l’émoi qu’elle provoquait à son passage, pourquoi chercherait-elle le compliment alors qu’un garçon passionné lui en avait certainement adressés, capable de poursuivre ses flatteries jusqu’au bout de la nuit, laissant ainsi Orion à un destin solitaire dans la colline des Muses. Si la cadette était célébrée pour sa douceur et sa grâce, il semblait alors qu’il n’ait découvert une autre facette de sa personnalité, plus taquine et plus audacieuse. Ce n’était pas pour lui déplaire si toutefois elle n’omettait pas de rabattre son égo surdimensionné par la même occasion. Il se lança alors à sa poursuite et il ne lui fallut que quelques instants pour la rattraper. Son esprit fouilla une nouvelle excuse dans l’espoir de la faire redescendre sur terre et la seule phrase qui lui vint à la bouche fut : « N’y voyez pas une affection qui serait fort déconvenue. J’admire simplement la beauté et la finesse… Avec laquelle vos servantes talentueuses ont noué vos cheveux. » Après un bref regard en sa direction mêlé de complicité mais de frustration, il poursuivit, se penchant jusqu’à son oreille pour chuchoter avec entrain : « J’ose espérer que vous puissiez un jour me présenter à l’une d’entre elles. Les femmes artistes m’ont alors toujours fasciné. Les sujets trop terre-à-terre m’ennuient profondément. » Sa remarque, acerbe telle une critique quant au métier de son fameux père, fut accompagné d’un sourire franc et joueur. Il ne fallait donc pas qu’elle s’engage dans le terrain des provocations, Orion avait bien plus matière à y être préparé qu’elle-même. Sa feinte l’avait échappé de la révélation : il ne la quittait simplement pas des yeux parce qu’elle respirait l’élégance tout autant que la fraicheur de son sourire atteignait avec regret l’âme renfermée d’Orion. Mais ce détail demeurait alors à jamais dans ses propres pensées, reflet d’une situation qu’il n’appréciait guère.

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MessageSujet: Re: [T] Danger is not always what you think ♣ Circée   Ven 26 Nov - 17:52


    « N’y voyez pas une affection qui serait fort déconvenue. J’admire simplement la beauté et la finesse… Avec laquelle vos servantes talentueuses ont noué vos cheveux ». Circée ne peut s’empêcher de sourire de toutes ses dents, incapable de rester indifférente quant à cette remarque pour le moins amusante. Pourquoi ? La raison était tout à fait simple, cette coiffure qu’il disait admirer pour sa finesse et sa beauté n’était en aucun cas dû au talent d’une de ses nombreuses servantes même si elles étaient tout de même très douées en la matière, cette coiffure avait en faîte été réalisé par Circée elle-même. En effet, il arrivait de temps à autre et à vrai dire de plus en plus souvent avec les années, qu’elle se passe de l’aide de ses servantes pour la tenue de ses cheveux, ce n’était pas car elle les avait à sa disposition non stop qu’elle en avait oublié le plaisir de prendre soin d’elle tout seule. En l’occurrence ce matin, elle avait éprouvé comme bon nombre d’autres fois l’envie de se coiffer sans recevoir l’aide d’une dizaine de mains entremêlant leurs doigts dans sa longue chevelure brune, et quand bien même elle y avait passé pas mal de temps en aucun cas elle ne trouva d’ennui à cette activité. « J’ose espérer que vous puissiez un jour me présenter à l’une d’entre elles. Les femmes artistes m’ont alors toujours fasciné. Les sujets trop terre-à-terre m’ennuient profondément. » En continuant sur cette voix, Orion ne pouvait que lui faire plaisir, si elle avait su que cette simple tresse allait remporter autant de succès elle n’aurait pas tant hésité quant au choix de la coiffure qui lui avait dévoré plusieurs minutes. De plus, la fascination qu’il disait porter aux femmes artistes ne put qu’attiser la curiosité de Circée, très intéressée par cette facette du guerrier. Il n’était pas chose habituelle qu’un homme qui maniait des armes matin au soir avec aisance et talent avouait avoir un quelconque intérêt pour l’art, d’autant plus l’art d’une femme.

    A vrai dire, le peu de fois où elle avait de réelles discussions avec l’un de ses gardes, aucun ne se risquait à lui dévoiler plus qu’elle ne devait en savoir, de peur bien entendu que la fille Paris ne répande cet aveu à quelqu’un de haut placé, parce qu’autant on pouvait l’apprécier pour sa discrétion, autant on pouvait s’en méfier pour son mystère. Circée n’en n’était pas un pour seulement un nombre très restreint de personnes dont même sa propre famille ne faisait pas partie. Elle se montrait naturelle uniquement en la présence de ses privilégiés qui comportaient quelques rares ami(e)s en qui elle avait royalement confiance. Il était nécessaire qu’aux yeux des autres elle renvoie une bonne image afin de conserver à bien la notoriété des siens et surtout de son père. En présence de sa sœur avec qui le courant ne passait plus depuis maintenant plusieurs années, elle se permettait de temps à autre de lui faire la morale quitte à rentrer en conflit avec cette dernière, pourtant elle la défendait tout de même face à leurs parents. En présence de son frère, Circée était très ouverte d’esprit, et bien qu’elle faisait de son mieux pour le protéger, elle ne l’empêchait pas de vivre encore dans l’insouciance de son âge en se montrant même parfois encore plus rêveuse que lui. En présence d’Orion, elle agissait de la même manière qu’avec ses privilégiés qui la connaissaient si bien, or c’était la première fois qu’elle avait une discussion avec lui. Allez savoir pourquoi, elle avait perdu toute la finesse et douceur avec laquelle elle s’adressait d’habitude à autrui. Peut-être parce qu’il avait tout de suite eu le réflexe de la traiter comme son égale, de faire preuve d’humour, de taquinerie, de franchise, comme le faisait ses vrai(e)s ami(e)s, ses privilégiés. Il était donc normal qu’elle agisse avec un tel comportement à son égard, en d’autres termes que son aisance habituelle soit mêlée à cette audace que peu lui connaissait. La seule facette qu’il n’avait pas encore eu l’occasion de voir d’elle était son côté enfantine, grande rêveuse pacifiste, mais il y avait de fortes chances s’ils étaient amenés à se recroiser qu’à un moment ou à un autre il y soit confronté.

    «La créatrice de cette coiffure vous remercie de ce compliment; et elle se trouve agréablement surprise d’un aveu sur vos goûts Orion, non pas qu’elle vous pensait dénué d’un quelconque côté artistique mais l’entendre de votre bouche est plaisant» lui rétorqua t’elle finalement. Si la fille Paris avait préféré lui révéler implicitement qu’elle était à l’origine de cette coiffure, c’était par simple but de garder une certaine modestie tout en acceptant les compliments qu’il lui avait fait. «Elle était certaine que sous cette carapace de guerrier à la prestance d’un héros il y avait une âme sensible à l’artistique». Circée lui adressa un sourire aussi sincère que complice parce qu’il ne fallait pas s’y méprendre : elle avait beau le taquiner et ne pas se gêner pour démontrer que sa prudence était excessive, elle l’appréciait tout de même, à vrai dire son comportement était la preuve même qu’elle l’appréciait. Soyez sans crainte aussi non que cette promenade se serait soudainement écourtée, ce qu’elle n’avait à vrai dire aucune intention de faire puisqu’elle aimait la compagnie du guerrier. De plus il n’avait à aucun moment essayer de la courtiser d’une quelconque façon, ce qui ne faisait que la pousser à s’accrocher à lui encore plus ; vous savez comme lorsque quelqu’un essaye de vous cacher quelque chose, vous ressentez encore plus l’envie de savoir ce secret. Cependant dans ce cas-ci, Circée n’avait aucune certitude qu’Orion était sensible à son charme, tout ce qu’il avait fait ce n’était qu’essayer de la protéger d’un éventuel danger, et pourquoi ? Parce qu’elle était une femme et qu’elle faisait parti de la riche famille de Paris qui plus est de l’Assemblée. Or il avait dû de son côté, certainement bien s’apercevoir qu’il l’attirait, ne serait-ce que lorsqu’elle avait énoncé l’éventualité qu’il ne la quittait pas des yeux pour une raison plus affective qu’il ne la laissait paraître. Il était aisé de comprendre le message subtil qu’elle avait été désireuse de lui faire passer en disant que peut-être elle lui plaisait, ce n’était qu’un simple prétexte pour lui dire qu’il lui plaisait. Certes il fallait vraiment saisir le double sens de la phrase mais c’était bien pour cela qu’on avait inventé le mot de sous-entendu dont elle abusait avec plaisir.
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MessageSujet: Re: [T] Danger is not always what you think ♣ Circée   Sam 27 Nov - 23:33


CIRCEE & ORION ♣

Le but n’avait pas été tant de vexer Circée. Voila un moment qu’il marchait en sa compagnie et si toutefois, l’horrible désir de vouloir blesser son amour-propre avait fait surface, il y a bien longtemps qu’il se serait laissé à ce plaisir à la fois délectable mais scrupuleux. Orion exécrait perdre la face devant quelqu’un qu’il ne connaissait presque pas, ce n’était pas pour que la fille de Paris ait ce privilège bien ingrat. Elle avait simplement su lui adresser la remarque de trop, celle qui hérissait l’homme tout autant qu’elle l’enveloppait d’une frustration douce et amère. Elle lui tenait tête avec une assurance surprenante et agréable. Non seulement elle se révélait plus perspicace qu’il ne l’aurait pensé mais sa franchise dépassait parfois tout entendement : c’était certainement une des caractéristiques qu’elle partageait avec son ainée Calixte. Combien de fois cette dernière ne s’était pas privée d’une réflexion désobligeante rien parce qu’elle assouvissait son besoin de sincérité envers ce monde qui semblait guère lui convenir parfois ? En ces circonstances, Orion ne se retenait pas à son tour de lui répondre comme il aurait répondu à quelqu’un de plus intime –la barrière de la classe n’existait plus, parfois même il en oubliait que c’était une femme de bonne famille. Seulement pour Circée, tout était différent une nouvelle fois. Il ne jouait pas un rôle face à elle mais c’est tout juste s’il n’osait pas se montrer tel qu’il était : sympathique mais facilement turbulent, tolérant mais terriblement rancunier, trop complexe pour qu’on se vante de le connaitre après seulement une soirée passée à ses côtés. Avec elle, les opposés formaient un seul tout dans l’esprit de l’homme : à la fois à l’aise d’être en si charmante compagnie et tellement intimidé de pouvoir passer pour quelqu’un qu’il n’était pas. Toujours est-il qu’à présent, toute parole incongrue était capable de franchir ses lèvres sans qu’il ne puisse les contrôler. Depuis quand s’intéressait-il à la coiffure d’une femme ? C’est tout juste s’il ne préférait pas encore la défaire afin de glisser ses doigts dans les longues mèches douces d’une chevelure tout juste peignée. Certains hommes avaient les chevilles, les épaules ou bien les lèvres d’une divinité pour fantasme : Orion lui se délectait de pouvoir caresser des cheveux brillants et soyeux, bien plus divin que les Déesses en leur nom. Le sens artistique, il ne l’avait jamais acquis. Chacun de ses intérêts à l’art rejoignait forcément une cause plus concrète, plus matérielle à laquelle il avait besoin de se rattacher pour ne pas perdre pied. La raison demeurait encore la meilleure alliée d’Orion qui n’avait que très peu de temps à consacrer à sa propre personne et à ses désirs les plus enfouies et les plus irréalisables.

Sa dernière réflexion n’attendait pas de réponse. A vrai dire, Orion avait l’espoir qu’elle n’y réponde rien, paroles bien trop pathétiques pour qu’elles puissent être relevées. Et pourtant, tandis qu’ils poursuivaient leur marche comme si cette conversation si futile s’évaporait dans les airs sitôt prononcée, Circée exprima sa satisfaction quant à ces mots. Si elle parlait de la créatrice, elle ne pouvait pas tant la connaitre que si ça avait été elle-même. Bien entendu, sans doute aurait-il réfléchi plus longtemps qu’il aurait compris qu’elle ne pouvait qu’être la seule maitresse de cette chevelure de jais. L’homme entendait son dernier compliment et bien que celui-ci ne fut adressé qu’en des tournures plus implicites, il sentit alors son amour-propre faire un bond dans sa poitrine à la manière d’un éclat de fierté. Soulagé qu’elle le puisse penser bien plus complexe que ces simples guerriers –ou gardes d’un Palais quelconque- qui n’avaient rien dans le crâne sinon l’amour des armes. Certes, il ne pouvait nier que coulait dans ses veines l’âme d’un hoplite mais son goût de la protection allait bien au-delà que celle que portait l’armée à l’égard de sa cité. Quand bien même, il renonçait jusqu’alors dans le simple but de demeurer auprès de sa cadette Daphné afin de l’épauler dans toutes les épreuves qu’elle puisse traverser le long de sa vie. Saisissant doucement le poignet de Circée pour l’arrêter dans sa marche, il la tourna alors à lui pour lui répliquer sur un ton qui se voulait plus serein qu’à l’ordinaire : « Vous lui direz que j’ai bien d’autres talents et surprise en réserve. Derrière le plastron, se cachent toujours de nouvelles choses. » Et enfin, comme si la galanterie l’avait soudain éveillé, il baisa alors sa main avant de la laisser retomber. Quoiqu’on en dise, Orion était capable de courtoisie et de délicatesse. Sans même expliquer ce nouveau comportement, il continuait alors son chemin, écartant ça et là quelques branches qui se voulaient sauvages et envahissantes. Circée pouvait en être surprise d’autant plus que ça ne pouvait durer. Les courbettes et flatteries n’avaient jamais fait partie de son quotidien et ce n’était pas pour le charme qu’elle pouvait porter qu’il allait changer tout ce qui avait forgé sa personnalité depuis des années. C’est pourquoi, sa voix retentit à nouveau, perché sur un ton légèrement moqueur : « Néanmoins, je dois dire que détachés, ils vous siéraient encore mieux. Votre visage s’en retrouve dissimulé. » Tandis qu’un sourire mesquin se dessinait sur son visage, il se risqua à lui jeter un bref coup d’œil de ses yeux bleus malicieux. Sans doute n’allait-elle pas laisser cet affront impuni et c’était ce qui lui plaisait : pouvoir observer jusqu’où Circée avaient posé ses limites. Se contenaient-elles dans les piquets indéfectibles que son éducation stricte avait plantés ou bien se forgeaient-elle elle-même son opinion sur les choses, décidant de son propre destin ?

Alors que le petit chemin à peine tracé parmi l’abondante nature qui avait élue domicile commençait à se faire plus sinueux, laissant penser à une prochaine fin, Orion se stoppa alors net. Depuis un long moment, ils erraient et guidaient leurs pas au gré de leurs envies mais la méfiance d’Orion reprenait toujours le dessus. Comptait-elle réellement le mener quelque part ou bien allaient-ils poursuivre leur promenade de la sorte ? Devenait-il fou ? Se pinçant l’arrête du nez, il finit par ouvrir un œil en direction de l’intéressée : « Dites-moi, savez-vous où l’on va ? »

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MessageSujet: Re: [T] Danger is not always what you think ♣ Circée   Mer 1 Déc - 14:53

    Orion avait beau posséder une prudence excessive qui le rendait très prévisible, il arrivait tout de même à surprendre Circée. Il venait de le faire à la seconde même où il avait baisé sa main de ses tendres lèvres. A vrai dire, dès qu’il avait délicatement saisi son poignet pour qu’elle lui fasse le plaisir de se stopper et de l’écouter en le regardant droit dans les yeux, elle s’était questionnée quant à la raison d’un arrêt si doux. De plus il avait tenu des propos charmants qui n’étaient guère tombés dans l’oreille d’une sourde. En faîte, elle s’attendait à ce qu’il poursuive dans cette lancée et ne mette pas un terme si rapide à sa remarque. Ce pourquoi lorsqu’il fit preuve de galanterie avant de relâcher sa main, elle en fut agréablement surprise et ne put s’empêcher de se demander ce qu’il lui valait tant de gentillesse de sa part ; non pas qu’il lui semble être un personnage méchant, loin de là, simplement il n’avait pas encore montré cette facette de lui avant et elle ne se doutait pas d’avoir la chance de la connaître si tôt, d’où le réel plaisir éprouvé. Cependant elle n’en perdit pas tous ses moyens et reprit calmement la marche en le laissant passer devant parce que même s’il n’émanait pas de son visage une expression de surprise, cela ne signifiait en rien qu’elle n’était pas étonnée. « Néanmoins, je dois dire que détachés, ils vous siéraient encore mieux. Votre visage s’en retrouve dissimulé.» Evidemment sa galanterie n’allait pas perdurer, elle avait à faire à un guerrier et non à un érudit, ce qu’elle n’avait guère oublié.

    La fille Paris fut même amusée par sa remarque … il semblait incapable de ne pas pouvoir s’empêcher de la taquiner, comme s’il avait peur qu’elle se sente soudainement trop flattée par ses propos ou son attitude. Pourtant elle ne le prenait pas mal, au contraire elle trouvait cela original, il était original, loin de ses nombreux prétendants qui passaient leur temps à la complimenter, car elle ne pouvait pas prévoir le comportement d’Orion, il demeurait quelqu’un de bien trop imprévisible bien que très prudent. «La chaleur habituelle des après-midis me dissuade de les détacher, mais le soir venu vous pourrez me dire s’ils me vont aussi bien que dans votre imagination» osa t’elle répliquer avec un sourire aussi mesquin que celui qu’Orion avait précédemment eu affiché sur son visage. Elle se permettait de le taquiner et même de dépasser la simple audace innocente en sous-entendant que guerrier l’avait peut-être bien imaginé les cheveux lâchés, comme un fantasme pourquoi pas. A vrai dire les propos de Circée réclamait un minimum de subtilité pour être parfaitement compris, parce que leur signification bien que claire pouvait sembler au contraire difficile. Enfin bref, il y avait bien une chose de certaine : à la nuit tombée, lorsque la température d’Athènes serait enfin supportable, paisible et agréable, Circée détacherait ces cheveux comme elle en avait l’habitude. Certes cette fois-ci elle ne pourrait pas prendre plaisir à les brosser mais ne serait-ce que les sentir avec douceur caresser sa peau la ferait sourire

    «Dites-moi, savez-vous où l’on va ?». Il était distrayant de constater combien le guerrier semblait perturbé à l’idée d’ignorer l’endroit où ils se rendaient ou plutôt à l’idée d’ignorer s’ils se rendaient dans un endroit précis ou pas, car il ne se lassait pas de l’interroger à propos de cela. Manque de chance Circée ne comptait point lui révéler de si tôt le lieu où leurs pas devaient les mener s’ils poursuivaient ainsi cette promenade, de toute façon ils ne tarderaient pas à bientôt arrivée à la première destination, chose que remarqua rapidement la fille Paris en reconnaissant la vergeture encore plus sauvage qui les entourait. Elle attrapa alors brusquement le poignet du guerrier pour le stopper et l’obliger à la regarder. «Fermez les yeux» lui dit-elle avec une voix aussi envoutante que sérieuse. Face à l’hésitation –compréhensible- d’Orion qui était d’une prudence excessive, elle reprit alors la parole pour lui dire «Je vous assure que s’il y a un quelconque danger sur notre chemin, je vous le dirais … Faites-moi confiance». Le fixant avec intensité et détermination, elle attendit patiemment qu’il se décide à obéir même si elle avait conscience qu’il risquait de refuser … ou pas. Un fin sourire se dessina sur les lèvres de la fille Paris lorsqu’elle vit le guerrier refermait ses paupières sur ses beaux yeux bleus, elle relâcha alors son poignet pour venir prendre sa main dans la sienne, et reprit la marche lentement pour éviter qu’il ne trébuche ou tombe.

    Pourquoi voulait-elle qu’il agisse ainsi ? Pour la simple et bonne raison que leur première destination était un lieu où elle avait l’habitude de se rendre seule, pour se détendre, un peu comme sa ressource et il n’était pas question qu’Orion soit capable d’y retourner seul, sans elle. Il fallut donc quelques minutes de marche pour qu’elle ralentisse finalement son allure avant de s’arrêter. Admirant le lieu calme dans lequel ils étaient désormais – un cercle d’herbe entourée d’une panoplie d’arbres formant un rond, quelque chose de simple et pourtant de terriblement apaisant- elle vérifia par la suite qu’Orion n’avait pas triché avant de relâcher avec douceur sa main, ses doigts effleuraient sa peau pour au final retomber contre son vêtement. «Vous pouvez ouvrir les yeux, et admirez la vue» lui dit-elle en allant s’allonger à même le sol, le regard rivé sur le ciel et les nuages -éclairés par les rayons du soleil- aux formes originales, amusantes et belles si l’on savait les apercevoir comme tels. Circée s'était à de nombreuses reprises questionnée quant à la raison pour laquelle ce cercle de quelques mètres ne contenaient aucun arbres, le choix d'une divinité ? En tout cas personne ne soupçonnait l'existence d'un pareil endroit dans une colline comme celle-ci.
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MessageSujet: Re: [T] Danger is not always what you think ♣ Circée   Sam 4 Déc - 22:35


CIRCEE & ORION ♣

Qui aime bien châtie bien. Alors que l’Antiquité marquait avec sureté ses empreintes dans l’Histoire, cet adage universel avait déjà bien fait ses preuves depuis des siècles entiers. Son auteur demeurait inconnu tout autant qu’on semblait l’approuver lorsque la situation le prêtait. Qu’on ne se méprenne pas sur l’attitude d’Orion. Si son père lui avait quelques fois confié l’art de la séduction et des flatteries, si parfois il se plongeait dans les méandres de la féminité, jouissant des délices que des courbes voluptueuses pouvaient lui offrir, jamais le maitre d’armes n’avait été à l’aise avec l’amour ou ces notions abstraites que les philosophes s’attelaient à décrypter sans réel succès depuis bien longtemps. Elles demeuraient toute aussi floues qu’Icare n’avait jamais cherché à faire marier son fils dans l’espoir d’y apporter une dot ou d’assurer l’héritage. « Tu parviendras à assurer notre avenir à ta manière mon fils. » Tel avait été le discours qu’il répétait sans cesse lorsqu’il s’inquiétait de la réputation de la famille au sein d’Athènes. Qu’étaient-ce réellement que des compliments ? Des mots éphémères qui caressaient l’oreille et berçaient l’égo l’ombre d’un instant avant de s’envoler à jamais parmi les cieux, où régnaient les divinités qui n’en avaient cure. Le son d’une voix n’avait d’égal que la profondeur des gestes. Ni orateur, ni politicien, Orion maitrisait tout juste assez la parole pour daigner se faire respecter des autres. Maitre des ordres plutôt que des discours, sa voix se portait souvent en une autorité flagrante et une détermination sans faille. Qu’obtiendrait-il de Circée si toutefois il lui murmurait quelques gentillesses sur le même ton ? Certainement une gifle sèche et méritée. Non, elle devait s’estimer heureuse. Elle n’avait conscience du regard qu’il lui portait, à la fois fasciné et terriblement confus. Tel un enfant face au plus beau des trésors, il n’osait y toucher ou même espérer pouvoir l’avoir entre ses mains tant il brillait trop pour ses mains crasseuses. Elle en avait l’habitude : il était sous le charme. Sous le charme d’une silhouette qu’il n’avait qu’entraperçue durant ses nombreux passages au palais de l’Assemblée, une voix lointaine qu’il avait parfois entendue, une réputation qui la précédait tout autant qu’elle n’avait que peu d’importance pour Orion. D’ordinaire solitaire, le dieu de la chance avait eu l’intelligence de la mettre sur son chemin, provoquant d’abord sa méfiance avant d’être sous une surprise agréable qui ne s’accentuait que plus chaque minute qui s’écoulait. Que les Muses l’inspirent jusqu’au bout de cette promenade et qu’il continue de l’impressionner et de se dévoiler à elle. Par la suite, le destin détenait les clés.

La réplique de Circée ne manqua pas de lui arracher une moue amusée. Quand il s’agissait d’une chevelure aussi gracieuse, son imagination dépassait les bornes. Pour un homme amateur de beautés comme lui, il aspirait une réelle attraction pour les femmes aux cheveux flamboyants. Au-delà du plaisir des yeux, ils représentaient le fantasme suprême, la représentation d’une déesse sur leur pauvre terre. Orion comptait bien demeurer à ses côtés jusqu’à ce que cet instant ne survienne. Pourtant, à contrario de ses pensées qui se bousculaient, son visage gardait une expression neutre tandis qu’il haussa les épaules avec indolence : « J’y compte bien. » Il ne fallait pas révéler ses failles dans l’instant : il ne pourrait que s’en retrouver démuni face à une femme qui détenait les armes contre lui et son cœur accessible mais piégé. La mythologie n’avait que trop prouvé que les plus belles femmes apparaissaient comme les plus mortelles pour la dignité d’un homme. C’est pourquoi détourner l’attention de cette discussion bien trop plaisante pour Orion pour ne pas paraitre suspecte, il la questionna alors sur leur direction. Malgré lui, la crainte de revoir surgir différents inconnus ou de nouveaux admirateurs transis continuaient de le tourmenter. Lui qui détestait qu’on le trouble dans sa paix intérieure, il ne supporterait certainement pas plus longtemps qu’on les dérange tous les deux. Une certaine impatience naissant en lui, le poussant à en vouloir plus sur la direction qu’ils avaient déjà prise depuis longtemps. Comptait-elle le mener au fond d’un chemin escarpé afin de lui trancher la gorge ? Si cette pensée aussi guerrière qu’ignoble distrayait Orion, il ne l’en croyait pas capable pour autant. L’audace d’une fille de Pâris demeurait futile face à l’éducation qu’on lui avait enseignée lors de son enfance. Vu la manière dont elle s’était emparée de ce glaive précédemment, elle était tout bonnement incapable de prendre les armes pour se défendre. Pourquoi donc lui trancher la gorge à lui, petit fils de basse classe sociale ? Une prise sur son poignet l’extirpa soudainement de ses rêveries avant que Circée ne lui ordonne de fermer les yeux. A quoi jouait-elle ? D’abord dubitatif quant à ses intentions, il s’exécuta néanmoins quand elle le rassura alors. Lui faire confiance relevait de l’impossible mais disons qu’il allait lui accorder quelque crédit. Hésitant face à cette nouvelle cécité, il chercha un moment la main de la jeune femme qui vint se lier à la sienne quelques secondes ensuite. Soulagé, il la serra avec douceur mais fermeté. Il aurait pu profiter de ce contact si toutefois il ne s’efforçait pas de marcher avec lenteur pour ne pas risquer une chute qui ruinerait à jamais sa crédibilité.

Enfin le signal. Après une marche laborieuse, la destination semblait enfin être atteinte. A peine Circée lui demanda d’ouvrir ses yeux, Orion les ouvrit grand avec une curiosité non dissimulée. Et sa surprise ne le fut pas non plus. Le spectacle était époustouflant. Parmi cette colline des Muses naturelle et sauvage, se trouvait donc une bulle de calme et de sérénité. Si la verdure n’était pas la meilleure amie d’Orion, bien trop concentré dans ses armes et ses techniques, il restait pantois devant tant de beauté. A vrai dire, l’ilot entouré d’arbre était si accueillant qu’il se demandait si dans une autre vie, il n’avait pas connu un endroit semblable. Sans doute. Alors qu’il s’immobilisa contre le tronc d’un arbre protecteur de cet endroit, Circée le quitta pour aller s’allonger dans l’herbe luxuriante à l’image d’une enfant se réfugiant dans son endroit préféré. La simplicité du lieu contrastait avec l’allure de la jeune femme et Orion ne saurait dire si l’alliance des deux était imaginable. Croisant les bras, il appuya sa tête contre le large chêne avant de dire, sur un ton taquin : « C’est enfant que vous avez découvert cette clairière ? Vous semblez aussi enthousiaste qu’une jeune fille. »

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MessageSujet: Re: [T] Danger is not always what you think ♣ Circée   Lun 20 Déc - 21:29

    « C’est enfant que vous avez découvert cette clairière ? Vous semblez aussi enthousiaste qu’une jeune fille. » Remarque moqueuse, remarque taquine, remarque véridique. Elle avait seulement 10 ans qu’elle avait connu cette clairière, pourtant rien ne laissait présager qu’elle en aurait la chance. La scène s’était déroulée ainsi : Elle se promenait avec deux de ses multiples servantes qui n’avaient de cesse depuis le début de la marche de l’épier par peur de la perdre de vue, jusqu’à ce qu’elles commencèrent petit à petit à s’intéresser plus à leur discussion qu’à l’enfant. Circée de son côté n’avait jamais eu l’intention de s’éloigner volontairement quitte à désobéir, elle appréciait la simplicité de la promenade quitte à être soumise à l’autorité de deux jeunes femmes qu’elles côtoyaient souvent, mais c’était sans compter sur sa curiosité enfantine qui la poussa à porter toute son attention sur cet animal là-bas qui bougeait à une vitesse hallucinante … un serpent ? Elle n’en avait aucune idée, mais influencée par sa grande insouciance –celle qui caractérise tous les enfants de son âge- elle ne se douta à aucun moment du quelconque danger qu’elle risquait en s’aventurant seule à la poursuite de ce mystérieux animal. C’est donc sans crainte qu’elle s’éloigna discrètement de ses deux servantes, trop occupées à rire et discuter pour se rendre compte que l’enfant partait. Fort heureusement, Circée étant de nature prudente malgré ses 10 ans, elle avait eu l’intelligente idée de faire attention aux arbres et à l’aspect de la végétation qu’elle voyait sur son chemin, par simple précaution. Elle avait donc suivi ce mystérieux animal qui avançait si vite qu’elle en perdit la trace bien rapidement, pourtant elle ne comptait pas laisser tomber ainsi et avait décidé de poursuivre son chemin quitte à s’égarer de toute façon elle était déjà égarée. C’est donc en se perdant dans cette vaste nature, et en susurrant quelques douces paroles aux Muses pour qu’elles l’aident à se diriger, qu’elle tomba finalement sur un endroit époustouflant … cette clairière. Elle y resta un long moment, si long qu’elle ne se rendit pas compte du temps qui s’écoula, si long qu’en ouvrant les yeux après un instant d’évasion aux pays des rêves elle remarqua que le soleil était en train de se coucher. Elle s’en alla rapidement avant de visualiser une dernière fois ce lieu magique à ses yeux, et finit par courir en faisant le chemin inverse à l’aide de sa mémoire. Bon elle s’égara deux ou trois fois mais tomba finalement nez à nez avec l’une de ses servantes avant de se faire incendier par cette dernière et par la seconde qui arriva à toute allure. Gênée, confuse, désolée sur le moment, cela ne l’empêcha pas de retourner dans son repère les quatorze années suivantes, la preuve elle y était en ce moment même en compagnie d’un guerrier avec qui elle avait ressenti l’envie de partager cet endroit secret pour beaucoup.

    Au point même qu’elle n’y avait jamais croisé quelqu’un d’autre, non pas qu’il était inconnu pour tous mais plutôt rare, et puis habituellement les gens qui se perdaient dans la colline ne cherchaient pas à s’égarer encore plus mais à retrouver un semblant de chemin, alors les chances pour qu’ils tombent sur ce lieu étaient minimes, au plus grand plaisir de notre chère fille Paris. Cette dernière se sentait bien, quoi demander de plus à vrai dire ? Elle était dans son endroit préféré avec à ses côtés quelqu’un qu’elle appréciait vraiment quand bien même elle le connaissait à peine. C’était un plaisir différent de celui de se retrouver seule dans cette clairière, c’était cette fois-ci le plaisir de pouvoir partager quelque chose de fort à ses yeux, quelque chose qui lui tenait à cœur avec une personne particulière. Orion était assez spécial pour être caractérisé de particulier, et même d’original, ce n’était pas qu’un simple guerrier comme il y en avait tant à Athènes, il était vraiment différent. Elle pouvait facilement s’apercevoir qu’il était bien plus difficile à cerner qu’il n’en donnait l’impression et elle espérait au fond qu’en lui dévoilant une partie d’elle, pour ainsi dire ce lieu, il allait lui laisser l’occasion de se dévoiler à son tour. «En effet j’avais 10 ans quand j’ai eu la chance de découvrir ce lieu. Et 11 quand j’ai passé toute une après-midi à me contenter de regarder les formes des nuages et parfois à les construire moi-même … ça fait longtemps que je ne suis pas revenue ici à vrai dire» dit-elle avec une pointe de nostalgie à la fin de sa phrase, elle s’était légèrement laissée emportée par des souvenirs lointains enrobée dans une fine tristesse de s’être pas rendue plus tôt ici, ça devait bien faire un an au moins, pourtant elle avait tout de même parcouru cette colline récemment. Cependant elle aimait venir ici seulement quand elle savait qu’elle avait le temps de pouvoir profiter sans s’inquiéter de savoir si on l’attendait et ces derniers temps surtout elle n’avait pas eu ce privilège, l’un des défauts d’être fille de Paris. Mais bon elle n’avait pas de quoi se plaindre, la vie qu’elle menait lui convenait, elle avait largement conscience de sa chance et ne comptait pas pleurer sur un simple regret.

    Elle reprit alors sur un ton plus guai en regardant Orion : «Laissez de côté votre virilité et venez avec moi retomber un peu en enfance … le temps de quelques minutes seulement si cela vous gêne de trop de retrouver un peu votre innocence». S’allonger à terre, ne penser plus à rien si ce n’était à ce ciel vaste dont il émanait une impression d’infini, s’amuser à attribuer aux nuages des formes, se laisser bercer par la tranquillité apaisante de la clairière sans se soucier de ses problèmes, voilà ce qu’elle entendait par innocence ; l’innocence des enfants qui n’avaient pas conscience des maux du monde, qui se contentaient de vivre et d’exister sans se soucier de ce que adultes appelaient problèmes. Elle avait beau avoir grandi, être âgée de 24 ans, faire honneur aux quelques responsabilités qu’elle avait, avoir connaissance de ce qu’on nommait la fatalité, la douleur, la tristesse, le mal, Circée n’avait jamais perdu ô grand jamais son âme d’enfant, c’était peut-être ce qui la rendait vraiment unique mais aussi vraiment compliqué. Elle était femme tout en ayant point quitté entièrement ce monde d’innocence et d’insouciance dans lequel elle fut bercée petite. Elle s’entendait très bien avec Priam grâce à cela, parfois ils avaient l’impression d’avoir le même âge même si son rôle de sœur protectrice lui rappelait souvent qu’elle n’était plus une enfant et lorsqu’elle avait affaire aux scandales de Calixte, elle se rendait compte qu’elle était vraiment devenue une adulte responsable par rapport à elle. Ou peut-être une mi-enfant mi-adulte responsable. «A moins que vous l'avez perdue pour toujours ...» dit-elle d'un ton assez moqueur et très taquin en lui adressant un regard provocateur et un sourire amusé avant de reporter son attention sur le ciel
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MessageSujet: Re: [T] Danger is not always what you think ♣ Circée   Jeu 23 Déc - 17:40


CIRCEE & ORION ♣


Cette clairière illuminait l’innocence tout autant que la paix si bien qu’on aurait pu croire que les Muses enchanteresses avaient élues domicile entre ces arbres imposants. Hauts de plusieurs mètres, leurs branchages drus avaient certainement disposé de nombreux siècles pour se constituer cette végétation luxuriante. Ils respiraient la vivacité et si toutefois on devenait assez silencieux, il n’était pas rare d’entendre le vent souffler sa douce brise entre leurs feuilles fragiles. Sans doute, Orion n’était pas l’homme ouvert aux mystères divins et à leurs légendes envoûtantes mais il ne doutait pas que Circée comme toute les femmes rêveuses d’Athènes était capable parfois d’entendre les murmures venus de nulle part, ces voix voluptueuses qui séduisaient quiconque se laissaient aller à leurs récits imaginaires. Nombreuses fois il avait entendu quelques habitants raconter les évènements qui survenaient en ces lieux mais jamais il n’avait eu la chance d’en faire l’expérience lui-même. Peut-être était-il vraiment comme Circée le définissait : un garçon bien trop terre-à-terre, tellement sur ses gardes que sa prudence excessive l’éloignait de toutes les aventures exceptionnelles qui pouvaient apparaitre à ses yeux. Sa question n’avait pas été anodine : quelle personne adulte aurait pu découvrir ce havre de paix, refuge qui n’appartenait qu’aux enfants ? De nos jours, alors que le mal guettait chacun de nos pas et que la corruption salissait toutes les mains, qui aurait été assez brave ou inconscient pour esquiver la menace de la Nature afin de parvenir jusqu’à cette clairière. Sa propre enfance avait été bercée entre les histoires guerrières qui comblaient son esprit de milles illusions quant à son avenir dans l’armée et l’entrainement physique et moral que son père Icare lui avait astreint durant toute son enfance, jusqu’à ce qu’il ne s’éclipse au profit d’une retraite bien méritée. Il n‘avait jamais pris le temps de s’échapper de toutes les contraintes familiales rien que pour faire divaguer son esprit. A présent c’était trop tard. Les responsabilités qui pesaient sur ses épaules le retenaient à Athènes même. Il ne n’en plaignait pas –quelle fierté il provoquait dans le cœur épuisé de son paternel- mais enviait parfois Circée ou bien les femmes de sa caste à qui on permettait des écarts puisque tout leur était accordé. Envier les riches, jalouser les soldats, exécrer les criminels, à croire que l’insatisfaction frustrante demeurerait à jamais dans son âme d’homme. Les Muses pouvaient-elles seulement alléger sa peine l’ombre d’une soirée qui se promettait agréable et lénifiante. Peut-être représentaient-elles finalement à travers la fille de Pâris l’échappatoire qu’il recherchait ?

Son regard bleu clair ne quittait pas un instant le visage de Circée qui semblait dans son élément parmi cette herbe folle. Plus haut, Hélios cédait lentement le règne du monde à Séléné, la déesse de la nuit et pourtant, l’endroit paraissait tout aussi lumineux qu’il l’avait été à leur arrivée. L’obscurité n’avait pas d’emprise sur ce halo naturel et l’idée de prolonger un peu plus cette journée n’était en rien pour déplaire à Orion. La réponse de la jeune femme eut le don de le sortir de cette contemplation nostalgique alors qu’elle affirmait que cet endroit était le reflet de son enfance. Un faible sourire apparut sur les lèvres du maitre d’armes, bien plus détendu qu’à l’origine. Il avait cru déceler dans son ton une pointe de mélancolie, nul doute qu’à son tour elle s’était laissé prendre dans les méandres du monde adulte sans pouvoir y résister. C’était probablement le cas de tous les Athéniens, qui en plus de devoir satisfaire ce qui faisait la gloire de leur cité, travaillaient sans relâche à la survie de leur nom et de leur honneur. Alors qu’il passait une main dans ses mèches rebelles dans l’espoir de les assagir, Circée enchaina alors sur une remarque des plus déplaisantes tant elle reflétait la vérité. « Ma chère Circée, doutez-vous de mes capacités ? » Tandis que ses yeux pétillaient d’une lueur de malice et de perplexité, il poursuivit : « Un homme est tout à fait capable de prendre du bon temps sans pour autant retrouver la naïveté de l’enfance. » Et pourtant, il ne bougeait pas d’une semelle. Se sentait-il troublé de devoir prendre place aux côtés de la jeune femme sans pouvoir contrôler une situation qui lui avait échappé depuis longtemps ? Avait-elle raison de douter de lui ? Son innocence il l’avait perdue depuis déjà bien longtemps. Son âme d’enfant avait disparu pour laisser place à l’homme qu’il était aujourd’hui. Daphné, sa cadette, demeurait encore l’unique femme qui détenait le pouvoir de faire revivre le petit garçon enfoui derrière cette carapace inatteignable. Feindre la petite fille qu’il avait connu durant son adolescence était la meilleure arme contre ce frère surprotecteur. Il lui suffisait d’esquisser ce sourire irrésistible et de lui accorder le plus candide des regards pour qu’il cède à ses moindres désirs. Mais à cette heure, Orion devait plutôt faire face au plus taquin des visages, bien que celui-ci paraissait plus innocent que la terre entière. Le guerrier cédait-il enfin ?

Poussant un soupir qui traduisait malheureusement sa défaite face à la persuasion féminine, il lança sur un ton égocentrique : « Ne jamais sous-estimer un homme, fille de Pâris. Vous l’apprendrez à vos dépens bien plus tard. » Alors qu’il avait parlé, Orion avait enfin daigné se redresser avant d’esquisser quelques pas lents en direction de Circée. Il hésitait toujours mais que pouvait-il y perdre ? Lorsqu’il fut parvenu à ses côtés, il se laissa tomber à genoux devant elle. Sans un mot, il détacha alors la ceinture qui retenait le fourreau, détenteur de son glaive fétiche. Achever cette soirée sur une note sanglante n’était pas la meilleure chose qu’il aurait souhaitée en cet instant. Il déposa enfin les armes non loin de lui, toujours méfiant des dangers qui rôdaient. Puis enfin, il s’assit à côté de Circée avant de faire tomber son regard vers le sol. Si toutefois elle le connaissait assez, elle comprendrait sans doute que son mutisme révélait une fascination et un bien-être pourtant difficilement lisible sur ses traits durs. Il glissa alors sa main entre les brins d’herbes, appréciant la douceur de ceux-ci sur ses mains abimées et salies par le labeur qu’il subissait chaque jour. Le contraste était terrifiant et comme indigne d’une telle pureté, il retira sa main avant de reporter son attention jusqu’à Circée : « Et à présent ? Batifolons dans les herbes en riant aux éclats ? » Un certain cynisme amer se décelait dans ses paroles et pourtant elle traduisait un réel besoin de connaitre ce qu’était l’insouciance. Néanmoins il lui adressa un sourire amusé pour qu’elle daigne enfin lui faire part de ses enseignements si précieux. Après tout n’était-il pas l’ignorant dans l’histoire ?

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[T] Danger is not always what you think ♣ Circée

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